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15/10/2019

Martin Mele emballements et amalgames

Mele.pngMartin Mele, «aires nuevos», Galerie Mark Müller,Zurich, du 26 octobre au 21 décembre 2019.

Martin Mele va vers les autres avec des manières et matières simples mais tout autant détournées. Il se dirige vers les genres (installations, sculpture) pour s’en éloigner entre pesanteur et légèreté.

Mele 2.pngL'iconoclaste rappelle que si «l’homme est plus sage que singe» (Nietzsche) il reste un primate. Et l’œuvre montre des contenants où le ridicule comme le sérieux planent sans forcément tuer. Sous cape des capharnaüm sont porteurs de symboles avec un effet bambi (le jeu) de l’autre le goût du carnassier broyeur d'images muséales.

Mele 3.pngLe sud-américain qui habite à Dusseldorf conçoit son travail comme une petite entreprise artisanale de la culture. Il prouve que si l’artiste ne peut être indépendant de l’organisation du marché, il peut s'y engager loin des copies conformes des genres et des matières classiques. Ses "emballements" deviennent des œuvres qui se "tissent" dans le seul sens de ses convictions et pour une vision qui se veut  thermomètre du monde puisqu'elle indique la température de notre société.

Jean-Paul Gavard-Perret

14/10/2019

Clément Rosset : bio mais pas trop

Rosset.jpgClément Rosset a voulu publier à titre posthume ce recueil de récits «intimes» où sa personnalité n'est pas vraiment et volontairement mise en valeur. Au tout à l'égo il préfère souligner quelques-unes de ses manies ou de celles de ses proches en fidélité à son humour philosophique. Cette expression hors modèle se déroule sous la fausse apparence que pour bien écrire il suffit de faire preuve de fragilité, patience voire passivité.

Rosset 2.jpgL'auteur donne l'impression que le vent plus que la pensée pousse  ici le ballon de l'écriture. Mais il règne sur lui pour le placer. Plutôt de dire comment il a écrit certains de ses livres, il s'abandonne à un ultime jeu. L'écriture ne tombe jamais dans le trop plein. L'esprit transforme le destin en une extrême liberté. En accord avec la fin de tous, il s'applique à donner de connaître juste ce que nous ne pouvons supporter avec un drôlerie parfois blême mais corrosive toujours.

Jean-Paul Gavard-Perret

Clément Rosset, "Ecrits intimes. Quatre esquisses biographiques suivi de Voir Minorque", Editions de Minuit, Paris, 144 p., 19 E., 2019.

 

 

13/10/2019

Ariane Monod : juste avant effacement

Monod bon.jpgA la galerie Andata e Ritorno de Genève, Ariane Monod devient une artiste de la disparition. De son "esquisse murale" titanesque avec sa beauté et sa démesure il ne restera bientôt plus rien. L'artiste va effacer de la galerie ses deux pièces peintes au fusain et à l'eau. Les murs  reviendront à leur état naturel. Un blanc qu'il faudra sans doute raviver.

 

Ne restera que quelques photographies en guise de mémoire de ce qui n'est pas seulement un fond, un décor. Le visiteur s'y sera immergé pour devenir  le sujet mouvant et en à-plat face à ces deux œuvres  aussi inquiétantes que belles. A leur démesure succède le sacrifice

Jean-Paul Gavard-Perret