gruyeresuisse

14/05/2016

Olivier Richon : éloge du secret

 

Richon.jpgOlivier Richon, « Images littéraires », Circuit, centre d’art contemporain, Lausanne, du 21 mai au 2 juillet.

 

 

 

 

 

Richon 2.pngLe secret du secret n’a pas à être éventré donc éventé. Olivier Richon le sait. Certes, et Foucault nous l’a appris, tout dans notre société fonctionne sur l’exhibition, la transparence ou – du moins – sur leur illusion. Raison de plus pour préserver le secret. L’artiste vaudois lui donne chair ou carapace, là où règne les ombres et le silence qui n’est pas forcément de mort. Tout sans l’œuvre est suspendu, en attente. Reste un souffle ou s’exhale et se dépose sa buée, sa poussière.

Richon 3.jpgL’artiste par ses figurations crée une manière de voir, de penser, de sentir, d’exprimer. Il ne cherche pas à transgresser des « fantômes » mais simplement à les circonscrire. Il s’agit de voir ce qui se cache dans le suspens. L’artiste ne dérobe pas la vie : il la préserve dans les « vanités » les plus authentiques qui soient par un travail de résistance à la vérité instrumentalisée et à son crime parfait. Il offre aussi une autre alternative. L’empire de la suggestion suit son cours. Sa souveraineté opérationnelle reste en équilibre entre le visible et l'énonçable là où le contenu ne se confond pas avec le signifié.

Jean-Paul Gavard-Perret

08:57 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

10/05/2016

Pascal Berthoud : surimpression, images mentales

 


Berthoud.jpgPascal Berthoud, « Sail me on a magic river », Galerie Elizabeth couturier, Lyon, du 26 mai au 25 juin 2016

 

 

 

 

 

Berthoud 3.jpgCharnelles au plus haut point mais tout autant mystiques les œuvres du Genevois Pascal Berthoud permettent de faire miroiter la possibilité, de trouver sinon une île du moins une réponse (ni univoque, ni définitive) à la question du sens et ce qu’elle cache. L’artiste en sait probablement un maximum sur la question mais il fait une certaine impasse sur ses propres joies, peines, repères et préfère proposer un réservoir d’approches intempestives à coup d’images mentales.

 

 

 

Berthoud 2.jpgPascal Berthoud rappelle que la peinture est la recherche d’un nouveau langage qu’aucun grammairien de l’image n’a encore fixé. L’artiste montre comment la langue plastique peut détrôner les images clichés et les métaphores décolorées. Le créateur acidule l’émotion et brouille les grilles d’interprétation. Par rapport aux modalités traditionnelles de l’art, Pascal Berthoud contribue de manière déterminante au développement de la recherche d’un langage pluri-expressif dans un mouvement dialectique dont la peinture est la caisse de résonance. La culture populaire et l’expérimentation s’y croisent. Elles donnent lieu à des hybridations pour le moins étonnantes dans le tangage et certains excès capables de produire une unité et une dissémination.

Jean-Paul Gavard-Perret

09/05/2016

Femmes, fleurs et moteurs : Nick Knight


Knight 3.jpgNick Knight, Christophe Guye Galerie, Dufourstrasse , Zurich, 7 avril au 4 juin 2016

 

 

 

 

 


Knight.jpgMaître de la délicatesse raffinée (cf. l’effigie en porcelaine de Kate Moss), Nick Night remodèle sans cesse la beauté classique tout en cultivant un glamour qui ne recèle rien de mièvre. Les femmes, les fleurs et jusqu’aux motocyclettes prennent un caractère particulier entre chorégraphie diaphane et dynamisme.

Knight 2.jpgLe projet n’a donc rien d’une simple traversée à la mode et uniquement pour elle. C’est même le contraire. L’artiste semble témoigner de la beauté avec en filigrane l’injonction de ne pas y toucher. L’enchantement est donc là mais pour rappeler son aspect toujours provisoire. La sidération et la "désidération" se créent rose sur blanc avant de disparaître. Nick Knight le retient dans un montage aussi simple que sophistiqué.

Jean-Paul Gavard-Perret

11:33 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)