gruyeresuisse

14/04/2016

Andreas Dobler et le gothique


Dobler 2.jpgAndreas Dobler, “L’attrait du primitive”, Body and Soul, Genève, à partir du 15 avril 2016.

 

 

L’œuvre d'Andreas Dobler est à l’intersection de diverses influences. Celui qui pratique à l’occasion le cinéma, le théâtre ou la musique avec le groupe doom « Celtic Frost » voit son goût pour l’underground se parachever dans son travail de plasticien. S’y retrouve le surréalisme, le romantisme noir, la culture populaire et le pop-art : tous ces genres sont revisités. Se mélange dans l’œuvre dynamique et hallucinée une foule de figurations hétéroclites et souvent drôles.


Dobler.jpgS’éloignant de la représentation humaine l’artiste mixte divers objets au moyen de l'acrylique, de l'huile ou du spray ou en des dessins à l'encre en noir/blanc et au grand format. Les titres des œuvres sont parfois dessinés sur un élément du décor de paysages nocturnes ou de S-F non sans dérision critique. Par exemple dans « Under Fire » un saucisson sur socle se désintègre sous les attaques de rayons laser venus du ciel. Dans « Meringue Flottantes » une utopie architecturale menace au moment où une armée de meringues flottantes font de la résistance. L’artiste par ce biais interroge la perception que l'on a du réel. Métamorphoses, distorsions et d'anamorphoses trompent les habitudes de notre regard et l’artiste se fait le magicien de l'illusion.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

12/04/2016

Guy Oberson peintre de l’effacement

 

Oberson.jpg« Zones poreuses », carte blanche à Guy Oberson, à partir du 21 avril au 28 mai 2016 à la galerie C, Esplanade L-Robert 1, Neuchâtel.


Il existe dans l’œuvre de Guy Oberson une radicalité rare et prégnante que l’on retrouve dans ses choix effectués pour sa « carte blanche ». Les œuvres de Jennyfer Alleyn, Guy Oberson, Eric Manigaud, Françoise Pétrovitch, Eric Sansonnens, Heike Schildhauer réagissent en écho de celle de l’artiste où une forme de perte replonge dans un territoire incertain, lacunaire. L’image « parle » encore à la fois comme défaussée mais toujours digne de foi et de puissance. Au vacarme du lyrisme pictural l’artiste répond par ce que Beckett demandait à la peinture : effacements et soubresauts. Les artistes choisis élus pour « Zones poreuses » affichent des murmures pudiques, intenses, métaphoriques.

Oberson 3.jpgChez F. Pétrovitch, G. Oberson, H. Schildauer émergent un chagrin ou désespoir en filigrane au milieu du vide paradoxalement océanique au sein de diverses formes d’abrasion. Le visiteur y erre abandonné et comme envahi au dedans de lui-même. Il se consume parfois au milieu d’un gris d’asphalte. Les images en des éléments parfois épars, disjoints perdurent à peine. Mais elles restent ce qui anticipe une forme de vérité proche du vide et du silence. Les œuvres viennent les recoudre de leur berceuse minimaliste. A la musique intrinsèque des vents de la gloriole fait soudain place l’écho du silence qui n'appartient qu’aux vrais artistes abraseurs de quintessence.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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11/04/2016

Infusions et distorsions : Pier Paolo Calzolari


Calzorali.jpgPier Paolo Calzolari, « Ensemble », Galerie Kamel Nemour, Dokumentation 3, Museum Ink, Halle für Internationale Neue Kunst, Zürich.

 

L’œuvre de Pier Paolo Calzolari multiplie les combinaisons d'éléments disparates. Le recours parfois à des matériaux humbles (tôles, matelas) renvoie l’artiste vers les procédés de l'Arte Povera. Trop peut-être. Néanmoins l’artiste se détache des pratiques d’un tel courant en mettant notamment en regard peinture et performance.

Calzorali 2.jpgL’art est toujours pour lui expérimental et propose divers renversements de l’horizontalité et de la verticalité. L’artiste non seulement lie peinture et performance mais utilise aussi des opérations chimiques et électriques et insèrent à ses œuvres des bandes-audio.
Calzorali 3.jpgL’artiste reste avant tout libre et indépendant des étiquettes qu’on veut à tout prix coller sur ses travaux. La mutation est perpétuelle non seulement dans le temps mais jusque dans ses œuvres elles-mêmes : les choses peu à peu y changent, évoluent. Les mondes organique et chimique se rejoignent selon une alchimie poétique imprévue et drôle. Elle pousse autant au rêve qu’à la méditation plus ou moins incertaine là où se concentrent au-delà de l’arte povera un certain minimaliste et un art du concept en tous ses états.


Jean-Paul Gavard-Perret

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