gruyeresuisse

20/05/2020

De rien faire un tout : Pascal Jaquet

 

Pascal Jaquet 3.jpgPascal Jaquet - aka Sapin - est illustrateur indépendant à Lausanne. Il réalise divers mandats pour la presse et la publicité, décors et expos individuelles. Il partage sa pratique avec celle de maîtres d’enseignement en arts visuels à l’école professionnelle du COFOP de Lausanne.

Pascal Jaquet 2.pngMandaté par cette ville il a décoré ses armoires électriques au spray, dans un premier temps en compagnie de pré-apprentis puis également de manière indépendante. Illustrateur-recycleur il réalise des «cartonnages» (qui furent présentés aux Docks et à La Sonnette à Lausanne) et reste animateur de «carton workshops».

Pascal Jaquet.jpgGraffiteur à sa manière, il embellit le monde de ses créations aussi intempestives que poétiques. Reste chez lui la faim de l'existence même en période sinon de fin du monde du moins de confinement. De rien il peut faire un tout. Chaque peinture - et parfois leurs assemblages - nourrissent des monstres qui peuvent se brûler les uns les autres. C'est une manière d’oxygéner la distance entre les êtres. L'artiste ne mâche pas ses images sinon pour les transformer en farces.

Jean-Paul Gavard-Perret

Voir sur Instagram: @jaqimages et @boiteselectriques

19/05/2020

Pavel Schmidt par dessus bords

sch.jpgPeintre, dessinateur, sculpteur et poète Pavel Schmidt est un artiste itinérant, il a voyagé entre l’ancienne Tchécoslovaquie d’où il est originaire, le Mexique, la Suisse, l’Allemagne, le Canada, la France et l’Italie, avant de s’établir finalement en Suisse en 1968, à Soleure où il vit actuellement.

Il fut dans les années 80 l’assistant de l’artiste Daniel Spoerri. Sans atelier fixe, il créé ses œuvres là où il se retrouve : chambres d’hôtel, ateliers d’emprunt, restoroutes, etc.. Ses déplacements sont le reflet de sa curiosité et de sa stratégie esthétique tant sur le plan de l’histoire de l'art et de son rôle que de la critique culturelle.

Schmidt 3.jpgD'où une oeuvre toujours incertaine et imprévisible au fil du temps, des rencontres, des parcours. Chaque fois un autre "paysage" apparaît dans le paysage parmi les ombres appesanties. Car chaque oeuvre est une surprise alléchante, drôle, critique. Au stigmate du je, pas de clef  mais un gain par  les manières de transformer ce que l'artiste voit. Ce "je" devient autre. Il pose une série de questions dont personne (pas même l'artiste) possède la clé. L’incomplétude demeure mais c'est ce qui donne à l'oeuvre son mystère et son originalité.

Jean-Paul Gavard-Perret

18/05/2020

Laurence Boissier au jour le jour

Boissier.jpgLaurence Boissier est une narratrice qui au besoin scénarise son quotidien pour mieux nous rappeler le nôtre. Ses "carnets de lecture" sur le site d'"art&fiction" nous rappellent avec humour combien certains raisonnements sont aussi spécieux qu'irréfutables. Leur concision philosophique - dans le cas de sa fille - est des plus abrupte : "Après". Si bien, ajoute la mère éplorée, que "le porte-à-faux existentiel est garanti avec toutes celles et tous ceux qui ne s’alignent pas sur cette logique.".

 

 

Boissier 2.jpgSes chroniques sont des petis bijoux. Laurence Boissier épingle ce qui nous parasite et sur lequel nous ne pouvons pas grand chose. Mais l'auteure en démine le stress en tentant de rire - sinon de tout - du moins de ce qui est possible. Histoire aussi de décoder non seulement la psychologie des adolescents mais celle des adultes dont le mari de l'auteure devient le parangon.

 

 

Boissier 3.pngSa mère n'est pas oubliée pour autant. Bonne fille Laurence Boissier lui fait du thé tandis qu'elle lit sur l'écran de sa liseuse aux caractères démesurés des aventures extraordinaires. La fille est oubliée : la mère est plongée en une histoire indienne "dans la poussière du fort de Lucknow assiégé par les rebelles". Le thé croupit dans la tasse et "les roues d’un tracteur passant sous ses fenêtres sont celles du char qui transporte les morts vers la fosse". La pauvre fille ne fait pas le poids. Pour preurve elle s'éclipse avant de revenir plus tard vers nous pour évoquer d'autres moments drôles, émouvants, incisifs. C'est un régal.

Jean-Paul Gavard-Perret

Voir aussi : "Safari" et "Fonds d'écran d'artistes",  art&fiction, Lausanne, 2020.