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02/11/2017

Entre l’avant et l’après : Mathis Gasser

Gasser3.pngMathis Gasser, Le musée et la planète », Centre Culturel Suisse de Paris, 28 octobre-17décembre2017.

Mathis Gasser collectionne, agence, colle ou reproduit des images de toutes sortes et de tous genres, provenant des sources les plus diverses dont celles du web. Mixant dans une dé-hiérarchisation, art, architecture, musée ; cinéma, séries télévisées, jeux vidéo, BD, il mélange et superpose des images. D’une part celles de vieux navires, de vaisseaux spatiaux ou des motifs issus de l’univers SF et de l’autre, des salles du siège des Nations Unies à New York et des musées d’art à travers le monde.

Gasser.jpgCes percussions nourrissent des réflexions sur les inspirations réciproques entre la science-fiction, le design « spéculatif » et l’architecture des institutions. La fiction alimente la réalité autant que la réalité alimente la fiction. Le tout dans une pratique de l’écho qui tient du cut-up et du sampling, de la citation par un point de vue critique sur les dérives du monde contemporain.

Gasser2.jpgLa science-fiction tient un rôle clé par son ironie et sa froideur mais annonce aussi la folie des avancées technologiques qui remettent en question la destinée de l'humanité là où les vaisseaux et les structures architecturales SF et celles qui incarnent le pouvoir (politique et artistique) sont récurrents en un jeu de l'avant et de l'après. Là où tout compte fait ne reste qu’un chaos.

Jean-Paul Gavard-Perret

31/10/2017

Peter Knapp : ivresse cinétique et chorégraphique

Knapp.jpgEn 1966 Peter Knapp abandonne définitivement la peinture pour la photographie. Elle répond bien mieux à ses intensions. Mais son aventure avec le médium commence avec Hélène Lazareff dès 1959. La directrice de presse reprend le nouveau magazine « Femina ». Elle offre à l’artiste la direction artistique de ce qui devient « Elle ». Mais le Suisse reste familier d’autres publications ("Stern", "Sunday Times", "Vogue") où il publie aussi ses photo de mode avec succès avant d’aborder le cinéma et la télévision puis de revenir à la photographie en plasticien pour Peter Klasen, Andy Warhol et Robert Rauschenberg au sein de l'exposition «les peintres photographes» d'Arles.

Knapp 2.png

 

Soutenu par Pierre Restany, il est l'un des premiers artistes à exposer des photographies en couleurs et de grande taille dans les galeries. Son style se caractérise par une grande rigueur graphique dans l’esprit du Bauhaus hérité de ses études d’art à Zurich. Les formes à la fois se cristallisent et se dénouent pour donner une intensité picturale et vitale aux images. Knapp ne cesse de les défaire et de les recomposer.

 

 

Knapp 3.pngLa ligne et le géométrisme restent majeurs dans ses structures plastiques. Et il aime parler de son médium sous l’acception « Photo & Graphique ». Toujours à la recherche de la simplification il édulcore astucieusement le volume et la perspective. A la recherche du moindre ses photographies noir et blanc pour Courrèges comme ses scénographies colorées pour Montana demeurent des musts qu’une telle exposition remet à l’honneur. Knapp a ouvert bien des chemins là où les modèles semblent perdre pied et lâcher prise dan une féerie jubilatoire.

Jean-Paul Gavard-Perret

Peter Knapp, "Quand la photographie de mode devient Art", Galerie Berthet-Aittouarès, 2 au 19 novembre 2017.

Feng Li : de jour comme de nuit

Fengli2.jpg"White Night" (Nuit blanche) est un ensemble de photos prises à la dérobé par Feng Li dans sa ville natale Chengdu. Arpenteur de l’asphalte l’artiste saisit au débotté tout ce qui lui paraît insolite. La dérive urbaine devient un magasin de l’étrange – du désopilant à une certaine horreur.

 

Des silhouettes (mannequins, vieillards, jeunes femmes, etc.) ne demeurent que des fragments : un dos, une jambe. Voire parfois un cadavre canin.

 

 

 

Fengli.jpgLes couleurs vives n’empêchent en rien la montée d’une atmosphère éloignée du rêve chinois tel que ses dirigeants le chantent.

 

Feng Li est plutôt du genre enchanteur pourrissant là où la lumière et l’obscur se confondent. L’artiste ne cherche pas la destruction de l’une par l’autre. Dans son aspect spectaculaire le monde reste néanmoins tel qu’il est loin des mythologies officielles. Ne demeure ici que leur gouffre glacé. L’indécence n’est pas celle des photos mais de la réalité. Le photographe, en se marche forcée, montre l’envers du décor entre dérision et empathie pour ceux qu'il saisit.

Jean-Paul Gavard-Perret

Feng Li, "White Night", Editions Jiazazhi Press, 2017, $50

09:20 Publié dans Culture, Images | Lien permanent | Commentaires (0)