gruyeresuisse

20/05/2018

Vinc : pop-art au carré

Vinc.jpgPatrie de l’abstraction avec Lausanne, Zurich a néanmoins toujours été intéressée par le Pop’art. Et c’est dans cette ville que le Genevois Vinc trouve une de ses bases. Il rejoint ainsi d’autres artistes suisses de la même mouvance tels que Susi et Ueli Berger, Fernando Bordoni, Carl Bucher, Emilienne Farny, Bendicht Fivian, Franz Gertsch. Mais se produit dans son œuvre un étrange jeu de « change ».

Vinc 2.jpgVinc reconstruit les modalités premières en une sorte de surcharge : il dédouble ou superpose des images originaires (en autres de Wharol) pour créer une nouvelle émergence du chaos à travers des agglutinements intempestifs, des textures et des sarabandes capables de réinterpréter le monde et un art désormais daté. Vinc 3.jpgDemeure une suite de discontinuités, d’éboulis, d’interférences. Codes et codex revisités prouvent que sous le pop-art demeurent des corpus à considérer autrement qu’à l’état de simples reliques. Les méduses de ce style, les Gorgones de Vinc les dévorent.

Jean-Paul Gavard-Perret

Vinc, Foxx Gallery, Zurich.

 

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19/05/2018

Laure Gonthier : le blanc est une couleur

laure gonthier 2.jpgLaure Gonthier, « Bye Bye LillieHöök », Kisssthedesign, Lausanne, mai 2018

Si l’œuvre est toute d’humilité par sa substance elle prend une puissance sidérante par ses métamorphoses en profondeur et silence. La presque absence des choses trouve un aspect doux et dur d’éternité qui passe. Tout se dissout pour que demeure un souffle mystérieux et lumineux. Une force avance contre les ombres crépusculaires et indigestes. Reste la hantise de fantômes dont l’aura crée un sentiment de prise presque tactile sur ce qui nous est le plus proche, le plus immédiat, le plus intime.

laure gonthier.jpgUne "voix" humaine semble animée d'une mémoire susceptible d'ouvrir sur le futur en recueillant le passé et ses états de vestiges mais loin de toute prostration pathologique. Ce que le blanc pourrait sembler neutraliser fixe et rive le regardeur.

laure Gonthier 3.jpgEtrange pouvoir d’une telle œuvre : elle n'explique ou n'éclaircit plus rien. Elle définit le « décor » et implique des attitudes dans une sorte d'épure en sourde intentionnalité. Reste le blanc. Un blanc didascalique que nous entendrions presque nous dire : "J'allume. C'est pas bon. J'éteins. Je recommence. C’est mieux ». Le tout au sein des potentialités dans tout un jeu de reconnaissance et de disjonction. N’est-ce pas une sorte d'image ou contre-image de l'autorité de l’art sur la réalité ?

Jean-Paul Gavard-Perret

18/05/2018

Joschua Brunn et les métamorphoses du quotidien

Brunn.jpgJoschua Brunn, « Hard Drive », coll. « Rats », Indiana, Vevey, du 9 juin au 12 aout 2018.

Né en Allemagne et installé à Paris, Joschua Brunn revient dans le canton de Vaud où il est devenu le designer et l’artiste qu’il est en passant par l’ECAL. Il y affina ses rapports en art, matière, humain et design avant de rejoindre les frères Bouroullec puis la réalisation du projet qui l’a fait reconnaître : « Petit Central » (lampe avec un socle de marbre et source de lumière rotative).

Brinn 2.pngJoschua Brunn propose un design inventif mais dont l’excentricité est toujours jugulée. Le créateur comprend les possibilités des matières et il joue avec les formes qu’elles peuvent induire. Il ne cherche jamais à parasiter la matière mais l’emporte vers une poésie que l’exposition du collectif « rats » mets en exergue.

Brunn 3.jpgDe tels projets fonctionnent comme des rébus dont l’errance (apparente) est toujours fondatrice et peut déboucher sur des applications pratiques. La créateur met à nu une certaine idée du design : il l’ouvre pour comprendre jusqu’au mécanisme de la perfection en ce qui tient toujours d’un défi. Et si de tels projets ne résolvent pas forcément des problèmes pratiques ils deviennent une aporie de l’art.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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