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16/09/2016

Cathy Cat-Rastler : Ce à quoi les femmes aspirent…

 

Cat Rastler.jpgCathy Cat-Rastler (plasticienne et psychanalyste) a fait une fixette sur son aspirateur. Cette passion (peu coupable) lui a fait remarquer que les femmes de son entourage n’avaient jamais le même aspirateur... Quoique fabriqués en série tout se passe comme si chaque femme se débrouillait pour posséder un objet unique à l’image même de leur mari. Elles partagent d’ailleurs avec les deux une relation aussi intime ou l’amour jouxte la haine.

Cat Rastler2.jpgPour les scénariser Cathy Cat-Rastler a créé une série d’images et une bande-son où les inspirées avouent ce que leur partenaire provoque chez elles. Pour certaines l’aspirateur est l’impérial, pour d’autres ce n’est qu’un fantassin dont l’emploi est délégué à un autre Rex imperator : le mari. On ne sait s’il s’en trouve fort marri. CatRastler 3.jpgL’objet est donc sinon une machine célibataire du moins un objet de jouissance plus ou moins délétère, fusionnel ou guerrier : « Pas question d’être brutalisée par lui, alors je le brutalise, je lui rends la pareille » dit l’une d’elle. Il se peut que jaillisse ici ce que Maël Guesdon nomme « l’identification sexuelle inconsciente ». A chaque utilisatrice et utilisateur de se poser la question.

Jean-Paul Gavard-Perret

Les histoires d’O de Céline Peruzzo

 

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Céline Peruzzo,"Cuisses & Palms", galerie Body & Soul, à partir du 17 Septembre.

Enlever son soutien gorge en fin de journée, enfiler son jean après être épilée, ou manger directement de la glace dans le pot tout en se donnant du mal pour maigrir ne suffit plus. Céline Peruzzo réclame plus pour ses femmes. Donc pour elle-même. Son œuvre est moins un faire part qu’une part faite pour parfaire le corps féminin au sein d’une révolte fantaisiste contre la honte, l'incompréhension qui saisissent les fées du logis dès les paradis verdâtres des amours enfantines.

Peruzzo Bon.jpgAu lit de salades frisées la femme doit préférer le sien. Et pour s’y reposer. L’homme ne pourra plus y jouer les alouettes. S’il enlace sa chérie il y a fort à parier qu’elle s’en lasse eu égard aux conseils de l’artiste : Bourguignon ou non le mâle sera un négociant en vain. Et Céline Peruzzo le prouve. Pour une femme il n’y a pas d’histoire d’O dans celle de vaisselle. A Monsieur Propre les nonnes du ménage ne montreront plus leurs seins. Finis l’hypertension, la phlébite. Comme l’Albion l’artiste apprend à filer à l’anglaise et c’est pourquoi ses femmes ont la cuisse belle. Que certains mâles s’en hérissent cela qui ne manquerait pas de piquants.

Jean-Paul Gavard-Perret

15/09/2016

Tristan Savoy : du multiple au même

 

Savoy2.pngTristan Savoy, « Requiem pour un Saint », installation – projection – photographie, LAC Scubavine Vevey, septembre 2016.


Savoy.jpgTristan Savoy cultive le goût pour les images fortes, provocantes où éros se mêle à Thanatos. Avec Saint Sébastien, figure rémanente de l’histoire de l’art occidental et même extrême oriental il trouve un modèle de référence : de Botticelli à D'Annunzio, de Fra Bartolomeo à Yukio Mishima le personnage permet aux artistes différentes versions voire des autoportraits sublimés. Celui qui devint martyr chrétien après avoir participé à la persécution des adorateurs de Jésus est mort en quelque sorte sous ses propres flèches (puisqu’il fut chef d’une armée d’archers). Il est l’exemple type de la dualité et de ce qui n’est pas forcément réductible à l’Un dans le Même.

Savoy3.jpgSavoy (fondateur du collectif l’Arte della Tavola et du groupe d’expérimentation musicale Eggplant) crée un montage autour de cette figuration de l’exaltation et du désir autant divin qu’humain. Saint Sébastien reste à ce titre un sujet ambigu ouvert à bien des interprétations LGBT. Le martyr de la tradition exhibe son corps non sans « impiété ». Il renvoie ici moins au semen divin qu’à la semence humaine et défie l’espace christique. Il est considéré comme mandorle, sur-en-ciel, « surenchaire » et « incarnationis mysterium in memoria nostra ». Savoy joue avec ces interprétations et s’en donne à cœur joie dans le déséquilibre entre l'ellipse - tournée vers le silence - et l'énoncé complexe - tourné vers l’image sans qu’elle reste pieuse pour autant. D’où la nécessité du secret et l'impératif de la monstration.

Jean-Paul Gavard-Perret

08:44 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)