gruyeresuisse

12/06/2013

Anne-France Abillon à la Chapelle Sainte-Anne d'Athis de l'Orne

Anne-France Abillon, « Tisseuse de monde », « Art et territoire », Chapelle Saint-Anne à Athis de l’Orne, du 1er juin au 1er septembre 2013.

Abillon 3.jpgA l’heure où les abbesses de la Chapelle Sainte Anne d’Athis de l’Orne dont le feu étouffe sous la bure se courbent  pour la prière puis se relèvent Anne-France Abillon découpe des ombres. Rien n’est vain à ses  racines du ciel. L’artistes invente des moirures sur un velours diaphane, solfie des torrents de pulpe par une structure végétale horizontale suspendue dans l'espace et des tirages photographiques sur papier japon de toiles d'araignées en nappe et vague.

Dans l'oratoire art et territoire copulent en un lit d’impatiences. Un ciel d’ogive fomente des songes d’alcôve. Mais l’artiste sait tout autant préserver des parcelles presque mystiques pour devenir l’architecte de nos paysages intérieurs. Certaines interrogations sur le paysage se noient dans les enlacements là où la plasticienne crée de vivants piliers du dévoilement.Parfois un oiseau sacré y vole à contre-ciel. Les images galopent au cœur de sa sève comme une gazelle vers un point d'eau.

En Suisse l’artiste se fait voleuse de fruits cachés, pille le jardin premier. Elle y crée des mantilles pour la nuit : ce sont autant des barques. Elles glissent, silencieuses, sur une eau qui remonte son courant. Et lorsqu’il pleut sur la chapelle se crée une chambre avec légende. Lilith ailée y serpente, s'abreuve à l'ambroisie où s' "oragent" des houles blanches en formes de nymphes . L’artiste les assemble comme une démiurge pour faire partager ses mirages.

Jean-Paul Gavard-Perret

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10/06/2013

Métamorphoses de Sandrine Pelletier : Aliens et paysages fantastiques

Pelletier 2.jpgInfatigable et insatiable travailleuse, une œuvre ou une série à peine terminée, Sandrine Pelletier pense déjà à celle qui va la suivre et de la surprendre. Ayant jamais perdu ses rêves d’enfants  l'artiste les réalise. Et elle poursuit à travers ses œuvres et leur matière une quête d’elle-même et du monde. Un monde et un soi non fixes et complexes.

Sandrine Pelletier est toujours à la recherche des traces qui mêlent dans le présent un passé nourricier et un futur insistant. Elles  sortent du plan en diverses matières pour devenir sculptures par démultiplication du phénomène créatif. Il ressemble à une vis sans fin. L’artiste y mène toujours plus loin  sa réflexion plastique.

Elle compose dans l’espace avec des matériaux tels que - par exemple - le verre. Elle traite en premier lieu  leur surface puis les intègre dans l’espace avant de revenir à nouveau à la surface. Comme le précise l’artiste : « je travaille ainsi en boucle, l’œuvre étant alors le résultat d’un processus circulaire, d’un retour incessant ».

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Il s’agit d’architecturer du ressenti avec l’espace et la matière au sein de  combinaisons d'iconographies populaires, fantastiques ou symboliques (le cheval par exemple) à laquelle la créatrice accorde de nouvelles connotations. Partant du réel l’imaginaire explose en délire et non sans humour - noir à tous les sens du terme - avec fantômes squelettiques ou fantastiques, « aliens » et autres figures plus ou moins diaboliques.

 

Par ces traces et ses volumes la Lausannoise cherche  une « surnature ». Elle joue  avec l’instabilité des états de la matière dont certaines statues de bitume sont l’exemple parfait. Formes et informes gardent partie liée. Archaïques en apparence de telles oeuvres ont à la fois d’avant et d’après monde à travers des états qu’on nommera «  passants». Ils témoignent d’une déliquescence et d’une sorte de ruine mais en les excédant et les magnifiant.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

NB l’artiste a exposé entre autres à la Galerie Rosa Turetsky, Genève à la Taché-Levy gallery, Bruxelles, à la galerie Pieceunic, Genève, à l’Espace Doll, Lausanne. Mais aussi à Kyoto, Los Angeles et Milan.

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Sandrine Pelletier : Entretien avec la Truite.

 

 

 

 

Pelletier.jpgInterview de Sandrine Pelletier par Jean-Paul Gavard-Perret, juin 2013

 

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?  Mes chats tonitruants

Que sont devenus vos rêves d’enfant ? Des projets en cours

A quoi avez-vous renoncé ?  A devenir danseuse 

D’où venez-vous ? D'un endroit simple et complexe.

Qu'avez-vous reçu en dot ? J'adore l'expression un peu datée de: "je suis vieille fille"...

Qu'avez vous dû "plaquer" pour votre travail ?  Le confort

Un petit plaisir - quotidien ou non ?  Me promener, manger, fumer, boire, rire de tout.

 

Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes ?   Mes branchies, pour pouvoir faire la truite.

 

Quelle fut l'image première qui esthétiquement vous  interpela ? 1.Un grand cendrier en cristal de Muran 2.le dos des coccinelles 3.Alice Cooper

Où travaillez vous et comment?  Lorsque j'en ai un, à mon atelier. Sinon, dans la nature et dans différents lieux d'exposition où je suis invitée.

J'aime travailler au sol/avec le sol et j'aime l'improvisation, surtout en extérieur.

 

Quelles musiques écoutez-vous en travaillant ?  Un panel large allant de l'EBM belge aux musiques traditionnelles arabes en passant par les bandes originales de film.

 

Quel est le livre que vous aimez relire ? Les Atlas

Quel film vous fait pleurer ? Antartica

Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez vous ?  Quelqu'un d'un peu plus âgé que moi

A qui n'avez-vous jamais osé écrire ?  Au passé composé

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?  L'Afrique

 

Quels sont les artistes dont vous vous sentez le plus proche ?  Eva Hesse, Jim Henson, Clarisse Tranchard

 

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?  Une perceuse et des fleurs.

Que défendez-vous ?  Les êtres sans défense. 

 

Que vous inspire la phrase de Lacan : "L'Amour c'est donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas" ? C'est le style de phrase reprise par un garçon avec qui on se sent mal à l'aise et que l'on a subitement envie de fuir.

Enfin que pensez-vous de celle de W. Allen : "La réponse est oui mais quelle était la question ?". Pardon?

 

 

Sandrine Pelletier a exposé  à la Galerie Rosa Turetsky, Genève à la Taché-Levy gallery, Bruxelles, à la galerie Pieceunic, Genève, à l’Espace Doll, Lausanne. Mais aussi à Kyoto, Los Angeles et Milan (entre autres).

 

 

 

 

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