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09/03/2014

Yves Netzhammer : impertinences de l’éphémère

 

 

 

Nethzammer.jpgYves Netzhammer : « Desiderata » (Aargauer Kunsthaus), « Projects » (Villa Rosenheim, Diesserhofen)

 

 

 

Yves Netzhammer vit à Zurich. Il travaille avec des images numériques sur les concepts de mémoire et de réalité par l’animation d'objets identifiables dans le monde réel afin de poser des questions fondamentales sur la condition humaine. Avec ses installations tout un processus  d’interaction pousse le spectateur à bouger et agir. Avec  «Meubles de Proportions» il est pris entre écrans, objets et murs où sont peintes des images. Il s’agit de se réapproprier de l’existence et de la relation au réel. Les notions de temps et de dimension sont métamorphosées : au participant de trouver son rythme sur ce pont entre réalité et imaginaire.

 

Sous la pluie d’images est proposé l’infini des combinaisons d’intrépides gerbes et des sommets infimes où la distance s’évanouit dans des lignes de lait gris ou des ondulations de crêtes. Le vidéaste fond au besoin le regardeur dans un savant cocktail de masculin et de féminin, il le glisse dans la fébrilité de cocons d’émotion d’instants particuliers.  Un gouffre lumineux sculpte l’épicentre d’une réalité saisie dans l’impertinence de l'éphémère par la magie de l’art vidéo. L’être s’envole au-delà du cercle du réel pour mieux le reprendre à son regard et à sa main.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

05/03/2014

Albertine et les fantômes

 

 

 

albertine bon 2.jpg

 

 

 

Albertine, « Mise enscène » du 15 mars au 5 avril, Atelier Galerie Maya Guidi, Carouge, « Lupanar », Editions Humus, Lausanne.

 

 

 

Dessiner sert à consoler de l’inutilité de l’image. Il suffit de s’accouder à une table puis de couler dans des exercices d’imbécilité afin de coudre l’endroit à l’envers comme  le fait Albertine dont l’œuvre est un délice - parfois tendre mais parfois sulfureux. Tout reste néanmoins sur le registre de l’humour et de le retenue : la nudité y est une chemise qu’on repasse (jusqu’à à ses poches secrètes) pour qu’on n’ait pas à regarder (pour les coincés) avec des pincettes ou en voyeur comme les ruminants regardent passer les trains d’enfer.

 

 

 

albertine 1.jpgChez Albertine le dessin fait et défait nos marionnettes et que le soleil hésite ou que le café se renverse importe peu. Nous sommes avec l’artiste de Dardagny des Jésus tombés de leur croix ou des Marie-Madeleine près aux derniers outrages. L’éternité se transforme en instant. C’est un spectacle qui ne cesse de se détruire en tant que spectacle. Il appelle le rideau. Mais il arrive qu’on y grimpe.  D’autant que l’artiste ne cesse d’habiller l’espoir  par ses strip-teases où des étoiles inattendues se voient là où s’ouvrent une grande verrière et une porte-jarretelle. On éprouve un vrai plaisir de sybarite à se laisser troubler par ce qui se passe plus à l’intérieur de l’image que par ce qu’offre hors champ le paysage.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

Elisabeth Beurret : alchimie de la nature, texture de l’image

 

 

 beurret.pngElisabteth Beurret, « Dracaena », Galerie Kaminska et Stocker, Yverdon, Mars-Avril 2014

 

 

 

 

 

Elisabeth Beurret est à la recherche d’une alchimie de la nature et du point de vue qu’on porte sur elle.  Ce qu’elle observe elle le transforme en une sorte de journal de bord  ponctuée de nombreuses étapes. A la fragilité du végétal et sa complexité (ici le dragonnier) l’artiste offre plus qu’un écrin. Par un composite de papier et d’image à travers des images numérisées  se trament des  calligraphies insolites et  sophistiquées. La Genevoise introduit en sa chambre des merveilles par une  matérialisation de la lumière dont l’effet de « neige»  provoque la présence  magique de la réalité. Elisabeth Beurret épure le grouillant afin d’inscrire des agencements structurés où l’extase est  « matérielle » et renvoie à un hellénisme en vertu d’une idée du beau, des matériaux et des formes.  Par le traitement du végétal l’artiste poétise le réel en une maïeutique particulière où l’expérience sensorielle liée à la trace est liée à sa matière.  Les célébrations « texturologiques » restent la manière de s’extraire du temporel et de l’anecdote sans rejoindre pour autant un monde d’universaux. L’artiste devient actrice des métamorphoses. Elles font que l’éphémère n’en finit pas de rejoindre une transcendance dans des lieux d’impénétrables proximités où la délicatesse reste toujours présente.

 

Jean-Paul Gavard-Perret.

 

 

 

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09:04 Publié dans Femmes, Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)