gruyeresuisse

25/06/2016

Primitifs du futur à l'Elysée


Elyséé Victoria Will.jpg« La mémoire du futur, dialogues photographiques entre passé, présent et futur », jusqu’au 28 août 2016. Musée de l’Élysée, Lausanne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ElyséeOscar Munoz.jpgDepuis son arrivée à la tête du Musée de L’Elysée, Tatyana Franck a revitalisé le lieu. Elle revalorise un fonds accumulé au fil du temps sans direction précise mais dans un souci d’œcuménisme photographique. Pour autant l’exposition n’a rien d’une expérience nostalgique. Plutôt que d’exhumer des trophées passéistes l’exposition crée une dialectique entre passé et futur et montre comment les recherches des photographes actuels savent tirer profit de procédés photographiques archaïques.

ElyséeChristan Marclay.jpgDaguerréotypes et autres cyanotypes sont mis en écho des œuvres les plus nouvelles. Aux travaux primitifs de Gustave Le Gray ou d’Anna Atkins répondent les expérimentations de Christian Marclay, Oscar Munoz, John Dugdale, Takashi Arai ou encore les recherches sur la lumière d'un James Turrell. Non sans louable souci pédagogique l’exposition permet une réflexion approfondie sur le médium et prouve comment l’esthétique photographique se construit sur la « matière ». Et ce même à l’époque du numérique. La patine, la craquelure, l’effet de trace investissent le médium – parfois jusqu’à un maniérisme discutable. A voir pour tout amateur d’un art confiné trop longtemps au rang inférieur.

Jean-Paul Gavard-Perret

(photosde Victoria Wall, Oscar Munoz, Christian Marclay)

24/06/2016

Les armes parlantes de la peinture : Adrian Falkner.


FALKNER BON 4.jpgLe peintre suisse expose « Thinking Hand » à la galerie Le Feuvre, Paris VIIIème jusqu’au 26 juin 2016.


Héritier des abstracteurs zurichois comme Bill ou Lhose, Adrian Falkner par son « géométrisme » en folie ne procède aucunement d’une ascèse philosophique ou mathématique. L’abstraction devient lyrique, instinctive et d’une certaine manière « latine ». L’artiste est plus proche des Italiens du groupe de Côme que des Zurichois. L’intervention implicite du geste reste visible dans une architecture qui ne se contente pas de simples variations.

FALK.jpgLa mise en couleur et la mise en forme se répondent : l’une anime l’autre et vice-versa. Loin des teintes neutres et reposantes le chromatisme reste violent et renforce la perturbation des formes et volumes. Adrian Falkner utilise sans cesse les effets optiques des couleurs, leurs influences mutuelles et leurs qualités spatiales. L’œuvre est donc envoûtante par ses gonflements et ouvertures en écho autant d’un certain érotisme que d’un humour implicite.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

10:32 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

22/06/2016

Les Insolents Plonk et Replonk


Plonk 3.jpg« Plonk & Replonk + Andrea Barciela » Au LAC de Vevey jusqu'au 31 juillet 2016, en collaboration avec Swissachtung.ch.


Les éditeurs de la Chaux de Fonds Plonk & Replonk, sont déclarés d’ « inutilité publique » depuis 1997. Ils se posent provisoirement au LAC avec leur nouveau Bestiaire non surveillé. Décalés et impertinents, ils viennent néanmoins déclarer allégeance aux neuf muses monumentales du jeune artiste Andrea Barciela. L’humour particulier et absurde de leurs fameux photomontages d’inspiration rétro, leurs anciens livres, leurs cartes postales ou encore leurs Nains Bétonnés fait merveille.


Plonk.jpgLes deux compères proposent des visions qui échappent à toute logique. De fait l’imaginaire repose ici sur le réel par modification de point de vue et de prise. Spécialiste des détournements et autres vacations a priori farcesque leur travail ne peut que réjouir. L'impossible devient possible. Les « niches » des iconoclastes ne manquent jamais de chiens. Ils jouent les artilleurs afin de suggérer combien les bienfaits tournent à la férocité. Des raies alitées produisent des crimes et pas seulement pour ceux qui en des alcôves suaves savourent leur Darjeeling dans des tasses athées.


Jean-Paul Gavard-Perret