gruyeresuisse

17/07/2020

Vincent Peters : la poésie qui dort en chaque image

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Le photographe allemand Vincent Peters est aujourd’hui l’un des photographes les plus renommés au monde. Très jeune, il a rejoint  New York afin de travailler comme assistant photographe puis a rejoint l’agence de Giovanni Testino où sa carrière a décollé avec des marques de luxe (Bottega Veneta, Hugo Boss, Emporium Armani et Lancôme) et des magazines comme GQ, Vogue et Esquire, Dazed, The Face. Pour un tel créateur ce qui compte reste la relation que tout artiste entretient avec le monde. Elle est plus importante que les compétences techniques et les appareils photos qui peuvent être choisis.

 

peters 2.jpgLe travail de Peters est exposé désormais un peu partout : Stockholm en 2019 et dans les prochains mois à  Milan, Saint-Pétersbourg, Venise et Berlin. Ses photos s'inspirent souvent d'ambiances cinématographiques : "NYC est pour moi French Connection ou Taxi Driver. Paris est À bout de souffle ou L’Ascenseur pour l’Échafaud" dit le créateur qui demeure peu sensible au "charme" de Berlin : "je ne trouve rien de poétique ou d’inspirant entre les bâtiments et les lieux en béton. C’est comme un gars battu avec un nez cassé qui était joli et qui est fatigué maintenant de ce qui lui est arrivé." ajoute-t-il.

 

peters 3.jpgPar sa façon de photograpier Monica Bellucci, Charlize Theron et Emma Watson à Alexander McQueen, John Malkovich et Michael Fassbender, Peters crée le monde qu'il aime voir et qui reste en relation avec la nostalgie . La magie de l'inconnu lutte ainsi contre le désenchantement, comme l'inconscient reste toujours à la rencontre de l’inconscient. Bref le photographe ne cherche pas à exhiber ses compétences techniques. Il tente toujours de réussir une image sincère, honnête et véridique à travers le portrait humain ou et plus récemment d’autres sujets dont les animaux; Dans tous les cas, actrices et acteurs, lionnes ou lions ou simplement des choses - par la lumière que Peters leur accorde confirment leur "signification" ou  changent complètement de "peau".

Jean-Paul Gavard-Perret

20/06/2020

Annie Leibovitz : éloge dela vie

Leibovitz.jpgAnnie Leibovitz pour sa nouvelle exposition  explore l’importance du sentiment d’appartenance au nom d'un humanisme qui s'oppose à tous les replis identitaires. Il comprend des images d’un projet réalisé par l’artiste avant la pandémie du coronavirus et des photographies récentes prises pendant le confinement. S'y mélangent portraits et photojournalisme avec humanisme et humour.

Leibovitz 2.jpgL'artiste explore en un premier pan des lieux habités par ses "modèles". N'y demeurent que des maisons vides, des paysages et des objets qui appartenaient aux disparus chéris.  Se découvrent les fleurs pressées de l’herbier d’Emily Dickinson, la surface usée du bureau de Virginia Woolf, des spécimensd'oiseaux préservés par Darwin, le squelette de serpent à sonnettes exposé sous verre sur sa table basse de la maison de O’Keeffe. Près de sa maison elle photographie aussi la petite colline rouge qui apparaissait si souvent comme un symbole monumental du sud-ouest américain dans ses peintures.

Leibo 3.jpgElle a photographié aussi pour ce projet les paysages de sa propre maison dans le nord de l’État de New York, où elle vécut le confinement. Tout cela donne un prolongement original à son oeuvre. Annie Leibovitz ne propose pas le théâtre du monde mais son double. A ce titre elle n’a cessé de répondre à l’injonction de Robert Bresson : "Emmenez moi loin de l’intelligence qui complique tout". Mais de fait son oeuvre reste un fantastique réveil pour l'esprit.

Jean-Paul Gavard-Perret

"Annie Leibovitz. Nature morte", Hauser & Wirth, New York, exposition en ligne, été 2020.

12/06/2020

Sabine Weiss : la Suisse et après

Weiss 2.jpgSabine Weiss a quitté très vite sa Suisse natale et Genève pour Paris. Elle y devient l’assistante du photographe allemand Willy Maywald spécialiste des clichés de mode et de portraits. Et après son mariage avec le peintre américain Hugh Weiss elle devient photographe indépendante et rencontre le milieu des artistes d’après-guerre.

Elle photographie beaucoup de créateurs qu'ils soient écrivains, plasticiens ou comédiens (cf son portrait délicieux d'Anna Karina). Elle connaît vite le succès et travaille jusqu'au début du XXIème siècle dans la presse illustrée internationale et aussi pour de nombreuses institutions et marques.

Weiss.jpgElle assure des reportages photographiques dans la mode, la publicité ainsi que des portraits de personnalités et des sujets de société.

Dans ses photographies se lient la présence et l’absence en un théâtre aussi brûlant que glacial. Il creuse le temps en tout sens. Il s’agit de montrer le monde en majesté comme en fantaisie. Et les portraits disent l’inconnu en leur sujet et par effet miroir l’inconnu en nous.

Jean-Paul Gavard-Perret.

Sabine Weiss, "Une vie de photographe", Le Kiosque - Espace Simone Veil, Vannes, du 18 juin au 6 septembre 2020.

Portraits d'Anna Karina et André Breton.