gruyeresuisse

18/09/2019

Manuel Burgener sens dessus/dessous

Burgener.jpgManuel Burgener, "Disbelief", EAC Les Halles, Porrentruy,  du 22 septembre au 17 novembre 2019.

 

Pour sa nouvelle exposition et son titre, l'auteur fait référence au texte de Fabrice Stroun, qui accompagne son livre d’artiste "Summary" publié en 2018 au éditions Frey de Zurich. Ce dernier commence ainsi : « Suspension of disbelief, literally ». Et l'artiste va créer une nouvelle fois une redéfinition de l'espace par la manipulation des phénomènes perceptifs.

 

Burgener 2.pngC'est l'occasion pour lui de perpétuer son approche dont invraisemblances, paradoxes et contradictions deviennent bien plus que des alibis  mais l'objet même de telles investigations ludiques et profondes. Elles jouent à la fois  sur l'équilibre et l'instabilité là où le processus créatif tient toujours en compte du lieu de son éclosion. Le dérèglement de la perception visuelle est induite par les qualités intrinsèques de ses créations. Burgener y garde à l’esprit l'idée que rien n’est ancrée dans le mental comme dans l'espace de manière permanente.

 

Burgener 3.jpgLe Bernois présente ici une série de travaux dont une pièce monumentale composée de plaques de verre mettant directement en scène espace, lumière et le visiteur lui-même par le jeu de reflets. Celui-ci à la fois perd ses repères et se voit contraint à dialoguer avec l'espace de façon intempestive et ludique. Rien n'a plus lieu que ce lieu d'absurdité apparente où l'artiste multiplie ses "sculptures" comme ses montages photogrammes où il intervient directement sur le processus technique.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

16/09/2019

Emma Summerton contre toute attente

Summerton.pngEmma Summerton, "Landed", Christophe Guye Gallery, Zurich, jusqu'en fin septembre 2019.

La galerie Guye présente la première exposition solo des clichés d'art de la jeune photographe de mode australienne Emma Summerton. Laissant pour l'occasion le léché et l'impeccabilité froide, elle s'ouvre ici à la fantaisie et au décalage pour donner à ses femmes étendues un aspect hors-champ aussi ludique qu'astucieux et moins léger qu'il n'y paraît.

 

Simmerton 2.pngLes codes inclusifs d'une photographie programmée qui réduit la femme à un fétiche ou une usine à fantasmes sont remplacés par ceux que l'artiste crée à la recherche moins de belles images frelatées qu'à celles qui conviennent à un tel propos sans enfumage mais ironique.

 

Simmerton 3.pngChaque prise démystifie certains ajustements au profit de ceux qui ne sont pas attendus. Ils sont là pour introduire du leurre dans le leurre, les assises sont débôitées là où le corps féminin rentre dans l'image et en sort de manière intempestive. Il devient un indice créateur d’ouverture par l’audace et le résistance de l'écriture photographique. Elle ne fait plus de la femme un simple support mais un manifeste de l’anticonformisme.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

13/09/2019

Jan Hofer et Severin Zaugg ; mises en scène de certaines volontés de puissance

Hofer 2.jpgJan Hofer et Severin Zaugg, "STUDY  - Livre Photo Suisse", et exposition A.B.C.D., Collectif RATS, Vevey, du 15 au 29 septembre 2019.

Jan Hofer et Severin Zaugg présentent trois projets récents. Chaque projet est un dérivé de processus pragmatiques mis en place par différentes institutions: une série de photo de référence de la Police de Zurich, un manuel de sondage alimentaire publié par le gouvernement Suisse, un slogan instructif d’une compagnie de construction.

Hofer.jpgLes artistes utilisent ces éléments, ils en retournent d'une certaine manière les "figures" à la fois pour leur valeur intrinsèque mais aussi pour ce qu'ils "disent" ou dénoncent sur le désir des hommes et sur la volonté de la société à  mesurer et ordonner le monde.

Hofer 3.jpgJan Hofer et Severin Zaugg dépassent les logiques visant à instaurer des ordres. Ils questionnent ces éléments, leurs origines, buts et finalités plus ou moins sinon tortueuses du moins ambiguës dans leur intentions. Il s'agit de discerner le vrai dans les vouloir vivre balisés qui restent autant une manière de dominer les existences.

Jean-Paul Gavard-Perret