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15/06/2015

Fragments de cérémonies secrètes : John Wesley

 

 

 

 

Wesley 2.pngNé en 1928 l'artiste new-yorkais John Wesley peut être classé sous le registre du pop-art. Le sien arpente l'Eros  en conformité avec le mouvement : formes simples et couleurs primaires gardent toute leur importance. La femme s'y fait pieuvre : elle capte le poisson du mâle pour l'engloutir dans sa caverne selon une thématique qui n'est pas sans rappeler l’art nippon de l’estampe. Mais il est traité de manière plus radicale et minimaliste. Nul ne sait si dans de telles scènes il existe des vainqueurs ou des vaincus.

 

Wesley.pngRestent seulement les participants d'un rituel dont John Wesley souligne les ressacs de jouissance cérémoniale. Demeurent des fragments de mêlées reptiliennes et de plaisirs dont l'artiste efface toute psychologisation. Les personnages semblent affranchis de toute convenance là où l'artiste reprend des archétypes visuels "à sa main". L'empreinte d'un sacré n'est pas absent d'escapades qui semblent intemporelles mais dont les syntaxes ne possèdent rien d'évanescentes au moment où les corps s'unissent en pénétrantes asymptotes.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

John Wesley, Œuvres sur papier, Galerie Marc Jancou, Zurich.

 

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13/06/2015

Barbara Cardinale et Sylvie Mermoud sur orbite

 

 

 

Mermoud bon.jpgBarbara Cardinale & Sylvie Mermoud, « Capsule périphérique », art&fiction, Lausanne,8 planches de tailles variables
sous emboîtage, CHF 135 / € 135

 

 

Capsule périphérique est constituée de huit planches de formats variables présentant des dessins (encre et transfert) de Barbara Cardinale et Sylvie Mermoud. Tout a commencé par une histoire de boîtes aux lettres : les deux artistes s’y passaient les dessins à compléter selon un jeu à quatre mains à la recherche d’images rémanentes et obsessionnelles qui rappellent de manière métaphorique la robe de la mélancolie de Dürer, ses plis dans les jeux de dévoilement. Les artistes entre complexité et légèreté  fondent une traversée. Arrimées à leurs propres ombres et ses lumières elles renversent le jeu classique de la représentation et de la construction. Discrètes elles pénètrent l’intime moins par effet d’évidence que de voile et d’aporie. Elles instaurent une communion à la fois lyrique et austère.

 

La canicule des émotions demeure calfeutrée au sein de nimbes et par la retenue de « narrations » ironiques.  La lumière semble parfois quitter la nuit et « sortir d’un cauchemar avec l’envie que la journée à venir soit belle » (S. Mermoud). Pour ce faire, les deux plasticiennes entrainent dans un monde chargé d’émotions qui matérialisent un processus de vie.  Du bord du Léman surgit donc une œuvre duale qui est tout sauf superficielle et qui n’a rien d’un passe-temps. Y transparaît une envie de se battre avec persévérance tout en laissant place à la disponibilité du regardeur. Le partage est donc le maître mot d’une œuvre où le désir de faire est bien supérieur à celui de se distinguer à coups d’« effets ».

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

12/06/2015

Brian Bowen Smith : Le festin nu

 

 

 

 Bowen Smith Brian.jpg

 

Brian Bowen Smith, « BLUE NUDES » ,  28 mai – 27 juin, De Re Gallery, Los Angeles.

 


 

Brian Bowen Smith par ses photographies rend le corps plus vivant. Plus vaste et mouvant d’instants en instants. L’éclair de l’orgasme est ébauché à travers  la marée de la présence d’étoiles de mer et de ciel. Nul ne sait alors la couleur que prendra la lumière.  Le corps s’étire, s’agite mollement en une suite de strip-teases qui sont autant de poèmes de moments délicieux. L’horloge féminine se fait sidérante et lunaire. Voire quelque peu et paradoxalement christique. Il devient donc un autel.  Une longue silhouette monte et descend entre les coupes claires ou sombres des photographies. Le ciel s’ouvre, la Terre se fend. Des secousses arrivent sur les lèvres. A travers le ventre, elles semblent parvenir du fond des temps ou des profondeurs d’abîme. Néanmoins le voyeur est à nouveau devant une vénus de Botticelli afin d’ajouter à sa fable celle des transgressions du photographe.  Sortie du désert du réel chacune de ses égeries est sur un piédestal. Elle accorde ses grâces selon les Assomptions que Brian Bowen Smith organise pour elle. Chacune est plus vénéneuse que naïve et sa nudité devient l’élégance  platonique suprême.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

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