gruyeresuisse

23/04/2019

Gaya Friedlender : anticipations

Gaya.jpgExposition Gaya Friedlender, La Menuiserie, Lutry, du 3 au 12 mai 2019.

"En peinture, c’est comme dans une symphonie, on n’a pas besoin de reproduire le son exact du ruisseau, il suffit que la musique l’évoque." "écrit Gaya Friedlender. Et pour atteindre cette musique elle avance dans le "noir" pour découvrir la lumière à mesure que son travail surprend sa créatrice elle-même.

gaya 2.pngDans la nasse de la peinture, l'imaginaire prend forme afin de saisir autant la peintre que le regardeur au delà de la conscience "sans aucune concession, sans aucune volonté esthétique". En un tel processus de création le pouvoir de l'image révèle toute sa force loin du rêve ou du symbolique.

Gaya 3.pngLe jeu du "je" de l'artiste fomente des images par une série de gestes. Ils produisent un spectacle fascinant et transformatif de ce qui est comme de ce qui nous échappe. Monte à la surface une sorte d'interdit : celui du "scandale de l'esprit" de Bataille, lorsque l'esprit est soudain mis en veille pour traquer ce qui n'existe pas vraiment - ou pas encore - en une sorte de prématurité au sein d'une motricité créatrice impressionnante.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

21/04/2019

Passages et paysages de Hélène Peytavi

Peytavi.jpgHélène Peytavi propose une réécriture d'un paysage frontière (entre la France et l'Espagne) d'après "l'Exode d'un peuple" de Louis LLech. Différentes strates de paysages et d'histoires se mêlent. L'artiste les associe aux photographies du temps qui passe et divers types de productions plastiques dans ce qui devient un paysage d'écho entre le passage des réfugiés espagnols au Perthus en 1939 et son œuvre.

Peytavi 2.jpg"Grains" est donc composé de photogrammes du film documentaire, de photos d'aujourd'hui, de dessins (papiers huilés et fusains) et de textes. Il s'agit non de prétendre reconstruire le visible mais d'analyser ses périphéries. Mis en récit le temps et l'espace sont revisités en un ensemble kalédoscopique. Le mixage ne se veut pas forcément un principe mais un fait qui s'impose en un tel projet et une pratique artistique, sans hiérarchie entre divers supports, manières et outils.

Jean-Paul Gavard-Perret

Hélène Peytavi, "Grains", Editions Voix (Richards Meier), 2019.

20/04/2019

François Fiedler le pariétal

Fiedler.jpg

 

Proche d'une observation moléculaire du monde François Fiedler est à la recherche d'images primitives et sourdes proches d'un art pariétal d'un nouveau genre là où un brutalisme et un minimalisme jouent de concert. Soumises aux intempéries ses oeuvres sont confrontées à la violence de la nature avec laquelle elles vivent un temps plus ou moins long pour en subir les affres.

 

 

 

 

Fiedler 2.jpgExiste l'apothéose (discrète) de lignes, de courbes, de fuites. Ce qui prouve que la nature n'a pas plus horreur de l'art que du vide. Le premier se débat dans son propre jus. Si bien que de cosa mentale il s'échappe en prenant une autre route où se suspend en partie sa matérialité et se réalité. Toute une vision se reconstruit et se réfléchit là où volumes et couleurs se calculent et se vivent.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

François Fiedler, "Matières", Galerie Maeght, Paris jusqu'au 17 mai 2019.