gruyeresuisse

04/02/2017

Sherry Parker une chatte aux coussinets feutrés

 

Sherry Parker.jpgSherry Parker (qui a étudié à Lausanne) sort ses doux sarcasmes par ses collages. Cela évite aux mots de faire la morale. Pour autant l’artiste évite toute impasse sur la métaphore visuelle. Elle prouve que le destin et le défi des postmodernes restent de gratter la poussière des apparences. Elle reconstitue l’homo sapiens à partir de ses morsures. Elle ignore la mesure lorsqu’il s’agit d’évoquer l’existence mais elle montre tout autant à travers ses fresques ce qui fait tourner en bourrique. Pas question de caresser un blanc-seing ou de dormir sur la table de l’atelier.

 

Parker 2.jpgSherry Parker ne cesse de remettre le couvert dans ses narrations où un pigeon borde au besoin un lit à baldaquin. Qui sait si ne se trouvera pas une viole de gambe sous les sabots d’un cheval ? Bref la praticienne poursuit sa quête avec une finesse exquise. Elle fait penser à une chatte aux coussinets feutrés en perpétuelle action d’émerveillement en partant pourtant de ce qui ne prête pas à rire. La collagiste dédouble les caps de bonne espérance et fait jaillir d’un édredon une vois lactée : sa trainée de poudre éclatante s’étend sur des brassées de nuit. Manière d’essuyer les railleries et les « angelures » en négociant des mesures indicibles dans le moindre jardin de groseilles.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

"Stranger than fiction", Sebastopol Center Of Arts, Sebastopol (Californie, USA) du 4 janvier au 12 février 2017.

 

 

02/02/2017

L’Op et le Pop arts de Tinguely

 

Tinguely.jpgJean Tinguely, “Si c'est noir, je m'appelle Jean”, Istituto Svizzero, Milan, du 17 février au 22 mars 2017.

 

 

 

 

 

 

 

 

Tinguely 3.jpgL’exposition milanaise de l’Instituto Svizzero reprend le titre d’une des oeuvres de Jean Tinguely (1925-1991) pour célébrer les 25 ans de la mort du sculpteur suisse. Il allait autodétruire pour le régénérer son art comme il détruisit entre autre sa sculpture “Hommage à New York” prouvant que les rêves édénique étaient déjà dernière nous. Dans le même esprit et à Milan le mouvement s’installa et organisa afin de célébrer les 10 ans d’existence du Nouveau Réalisme avec feu d’artifices aussi scandaleux (vu la forme phallique de sa structure ) qu’exhubérant sur la Place du Dome. Il y avait là au côté de Tingely, Pierre Restany théoricien de fait du mouvement et des artistes tels que Arman, François Dufrêne, Raymond Hains, Yves Klein, Martial Raysse, Daniel Spoerri, Niki de Saint Phalle. Face à la foule et dans la capitale lombarde Tinguely fit exploser sa grande sculpture “La Vittoria” aux formes explicites et masculines.

Tinguely 2.pngL’exposition de l’Instituto Svizzero propose les documents et films relatifs à cet évènement. Elle revient aussi sur le rôle et le caractère extrêment populaire de l’homme et de l’oeuvre. Tinguely reste une référence majeure de l’art international et plusieurs générations de sculpteurs ne cessent de rappeler ce qu’il doive à l’iconoclaste machiniste et poète. L’art cinétique prit avec lui un nouveau départ. L’exposition explore comment l’oeuvre est entrée dans la mémoire collective par la remise en cause des symboles d’une société de consommation ivre alors de ses certitudes mais que dans son op et pop arts particuliers Tinguely remettait en question en ne se contentant pas d’un simple acte à la Duchamp.

Jean-Paul Gavard-Perret

16:21 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

31/01/2017

Nan Goldin : femmes au bord de la crise de nerfs


Goldin 3.jpgEn 700 diapositives de 1985 retravaillées 20 ans plus tard, Nan Goldin propose son installation la plus célèbre à New York. L’œuvre est une sorte de journal intimiste et libre où les femmes sont montrées sans fard dans leur quotidien parfois très rude (euphémisme). Goldin 4.jpg

L’ensemble est aussi critique, caustique que sourdement nostalgique. S’y retrouve le coup d’œil spontané et incisif de la photographe.

Goldin.jpg

 

L’artiste découpe sa vie  en thématiques accompagnées de diverses musiques. Détachées du discours féministe pur et dur les œuvres se rapprochent parfois d’une forme particulière de fantastique quotidien voire d’un certain grotesque aussi involontaire que programmé. Goldin 2.jpgLes failles du monde occidental sont mises en évidences. La femme n’est plus montrée comme sujet à fantasmes. Elle est « l’objet » mal mené des hommes et de leurs désirs prédateurs.
Jean-Paul Gavard-Perret

Nan Goldin, "The Ballad of Sexual Dependency", MOMA, New York, du 11 juin 2016 au 12 février 2017.

16:47 Publié dans Femmes, Images | Lien permanent | Commentaires (0)