gruyeresuisse

03/04/2018

Alex Box Mélusine de la sophistication

Alex.jpgAlex Box a travaillé pour de multiples magazine de mode dont « Vogue », « Stylist », « Dazed & Confused », « i-D. Celebrity ». Elle y a « scénarisé » de nombreuses icônes dont Lady Gaga, Kate Moss, Courtney Love, etc.. Elle a travaillé comme directrice du maquillage pour les défilés de mode les plus célèbres (Karl Lagerfeld, Alexander McQueen, Vivienne Westwood, Chanel). En tant que directrice de création elle a cofondé « Illamasqua » avant de partir.

Alex 3.jpgLibre, curieuse et sorte de Dora l’exploratrice des technologies, l’artiste britannique ne cesse de bouger afin de créer des innovations dans l’art du cosmétique d’avant-garde qui troublent les frontières entre la mode, l’art et la technologie. Elle le prouve sur sa plateforme où elle s’amuse à créer des trésors d’imagination à travers divers outils et applications. Elle a récemment annoncé qu’elle allait rejoindre le magazine de mode et d’art de Berlin « King Kong Magazine ».

 

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La créatrice a inventé une écriture plastique ironique et sophistiquée qui instruit une histoire beaucoup plus dense qu’il n’y paraît. Quand les regardeurs contemplent les yeux des modèles ceux-ci semblent le scruter : les deux paraissent se réfléchir ou se perdre dans l'infini d’une géométrie déconstruite et hybride La star sublimée par Alec Box reste une sorte d’ange ou de bon génie d’un corps fantasmé. Bref une sorte de fantasme hallucinant au sein d’un rêve qui n’est pas plus volontaire que subsidiaire : chaque modèle porte sa volupté mais selon des itinéraires hypnotiques d‘un genre inédit.

Jean-Paul Gavard-Perret

18/03/2018

Derrière les marches : Alison McCauley


Cauley 2.jpgA l’origine c’est par hasard qu’Alison McCauley photographie pour la première fois le Festival de Cannes. Son seul objectif : la curiosité. Celle-ci est bonne conseillère. Poussée par le désir autant de voir que de savoir, la jeune photographe découvre le dessous des cartes. Un tel évènement cinématographique demande une organisation impressionnante et tout azimut : l’artiste est très impressionnée. Elle n’est pas loin d’imaginer que si toute la France était structurée de la même façon le pays serait le plus efficace du monde…

Cauley.jpgLa photographe n’en était pas à son coup d’essai. Elle a individuellement exposé en France et en Suisse et collectivement aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Géorgie. Ses photographies ont été publiées par Al Jazeera, BBC News in Pictures, France 24, Courrier International, The Daily Mail, Houston Chronicle, The Hindu, etc. et elle contribue régulièrement à Carnet d’Art qui publie ce livre. C’est pourquoi un tel ensemble est un coup de maitre(sse).

Cauley 3.jpgAprès sa première expérience festivalière en 2013. La fête mondiale de cinéma  devient pour elle sinon un guet-apens du moins une addiction. Stimulée par l’ambiance et l’énergie de l’événement elle y revient. Désormais avec un but plus précis. Pendant cinq ans elle en capte l’atmosphère autant dans les rues, les marches du Palais que dans les hôtels, plages et lieux de fête. Elle shoote les stars, les professionnels et le vulgum pécus - les body-guards, les play-boys, les starlettes et call-girls, les fans et les vacanciers.

Cauley 4.jpgDe telles photos proposent une vision coruscante et originale. L’artiste édite des instantanés parfois surréalistes, souvent absurdes ou drôles. Elle ouvre une sorte de back stage pour montrer ce qui habituellement demeure caché. C’est d’ailleurs ce qui constitue l’originalité de toute son esthétique. Dans son précédent livre et au sein d’un lieu et d’une problématique bien différente ( "Temps d'attente - Tant de vie", sur la vie des requérants d’asile à Genève) elle montrait déjà un autre dessous des cartes. L’enchantement fragile de certaines luttes sourdes ou de certaines mises en scène spectaculaires comme la banalité commune de la vie ordinaire sont exhaussés à l’état de signes visuels afin de suggérer de divers types d’emprises.

Jean-Paul Gavard-Perret

Alison McCauley, « Another Cannes », Editions Carnet d’Art, Aix les Bains, 2018, 25 E. En prévente sur le site des éditions : http://www.carnetdart.com/

 

17/03/2018

Maurice Renoma détective

Renoma bon.pngMaurice Renoma aime jouer avec les images que proposent les désinformations en continu. Il entre dans leur cage ou leur fosse d’aisance pour inventer les prospérités du vice en ses « films » noirs par images fixes. Nul besoin pour cela d’épinette qu’on utilise en Bresse pour engraisser les poulardes. Il passe au mixeur de ses prises les films noirs américains un peu à la manière de Godard dans "Détective". Tout est classieux, impeccable et douteux pour faire avaler des couleuvres différentes de celle des médias.

renoma bon 3.pngMais le photographe s’amuse. Des femmes sont assises sur une chaise percée dont il vide le seau des secrets. D’autres rousses et à la peau rose thon semblent des vestales : leurs deux groseilles sont pour leurs maquereaux. Exit les journalistes de télévision. C’est du Buster Keaton à la sauce « Dahlia noir ». Les malfrats jouent les gros bras mais il est fort à parier qu’il s’agit de déficients mentaux. Ils ont auprès d’eux des Iris messagères des Dieux. Mais ils n’en font pas des bouquets et compressent leur l’argile aux endroits qui ne réclament pas.

Renoma bon 2.jpgCe ne sont donc pas des Rodin mais des scieurs de rondins  ou des Norman Bates dans Psychose. Leur seule marotte est souvent la fellation. Se prenant pour de pus sex-toys ils ne dorment que le jour  : d’où leur aspect hirsute et moche. Certaines femmes les attendent dans le coffre de la voiture où ils les ont ligotées avant d’espérer les noyer. Mais ils ne comprennent même pas qu’elles les roulent non seulement dans la farine mais vers la mort. Preuve que les planques de Renoma ont porté leurs fruits souvent verts et parfois pourris.

Jean-Paul Gavard-Perret

Maurice Renoma, « Série Noire », Souplex Renoma, Paris XVI ème, du 13 avril au 13 juillet 2018.