gruyeresuisse

13/12/2016

Vika Struk : nouvelles donnes

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Vika Struk a déjà assimilé l’histoire de l’art et de la photographie qui est devenue son medium. Elle ne cesse d’en proposer diverses versions dans une esthétique plurielle mais néanmoins toujours reconnaissable.

 

 

 

 

 

 

 

 

Hyper douée elle peut jouer sur divers « angles » de vue. Le réel est là, mais il est tout autant repris, corrigé, découpé, révisé de trames. Struk 5.jpgParfois l’artiste appuie sur un effet de suggestion provocante, parfois elle cultive le retrait à la recherche non du réel mais d’un pur langage.

 

 

 

Le plus souvent elle s'intéresse à ce qui brûle l'apparence pour ne retenir que des épures ou fragments souvent ironiques par ses interventions intempestives.

 

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Des rondeurs s'enveloppent les unes dans les autres selon un géométrisme astucieux. Vika Struk projette la photographie vers une autre voie en l'excluant de la représentation de la nature ou de la réalité afin de créer d’estimables quintessences qui rappellent parfois l’art de Mondrian, Lissitzky, Moholy-Nagy et qui transforme l’art du portrait en une crise de la figuration tout comme vers la recherche d’une intimité. Vika Struk.pngExiste aussi une ouverture là où parfois les personnages sont renvoyés à une solitude irrévocable ou au secret de leur identité verrouillée.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vika Struk, exposition Corridor Elephant, Paris, décembre 2016.

 

12/12/2016

L’ogresse au poil : Claudie Dadu

Dadu.pngPour beaucoup Claudie Dadu est la femme à barbe. Ce qui n’enlève en rien sa féminité lorsqu’elle arpente les vernissages armée de son colifichet constitué de sa longue chevelure ramenée sur visage. Mais l’artiste est surtout spécialiste du dessin à main levé effectué d’un seul trait d’où saillissent souvent des gros plans érotiques.

Dadu 2.pngMétaphore agissante du cheveu, le trait permet de faire des œuvres « à et au poil ». Derrière le fond esthétique s’inscrit une littéralité brute de décoffrage non sans portée burlesque, baroque et fantastique où la « vanité » est parfois suggérée. Dès lors le dessin érotique s’éloigne des images bestiales, oblitère les frontières entre les êtres, libère un inconscient où la gargouille comme le graffiti n’est jamais loin.

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Les catégories habituelles perdent leur sens et le genre lui-même se défait pour jeter un trouble singulier dans les représentations duales du monde. La situation de la femme est suggérée de manière indirecte entre pudeur et impudeur, toujours avec légèreté. Chaque dessin demeure éthéré et ne tient qu’à son fil. Dadu 3.jpgLe contour déleste le propos d’une charge trop libidinale. L’artiste n’en préserve que la volupté. Se dénude l’altérité d’un soleil noir, d’une lune blanche en des cérémonies dont ne sera connue que la lisière. Nul ne pourra dire quel voyou des barrières caresse un sein mais la beauté diaphane est au rendez-vous.

Jean-Paul Gavard-Perret

www.Dadu.fr

Ben et la « haute » couture


Ben.jpgTrouvant pour l'aider une merveilleuse couturière juste à côté de chez son coiffeur (qui pour l'occasion teindra les cheveux de l'artiste en bleu - ce qui est une faute de goût) Ben Vautier va "écrire" la vérité sur les robes en en créant 35 pour un défilé. A quelques jours de l’évènement il lui reste à trouver des mannequins (cela ne devrait pas poser de problèmes) et la musique (idem – mais Arnaud Maguet a déjà été contacté pour de travail). L'artiste est d'ailleurs confiant : "Lagerfeld et Saint. Laurent n'ont qu'à bien se tenir" et il a téléphoné à Junko pour qu'elle lui prête deux robes afin de parachever sa monstration. Celle-ci ressemblera à n'en pas douter à celles qu'il aime regarder à la télévision. Il pourra ensuite aller manger les pâtes fines à l’huile et à l'ail.

Celui qui vient d'exposer dix portes chaussettes en fer pousse un peu plus loin son travail de modéliste pour femmes molles ou dures en un défilé qui pourrait bien représenter une séance sado maso. Et l'artiste pour justifier sa nouvelle avancée de citer Daniel Spoerri : « s’il n'y avait pas les escrocs en art on ne vendrait presque rien ». Preuve que pour Ben la culture est un "foutoir" et que "l’Art conclut aujourd’hui que l’histoire n’as plus de sens". Il est vrai que Ben depuis qu'il a quitté sa Suisse natale éprouve parfois de tels prurits. Dans le marigot des plasticiens, il se sent grenouille qui croasse « et moi et moi et moi » tout en se moquant autant de son propre égo que de l’art. Bref il poursuit à sa main - désormais de cousette même s’il n’ jamais enfilé une aiguille anorexique - ses songes en s’entourant d’égéries de Renoir ou de Mayol pour son nouveau travail.

Jean-Paul Gavard-Perret

Ben , « Collection de robes crées par l’artiste Ben », Défilé de mode à Montélimar, Musée d’Art Contemporain et château d’Adhémar, le 17 décembre 2017.