gruyeresuisse

19/05/2017

Peter Wütrich et la poétique de l’espace

wuethrich.jpgPeter Wüthrich - « Deep storage reloaded »,,Galerie Bernhard Bischoff & Partner, Bernhe, 24 mai au 1er juillet 2017.

Peter Wütrich continue ses assemblages qui mêlent un géométrisme parfait à une poésie de même acabit. Les incidences polyvoques font respirer l’espace selon des enchaînements qui évitent l’enfermement. Tout respire en des glissements du compacte à l’indicible là où les plaques avancent ou se tirent selon un work in progress. Chacune au lieu de simplement « remplir », avance par changements de rythme et de débit. Wütrich élude de la sorte l’usure rhétorique.

L’œuvre est aussi avalante que dévalante par adjonction d’éléments joints ou épars. Elle amplifie et mord le lieu afin qu’une poétique de l’espace soit atteint. L’artiste y envisage des permutations possibles dans le noir et le blanc afin de lire les surfaces de différentes manières là où l’imaginaire est mis en éveil. Il se dégage de toutes approximations médiocres même si l’artiste feint un certain « laisser-faire » : au regardeur d’en profiter.

Jean-Paul Gavard-Perret

12:16 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

16/05/2017

Vasilis Zografos : la peinture et le silence

Vasilis.jpgVasilis Zografos, Phryctoria, Espace L, Genève, 18 mai au 24 juin, 2017

 

 

Dans l’œuvre de Vasilis Zografos c'est tout un paysage physique aussi bien que mental qui s'élève. Empreintes des genèses arides, lisières au tain usé, étranges érections nuageuses atteignent la nuit en haussant le ton mais sans rien agiter. Tout tient droit - ou presque mais en répondant aux sollicitations du vide
Vassilis 3.jpg

 

La peinture devient un sablier géant et retourné sur la précarité des êtres et des choses. Vasilis Zografos suggère la lenteur d'un temps étiré et règle ses images sur la lumière rétrécie. Avec le but secret d’aborder - un jour - le monde à venir avec l'émoi d'un enfant réconcilié.

 

 

 

 

 

 

Vassilis 4.jpgDans l’œuvre, les remparts s'affirment dérisoires. Des trouées sourdes sapent l'apparence. Désert que désert pour l'équilibre de part et d'autre d'un oubli tranché ou d’une légende traversière. La peinture veut offrir de belles échappées mais que peut-elle sinon induire des interrogations muettes face au temps qui fait main basse sur les territoires humains ?

Jean-Paul Gavard-Perret

15/05/2017

Yves Berger : été ou hiver qu’importe

Berger.jpgYves Berger, "Une saison dehors", Héros-Limite éditions, Genève, 80 p., 22,40 CHT, 2017.

Né en 1976 en Haute-Savoie, Yves Berger (fils de John) vit et travaille dans le hameau du Faucigny où il a grandi. Il y pratique la peinture, l'écriture et le travail agricole. Diplômé de l’école des Beaux-Arts de Genève, il a exposé en Suisse, France, Allemagne et Irlande. Certains de ses dessins et textes ont paru aux USA et au Canada et il a publié deux recueils "Destinez-moi la Palestine" (Dar al-feel, Jérusalem) et "Mes deux béquilles" (Éditions Art & Fiction, Lausanne)

Berger 3.jpg"Une saison dehors" est une suite prosaïque à celui-ci. Yves Berger évoque ses travaux de la terre et sur le papier. Se dégage une réflexion à propos de l'art et de la nature. Jaillissent la sérénité de l'une, le dureté et la violence de l'autre surtout lorsqu'elle se pratique dans une montagne qui n'est pas seulement un "paysage". Berger 2.pngL'auteur crée néanmoins un hymen entre ces deux travaux. Ils forment les piliers d'une sagesse que l'auteur fait partager. Yves Berger déconstruit les grandes illusions mais donne sens aux actes humains. Du temps orageux d’été aux étendues neigeuses d’hiver qui dilue les reliefs, lumières et ombres créent le pendant extérieur de la vie intime du créateur.

Jean-Paul Gavard-Perret