gruyeresuisse

11/05/2016

Nathalie Tacheau : Vénus et hors venus


Tacheau3.jpgLes « personnages » de Nathalie Tacheau nagent dans l’immobile, se vivent en fantômes emportés par les vagues des dessins. Ils sont autant de surprises. Le hors venus et les Vénus y vaquent loin de leurs repères, se trans-figurent, prennent un nouveau départ. Les spéculations sur la notion de figuration se perdent en conjectures au sein de grilles où, souvent, la bête ricane. Mais les animaux machines et les taches qui pensaient ne pas en sortir retrouvent la sortie.

Tacheau.jpgL’artiste varie les plaisirs à coup d’attentats imaginaires et de conspirations angéliques ou démoniaques sous le sceau de stratégies plastiques. S’y mêlent l’abstraction et la figuration. Tout est présent : mais dans une crise de solipsisme. Les présences quittent une partie de leur référence. Haut les taches pour la « déficeleuse » émérite. L’humain est admis par d’autres voies que celles du peu qu’il est.

Tacheau2.jpgExit la routine graphique : il s’agit de s’introduire dans la nébuleuse de songes mouvementés que l’artiste s’efforce de ranimer. Si bien que même le hors venus n’en revient pas : cela touche à notre plaisir comme à notre peur. Le mystère s’épaissit. L’image se libère de ses filets.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Nathalie Tacheau, Eponyme, LitteratureMineure, Rouen, 2016

10:09 Publié dans Femmes, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

10/05/2016

Pascal Berthoud : surimpression, images mentales

 


Berthoud.jpgPascal Berthoud, « Sail me on a magic river », Galerie Elizabeth couturier, Lyon, du 26 mai au 25 juin 2016

 

 

 

 

 

Berthoud 3.jpgCharnelles au plus haut point mais tout autant mystiques les œuvres du Genevois Pascal Berthoud permettent de faire miroiter la possibilité, de trouver sinon une île du moins une réponse (ni univoque, ni définitive) à la question du sens et ce qu’elle cache. L’artiste en sait probablement un maximum sur la question mais il fait une certaine impasse sur ses propres joies, peines, repères et préfère proposer un réservoir d’approches intempestives à coup d’images mentales.

 

 

 

Berthoud 2.jpgPascal Berthoud rappelle que la peinture est la recherche d’un nouveau langage qu’aucun grammairien de l’image n’a encore fixé. L’artiste montre comment la langue plastique peut détrôner les images clichés et les métaphores décolorées. Le créateur acidule l’émotion et brouille les grilles d’interprétation. Par rapport aux modalités traditionnelles de l’art, Pascal Berthoud contribue de manière déterminante au développement de la recherche d’un langage pluri-expressif dans un mouvement dialectique dont la peinture est la caisse de résonance. La culture populaire et l’expérimentation s’y croisent. Elles donnent lieu à des hybridations pour le moins étonnantes dans le tangage et certains excès capables de produire une unité et une dissémination.

Jean-Paul Gavard-Perret

09/05/2016

Femmes, fleurs et moteurs : Nick Knight


Knight 3.jpgNick Knight, Christophe Guye Galerie, Dufourstrasse , Zurich, 7 avril au 4 juin 2016

 

 

 

 

 


Knight.jpgMaître de la délicatesse raffinée (cf. l’effigie en porcelaine de Kate Moss), Nick Night remodèle sans cesse la beauté classique tout en cultivant un glamour qui ne recèle rien de mièvre. Les femmes, les fleurs et jusqu’aux motocyclettes prennent un caractère particulier entre chorégraphie diaphane et dynamisme.

Knight 2.jpgLe projet n’a donc rien d’une simple traversée à la mode et uniquement pour elle. C’est même le contraire. L’artiste semble témoigner de la beauté avec en filigrane l’injonction de ne pas y toucher. L’enchantement est donc là mais pour rappeler son aspect toujours provisoire. La sidération et la "désidération" se créent rose sur blanc avant de disparaître. Nick Knight le retient dans un montage aussi simple que sophistiqué.

Jean-Paul Gavard-Perret

11:33 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)