gruyeresuisse

21/12/2018

uLes narrations érotiques de Dasha & Mari

Dasha & Mari.jpgVenues de l'Est, Dasha & Mari travaillent à Londres plus particulièrement dans le domaine de la mode. Mais chacune de leur photographie raconte une histoire voluptueuse. Les amours fugaces ou non se distillent sans distinction de genre. Bien des passages sont possibles même si les narrations demeurent en suspens.

 

Dasha & Mari 2.jpgLes corps gardent leur mystère, leurs désirs, leur attente. Ne restent souvent que le noir qui fascine et le blanc qui ne tue pas forcément. L’objectif de l’appareil ne saisit pas seulement des corps, mais la part de désir enfoui au plus intime de l’être. Demeurent la sensation qui perdure, l’énergie du mouvement - même s’il semble presque arrêté.

 

Dasha & Mari 3.jpgDans cette ménagerie de verre aux étreintes passagères les jumelles créent  un  monde empreint d'un sens de la cérémonie. Leurs belles de jour remontent du fond des nuits. Leurs corps se déplient en divers types «d’avancées». Il devient la présence silencieuse entre l’obscurité et la lumière, l'abandon et la retenue. L’unité de temps tient à l'instant de la prise. Le corps renaît de sa cendre neigeuse en ondes suspendues. Les oscillantes restent indestructibles dans le chaloupé d'une danse lascive.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

15:07 Publié dans Femmes, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

Jules Spinatsch : lenteur et vitesse

Spinatch.jpgJules Spinatsch, "Semiautomatic Photography 2003-2020", Centre de la Photographie de Genève, du 12 décembre 2018 au 2 février 2018.

Chez Spinatsch la photographie est un contour fermé mais qui s'ouvre à la puissannce d'imaginer. L'"actualisation" que propose chaque prise est une interprétation de l'espace entre forme et intensité mêlées l'une à l'autre. Résumons : l'artiste suisse configure des intensités et intensifie des "figures". Et dans chaque image se crée le fond d'une autre.

Spinatch 2.jpgLe cliché est une modalité pour donner présence à une absence qui se faufile partout : à l'endroit, à l'envers. Il met en contact divers modes de représentation par leurs bords. Tout circule dans des textures plus ou moins identiables et s'imageant autrement. L'image ne montre pas vraiment : elle sort d'elle et y retourne.

Spinatch 3.jpg

 

Spinatsch propose des modes possibles de sens dans une sorte de théêtre mouvant. L'image n'est plus substitut ou copie mais celle d'un sens à la fois comme absence et présence en des suites d'oscillations distinctives. Tout ne cesse par le proche et le lointain d'offrir une posture de l'incommunicable en différents types de renvois, diptyques, etc.. Si bien que, l'image donnée, il faut la réimaginer comme syncope et éclat de l'oscur arraché par une prise ou une levée. Bref  plutôt que déposer, elle reconfigure.

Jean-Paul Gavard-Perret

20/12/2018

Peter Knapp le sophiste amusé

Knapp.jpgLe portrait est un effet du langage et non de la psychologie. D'où l'intérêt de la sophistique iconique telle que Peter Knapp la crée. Sophistiquée, cette dernière est l'inverse de la rhétorique de l'image tels que les "grands" portraitistes américains de mode la pratiquent.

Knapp 2.jpg

 

 

Pour Knapp photographier est un acte, une action, presque une performance (même si seule l'image qui est retenue compte). Mais jusque dans ses photos de commandes, pour un tel créateur la photo n'est pas simple démonstration, désignation ou "remontrance".

 

Knapp 3.jpg

 

 

 

 

En ce sens le sophiste helvétique montre le langage . Face à lui le rhétotiqueur est un roi nu. C'est pourquoi Peter Knapp ne cesse même dans ses publicités d'indiquer "comment c'est fabriqué" au sein de ses angles narratifs. L'intéresse avant tout ce que Lacan nomme "varité" : vérité variée et parfois avariée afin que le dupée ne soit pas esclave de ce qui est montré.

Jean-Paul Gavard-Perret