gruyeresuisse

02/02/2017

L’Op et le Pop arts de Tinguely

 

Tinguely.jpgJean Tinguely, “Si c'est noir, je m'appelle Jean”, Istituto Svizzero, Milan, du 17 février au 22 mars 2017.

 

 

 

 

 

 

 

 

Tinguely 3.jpgL’exposition milanaise de l’Instituto Svizzero reprend le titre d’une des oeuvres de Jean Tinguely (1925-1991) pour célébrer les 25 ans de la mort du sculpteur suisse. Il allait autodétruire pour le régénérer son art comme il détruisit entre autre sa sculpture “Hommage à New York” prouvant que les rêves édénique étaient déjà dernière nous. Dans le même esprit et à Milan le mouvement s’installa et organisa afin de célébrer les 10 ans d’existence du Nouveau Réalisme avec feu d’artifices aussi scandaleux (vu la forme phallique de sa structure ) qu’exhubérant sur la Place du Dome. Il y avait là au côté de Tingely, Pierre Restany théoricien de fait du mouvement et des artistes tels que Arman, François Dufrêne, Raymond Hains, Yves Klein, Martial Raysse, Daniel Spoerri, Niki de Saint Phalle. Face à la foule et dans la capitale lombarde Tinguely fit exploser sa grande sculpture “La Vittoria” aux formes explicites et masculines.

Tinguely 2.pngL’exposition de l’Instituto Svizzero propose les documents et films relatifs à cet évènement. Elle revient aussi sur le rôle et le caractère extrêment populaire de l’homme et de l’oeuvre. Tinguely reste une référence majeure de l’art international et plusieurs générations de sculpteurs ne cessent de rappeler ce qu’il doive à l’iconoclaste machiniste et poète. L’art cinétique prit avec lui un nouveau départ. L’exposition explore comment l’oeuvre est entrée dans la mémoire collective par la remise en cause des symboles d’une société de consommation ivre alors de ses certitudes mais que dans son op et pop arts particuliers Tinguely remettait en question en ne se contentant pas d’un simple acte à la Duchamp.

Jean-Paul Gavard-Perret

16:21 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

31/01/2017

Nan Goldin : femmes au bord de la crise de nerfs


Goldin 3.jpgEn 700 diapositives de 1985 retravaillées 20 ans plus tard, Nan Goldin propose son installation la plus célèbre à New York. L’œuvre est une sorte de journal intimiste et libre où les femmes sont montrées sans fard dans leur quotidien parfois très rude (euphémisme). Goldin 4.jpg

L’ensemble est aussi critique, caustique que sourdement nostalgique. S’y retrouve le coup d’œil spontané et incisif de la photographe.

Goldin.jpg

 

L’artiste découpe sa vie  en thématiques accompagnées de diverses musiques. Détachées du discours féministe pur et dur les œuvres se rapprochent parfois d’une forme particulière de fantastique quotidien voire d’un certain grotesque aussi involontaire que programmé. Goldin 2.jpgLes failles du monde occidental sont mises en évidences. La femme n’est plus montrée comme sujet à fantasmes. Elle est « l’objet » mal mené des hommes et de leurs désirs prédateurs.
Jean-Paul Gavard-Perret

Nan Goldin, "The Ballad of Sexual Dependency", MOMA, New York, du 11 juin 2016 au 12 février 2017.

16:47 Publié dans Femmes, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

Cosey prince d’Angoulême

 

Cosey 2.pngEn concurrence avec Chris Ware et Manu Larcenet lors de la lutte finale, le Lausannois Cosey a obtenu le Grand Prix du Festival de la B.D. d’Angoulême. Celui qui dessine comme nul autre les montagnes en cultivant un style minimaliste reste un créateur majeur de son art grâce à la célèbre saga Jonathan et son héros amnésique. Commencée en 1975 elle se poursuit de manière temporelle aléatoire et compte aujourd’hui 16 albums dont « Celle qui fut ».

Cosey.jpgLe succès de cette série lui a offert une indépendance et la liberté créatrice. Il est passé maître dans l’art de visualiser le vide. Et quoique maître absolu de la couleur il s’apprête à créer une B.D. où le noir et blanc seront traités comme des couleurs plus que pour des effets d’ombres et de lumière. Cosey 4.pngGrâce à Glénat il a pu réaliser un rêve : écrire et dessiner une aventure inédite de Mickey validée par la direction des studios Walt Disney. Partant comme toujours de documents (dans ce cas les premières bandes de son héros) il a imaginé avec « Une mystérieuse mélodie » la rencontre entre Mickey et Minnie conformément aux histoires premières où ils ne se quittaient pas.

Cosey 3.pngSa capacité à dessiner les grands espaces de montagne (on connaît son goût pour ses Alpes comme pour le Tibet) Cosey est un visionnaire mystique. Il sait produire une approche psychologique chez ses personnages : quelques traits suffisent pour souligner l’amour de l’autre ou une quête spirituelle toujours teintée de mélancolie. Tintin (au Tibet) n’est plus ici : néanmoins il n’est pas loin.

Jean-Paul Gavard-Perret