gruyeresuisse

17/07/2019

Verena Loewensberg peintre de l'intensité

Loewen.jpgVerena Loewensberg, exposition, Galerie Knoell, Bâle, du 5 juin au 13 juillet 2019

Verena Loewensberg fut une figure de proue de l'avant-garde suisse et de l'"art concret" zurichois aux côtés de Max Bill, Richard Paul Lohse et Camille Graeser. Membre de l'association "Allianz" dès 1937, ses premiers tableaux abstraits sont fortement inspirés du constructivisme et du néo-plasticisme. Elle a ensuite exploré de très nombreux thèmes et supports pour s'emparer du champ pictural par l'utilisation de la couleur vive et des formes dans un esprit "systématiste". Il donne aux toiles une puissance poétique impressionnante.

Loewen 2.jpgQuoique résolument abstraite et géométrique l'oeuvre laisse passer des émotions là où une certaine solitude semble toujours étrangement planer. Dans une telle approche la forme ou la couleur flashe dans une intensité particulière. La pénétration du réel comme des idées passe par cette transmutation qui garde aujourd'hui encore une prégnance particulière.

Loewen 3.jpgExiste une jouissance du faire dans la recherche d'un apaisement programmé L'artiste a peint éperdument depuis la lumière limpide des premières toiles jusqu'aux dernières ce qui  touche moins à l'interdit qu'à l'impossible dans un sens pour ainsi dire sacré de l'épaulement ou de la perte où les bribes du réel. Elles s'égarent et se retrouvent diffractées par l'intensité de chaque tableau.

Jean-Paul Gavard-Perret

15/07/2019

L'image mouvement selon Nino Migliori

migliori bon.jpgNino Migliori, "Mov-Ment-Azione - 8 histoires de mouvement", Fondation Fluxum, Genève à partir du 12 septembre 2019.

Nino Migliori est intéressé par l'émancipation de la forme des images (plus particulièrement photographiques) afin de trouver la possibilité d'une île, d'une trace et d'une danse à son imagination bien plus qu'une reproduction de la réalité.

Migliori 2.pngAprès diverses recherches sur les murs parce que selon lui l'homme face à eux se désinhibe en créant des graffitis qui eux-mêmes libèrent l'inconscient, le geste et l'image il cherche de nouvelles voies et de nouvelles chambres obscures. Il ne s'agit pas d'atteindre le vrai mais de rendre visibles fantasmes et idées dans un rapport plus proche de la peinture à la photographie là où les deux interagissent selon divers procédés.

Migliori.pngEn effet Nino Migliori manipule le matériel et les instruments photographiques en vue d'images qui échappent à un tel médium. Surgissent des sténotypes, des idéogrammes, des expériences visuelles constituées de réactions chimiques avec le sel d'argent ou autres substances. Sur la gélatine avant séchage s'imprime des indices transposés ensuite vers des supports comme le cellophane ou le plexiglas en un jeu entre le positif et le négatif des images. Le tout pour des envols et trilles au dessus du sens concassé des apparences de réalité.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

13/07/2019

Etti Abergel : révisions des images

Abergel bon.pngEtti Abergel, "Decodage", Galerie Mezzanin, Genève, du 13 septembre au 11 novembre 2019

Toute l'oeuvre de Etti Abergel navigue entre solitude et appartenance, déracinement et ré-enracinement. L'artiste crée des images mythiques mais tout autant "réalistes" (dans une révision de l'art abstractif et conceptuel). Le tout à la jonction de deux mondes - d'un côté, celui de sa propre solitude et, de l'autre, de la communauté d'appartenance nouvelle. Afin d'y parvenir, elle trouve un nouveau langage indépendant nourri de ses expériences, de ses études, de sa mémoire intime et collective et de ses mythes - judaïques en l'occurrence.

Abergel.pngPar ce qu'elle a vécu et appris l'artiste invente un langage visuel subjectif et transgressif. Il s'agit de reprendre diverses approches afin de rectifier le réel tel qu'il est par une vision expérimentale. Celle-ci  ne manque jamais de grâce, de majesté, de force même lorsque le réel tel qu'il est semble pris à la gorge.

 

Aberegel 2.pngA travers des sédiments de différents niveaux (textes, images, objets, etc.) Etti Abergel ouvre une narration personnelle mais à caractère général. Tout est construit afin de créer une monstration plurivoque qui se veut une lutte contre divers traumatismes là où les différentes déconstructions deviennent la voie d'une création où le mythe est renouvelé en érections intempestives.

Jean-Paul Gavard-Perret