gruyeresuisse

30/07/2020

Gorêts aux mûres (Elles et l'huile)

Tristan 3.jpgDès qu'Artur mit l'heure sur ce K d'espèce, les frères dit humains firent à Miami moins en mémoire de Marylin que de son fort marri dont le col haut sale ne rendit pacifique que ça.

Tristan 2.jpgNéanmoins il sait combien ceux qui naissent café au lait en pâtissent non seulement depuis toujours mais Daisy hier. C'est pourquoi ils doivent crypter leur message en divers caches allo. Ils ne disent pas "un", mais - comme chez Peugeot - "Cinq sans quatre". Ce qui est un peu la même chose même pour un égaré des gares de criage comme pour certaine femmes - venues de Vichy après guerre - qui se retrouvèrent la Bourboule à zéro. Preuve que lorsqu'il y a des loups dans la ville ce sont toujours elles qui doivent dire aux Pat-ibulaires " Merci Garrett".

ristan 4.jpgMais - estiment certains teints de mille houx - comment parler au présent avec exactitude d’un événement passé ? On ne peut s'appuyer que sur une histoire formée bien plus tard. Elle se fonde sur l’oubli contre la mémoire. Elle dit non à la grâce, à toute forme de grâce.

Si bien que - telles des soeurs Anne - nous ne voyons jamais rien venir - même en cas de Covit. Chaque partage du monstre se fait dans un paquetage religieux. Il n’a pourtant rien d’une prière et ne possède pas la moindre once d'hermé deux tics. Il n'est qu'un lappe-suce d'élastiques règles monade-stiques.

Jean-Paul Gavard-Perret

(Photos de deux spectacles de Tristan Félix et une photo de l'artiste)

 

28/07/2020

La virgule

Muriel.jpgSouvent les amoureux sont plus des inséparables qu'hélix sires. Ils aiment se sentir liés au peu qu'il sont et s'y débattent non sans ambiguïté en préférant le réduit de leur cage à la coquille de la prétendue pureté. Contrairement à nous qui ne savons parler que par bâtons ces éclaireurs parleurs du vivant nous rendent notre tête et habitent le temps en semaines ceintes et que leurs Parques soient prenantes ou blêmes n'est pas leur problème. Chez eux l'un est père OK, l'autre mère courage, grosse et chahutée par une épave qui flotte encore mais ne peut promettre que peu. Il faut donc un Phoenix du haut des bois de leur lit car le ou suce-dit(e) est vite aux abois comme aux abonnés absent. Bref sans l'âme à tiers l'amour est soluble dans ses larmes.

Seule la triangulation adéquate permet au perruqué perroquet ou à sa partenaire, d'un père ou d'une mère siffler (si ce n'est lui ce peut être son frère ou sa soeur) afin d'agir en lieu et place afin de différencier l'amour du deuil ou de la mélancolie. Une élémentaire absence de vertu doit laisser espérer qu'un mâle au trou ou une mémélusine sorte son histoire d'amour de toute terreur mystique. Car ce qui nous habite n'a rien à voir avec un dieu sauf à penser qu'en volatile nous possèdions une spiritualité insectivore et noire d'y voir.

Certes, sortant d'une sexualité hermaphrodite et auto-suffisante, l'oiseau jaillit parfois de sa coquille pour passer du paroxysme de l’idéal à l’abîme des sens. Ses mots "Jacquot t'aime" deviennent son théorème mais ils sont vite pris pour un anathème dès que les effets se retirent ou qu'ils reculassent sans le moindre joint de culasse. Dès lors tout entêtement verbal devient divertissement moins pascalien que provisoire à qui ne peut honorer ce qui s'ébroue sous la phanère ou l'aigrette dans l'espoir d'une certaine brouette.

C'est rappeler aussi que bien des raies alitées font des succès damnés. Ils renvoient à deux chaos : celui de nos marais, celui des nos étendues continentales. A une virgule près, ils nous rappellent que sous effet d'un émoi langoureux et quel que soit notre sexe nous sommes "en territoire, conquis" mais jamais "en territoire conquis". A nous de faire avec. Accouchons de nos chimères.

Jean-Paul Gavard-Perret

(Sur un dessin de Tristan Félix)

26/07/2020

Jacques Saugy et Gérard Genoud : ce qui arrive

Saugy 3.pngLe photographe Jacques Saugy et l'auteur Gérard Genoud proposent  - après "dis-voir" où l'oeuvre à quatre mains et sa gestation étaient l'objet de mots "croisés" - une manière d'évaluer dans leur dialectique le passage de la Covid sur la ville de Genève. A l’artère du vide et de la déchirure ils opposent un double déroulé.

Saugy 2.pngGérard Genoud se met dans la peau d'une petite fille au prise avec un évènement qui la dépasse :  elle mais aussi ses parents et les autres. Elle est comme arrachée à son cours "naturel". Et tente d'y répondre. Sans comprendre de quelle peste il s'agit, elle tente de tenir seule tandis que ses parents doivent assurer le quotidien. D'une certaine façon la vie s'arrête. Les mots de la fillette l'expliquent comment tandis que Jacques Saugy montre ce qui se passe par le noir et le blanc dont le beau papier souligne la grisaille d'un moment où pourtant le soleil était au rendez-vous.

Saugy.pngMais tous les printemps ne se ressemblent pas. Et les mots qui soulignent à chaque page les clichés entrent en interaction pour marier l'émotion de l'enfant et ce que deviennent la ville et ses passants. Le cursus n'est plus une invitation au rêve pour le regardeur/lecteur. Une telle communauté souligne la solitude. Si on excepte les premières pages : elle est partout. Reste à attendre que cela finisse. Que le danger s'éloigne et que l'école reprenne avec ses sauts et gambades.

Jean-Paul Gavard-Perret

Jacques Saugy, Gérard Genoud, "Hop hop hop", Les Sales Editions, Genève, 2020.