gruyeresuisse

11/05/2020

Déesses 21 : Mark Seidenfeld

Seidenfeld.jpgMark Seidenfeld est le digne successeur de Dali et de Delvaux. Ses déesses, vierges, martyres ou wonder women deviennent le sujet d'un monde faussement délétère et mystique. L'artiste joue avec toute l'iconographie religieuse comme du space opera.

Seidenfeld 2.jpgEt l'artiste de préciser : "La Déesse représente la créativité, l’imagination et notre lien profond avec tout ce qui est vivant". Etoiles des Star Wars et du Nouveau Testament et de l'histoire catholique les  déesses illuminent l’obscurité de la nuit et l’inspiration qui peut transformer la tragédie en opportunité". Que leur demander de plus ?

Seidenfeld 3.jpgLe photographe - à travers elles  - campe des récits "dans un monde qui fonctionne sur la folie alimentée par la peur". Il est donc urgent et nécessaire de revenir à ces Déesses 21. Incorrigibles, les égéries exhaussent des fantasmes comme elles lèveraient le coude à la santé des voyeurs. Elles posent - insolentes guerrières ou victimes – face ceux à qui elles mettent le feu. Crucifiées ou libres elles s’envolent en habiles perverses dont l'artiste redouble la virtuosité.

Jean-Paul Gavard-Perret

www.markseidenfeld.com

01/05/2020

Chervine : solitudes à New-York sous le Covid 19

Chervine.jpgChervine a été révélé en Suisse : le Musée de l'Elysée publia sa série "Solitudes" dans son magazine "Else" en 2017. L'artiste subjugua les visiteurs lors de son exposition à la Nuit de la Photo de La Chaux de Fonds par la théâtralité de ses narrations à la lumière particulière.

Chervine 3.jpgElle prend tout son sens en la série réalisée à New-York - où l'artiste d'origine iranienne vit désormais - au moment de la vague de Corona Virus dans la métropole. Ses superbes tirages sur papier baryté sont désormais révélés par la galerie Esther Woerdehoff. Chervine est devenu l'inventeur d'une poétique de la ville. Celle-ci "change moins vite que le coeur des mortels" (Baudelaire).

Chervine 2.jpgPorter la photographie vers le noir ne revient pas à nier ce qui se passe dans la cité ou tout effacer. C'est suggèrer des vies de grande solitude entre être et ne pas être là où soudain ne reste que pouvoir autre chose que des peut-être. Les silhouettes se distinguent sans apparaître vraiment. Ne demeurent que des pans de luminosité cristalline pour ouvrir les poumons malades de la ville. Mais c'est une manière de voir à travers les ténèbres au moment du naufrage dans l'éblouissement de la fin ou du début

Jean-Paul Gavard-Perret

https://ewgalerie.com/artistes/chervine/

15/04/2020

Les villes de grandes solitudes d’Allen Wheatcroft

Wheat.jpgQuoi de plus simple en apparence que les clichés d’Allen Wheatcroft ? Pour explorer le monde comme il le fait dans "Body Language" il semble suffire de placer un appareil dans la rue et de shooter ce qui s'y passe. C'est du moins ce que les prétendus photographes dénués de regard estiment. Allen Wheatcroft à l'inverse cherche toujours à réaliser juste quelques images signifiantes.

Wheatn3.jpgLes acteurs des étranges cités sont captés entre équilibre et déséquilibre, le haut et le bas, la connexion et la séparation, l'isolement ou la tension. Mais de ces "modèles" improvisés le photographe comme le regardeur ne les connaissent que par leurs gestes et les sentiments supposés qui les animent : douleurs, plaisirs, ambitions etc..

Wheat 2.jpgDans ce but entre 2014 et 2018 Allen Wheatcroft a pacouru Chicago, Los Angeles, Berlin, Paris et Stockholm pour saisir ce langage des gestes et des attitudes. Il est donc transposé dans celui de la photo curieusement narrative. Chacun est amené à se demander "l'histoire" qui sous-tend les gestes de quidams indifférents à tous les autres. Cela semble le fruit des civilisations sans exclusivité mais  demanderait un approfondissement.

Jean-Paul Gavard-Perret

Allen Wheatcroft, "Body Language", texte de Jeff Mermelstein, ed. Damiani, 2020