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05/03/2014

Elisabeth Beurret : alchimie de la nature, texture de l’image

 

 

 beurret.pngElisabteth Beurret, « Dracaena », Galerie Kaminska et Stocker, Yverdon, Mars-Avril 2014

 

 

 

 

 

Elisabeth Beurret est à la recherche d’une alchimie de la nature et du point de vue qu’on porte sur elle.  Ce qu’elle observe elle le transforme en une sorte de journal de bord  ponctuée de nombreuses étapes. A la fragilité du végétal et sa complexité (ici le dragonnier) l’artiste offre plus qu’un écrin. Par un composite de papier et d’image à travers des images numérisées  se trament des  calligraphies insolites et  sophistiquées. La Genevoise introduit en sa chambre des merveilles par une  matérialisation de la lumière dont l’effet de « neige»  provoque la présence  magique de la réalité. Elisabeth Beurret épure le grouillant afin d’inscrire des agencements structurés où l’extase est  « matérielle » et renvoie à un hellénisme en vertu d’une idée du beau, des matériaux et des formes.  Par le traitement du végétal l’artiste poétise le réel en une maïeutique particulière où l’expérience sensorielle liée à la trace est liée à sa matière.  Les célébrations « texturologiques » restent la manière de s’extraire du temporel et de l’anecdote sans rejoindre pour autant un monde d’universaux. L’artiste devient actrice des métamorphoses. Elles font que l’éphémère n’en finit pas de rejoindre une transcendance dans des lieux d’impénétrables proximités où la délicatesse reste toujours présente.

 

Jean-Paul Gavard-Perret.

 

 

 

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04/03/2014

Art & subjectivité à Lausanne : Eliane Gervasoni

 

 

Gervasoni 2.jpg« Mais de quelle réalité parlez-vous ? », Gasparelli Arte Contemporanea,  Bâtiment des Télégraphes, quartier du Flon de Lausanne,  du 26 au 30 mars 2014. (Francesco Bocchini, Giacinto Cerone, Morena Chiodi, Eliane Gervasoni, Federico Guerri, Thierry Kupferschmid, Angela Maltoni,  Mad Meg,  Mirco Tarsi, Verter Turroni, Mattia Vernocchi).

 

 

 

 

 

Onze artistes sélectionnés par la galerie italienne Gasparelli Arte Contemporanea offrent leur lecture de la réalité. La plupart n’ont jamais exposé en Suisse et s’interrogent par leurs travaux sur le concept d’objectivité. Un artiste tel que Mirco Tarsi part d’un détail répété pour explorer l’infiniment grand par l’infiniment petit. Verter Turroni décompose la réalité sous formes des simulacres. Mais de l’ensemble émergent surtout les lignes pures des volutes d’Eliane Gervasoni dont les dessins interrogent de manière pertinente la notion de perception.

 

 

 

Gervasoni Lausanne.jpgL’artiste crée l’espace le plus nu où la narration prend une dimension particulière puisque dégagée de tout anecdote. Elle invente des mutations et des alignements aussi rectilignes que souples dans la spatialisation rythmique. Eliane Gervasoni sait combien  le pouvoir du rythme est le fondement de tous les arts. La ligne, l’épure restent donc des éléments fondamentaux de séquençage. Ils déterminent des propositions poétiques afin de porter le vide à un niveau supérieur de plénitude par incidence de charges réciproques. Les lignes, plus que des délimitations d’espaces, deviennent les émergences du grand vide initial et final. Il cerne chaque dessin tandis que les incisions deviennent les sonorités visuels du poème plastique suspendu dans l’ouvert. Il participe du non lieu auquel l’artiste donne un espace paradoxal  afin qu’en surgisse la métaphore obsédante de l’existence.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

02/03/2014

Tobias Kaspar : la présence et son contraire

 

 

 

TobiasKaspar.jpgTobias Kaspar, Solo Show, Kunsthalle Saint Gall, du 26 avril au 21 » juillet 2014.

 

 

 

Tobias Kaspar cultive une froideur certaine dans un art qui oscille entre le concept et le quotidien. D’un medium à l’autre il avance en une approche au « Sentimental Style » pour reprendre un de ses titres ( dont il faut souvent  se méfier). Jouant des genres les uns contre les autres il provoque des confrontations où - il y a quelques années et par exemple - des photographies de caféiers étaient opposées à des recettes d'Espresso.  Jeu de signes et de mediums font de l’artiste un descendant de Kosuth mais un Kosuth  minimaliste et « clean » même s’il existe toujours dans les œuvres  de Kaspar un élément qui perturbe l’ordre établi d’un humour froid. Un mannequin de tailleur vient par exemple casser la lecture univoque d’une série de photos de sa présence intempestive. A la fois il n'y a rien de trop mais surgit un élément qui vient trouer ce rien jusqu’à flirter avec un certain pop-art revisité de manière froide et édulcorée. Sur la route de la dérision demeure une bifurcation vers le sérieux et la densité qui repassent de manière impeccable le néant. Par ce moyen Tobias Kaspar refuse d’accorder le moindre faux pli au monde là où s’éprouve le sentiment de moments de partage anonyme qui tordent le cou au cynisme. Il n’existe jamais chez l’artiste bâlois ce type de praline non comestible depuis que la subversion est devenue norme. A l’inverse de cette (im)posture l’artiste installé à Berlin rend hommage au monde au sein même de son opacité. Il tente de se et de nous en dégager dans des œuvres à la beauté dure, pénétrante et profonde.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

17:49 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)