gruyeresuisse

10/06/2016

Thomas Adank : farces et attrapes

 

Adank.jpgThomas Adank, « Merimat », Collectif « Rats », Les Mouettes, Place de l’Ancien Port, Vevey, 11 juin – 10 juillet 2016.

 

Souvent l’univers de Thomas Adank semble hors réalité – ou presque. L’artiste se joue du paradoxe. Son univers semble froid et inhumain mais riche pourtant d’émotions et de bribes de réel. L’homme semble avoir disparu mais en des cadrages minutieux et une recherche subtile de la lumière, Adank invente des architectures flottantes et poétiques. Il prouve que l’art ignore le chaos même s’il le jouxte. Le monde devient une abstraction parce qu'il est inséparable de ce que Deleuze nomma "le crible" qui en fait sortir quelque chose.

Adank 2.jpg

 

 

Une construction (au besoin déconstruite) devient l’épreuve d’une singularité que l’artiste se plait, en d’autres approches, à « dévoyer » à travers un réalisme décalé et plein d’humour. L'art s’érige en une machine sinon contre la nature du moins contre les images « socialisantes » pour le plaisir là où la distorsion devient le discours plastique de la méthode.

Jean-Paul Gavard-Perret

13:41 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

09/06/2016

Anna Leibovitz : femmes d’aujourd’hui

AAALeibo good.jpgAnna Leibovitz, « Women », Cheung Hing Industrial Building, in Kennedy Town, Hong Kong. Juillet 2016, sous l’égide de l’UBS.

 

 

 

AAAAleibo good2.jpgAvec “Women”, Anna Leibovitz présente une série de femmes influentes : de la Reine d’Angleterre à Yoko Ono en passant par l’activiste pakistanaise Malala Yousafzai, la danseuse de l’American Ballet Theatre Misty Copeland, la comédienne Amy Schumer, la tenniswoman Serena Williams et jusqu’à la trans-genre Caitlyn Jenner. Cette exposition permet de présenter - sous l’égide de l’UBS qui a commissionné les nouveaux projets de l’artiste - les changements du rôle des femmes dans le monde d’aujourd’hui.


AAALeibogood 3.jpgDe telles oeuvres ne sont donc pas la récollection du souvenir. Et si l’artiste ramène au jour l’enfoui, c’est à l’aune du temps présent. Différents degrés de lumière glissent et jouent par effet de dynamiques et de tensions. Voir reste une activité en devenir parce que l'œuvre elle-même est une activité comparable. Anna Leibovitz saisit sous le frémissement du passage l’avènement d’une rencontre dans le lieu où la genèse de la forme devient indissociable de celle de son espace. Le tout en un hommage « féministe » multipartitas.


Jean-Paul Gavard-Perret

 

14:30 Publié dans Femmes, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

08/06/2016

Smith Smith : le genre bleu de l’humain

 

 

Smith 4.jpgSmith Smith propose chez "Litterature Mineure" un projet inédit et encore non présenté au public. Il s’agit d’une suite d’œuvres en un mix de technique composé de peinture acrylique, d'encres, de vin rouge, de café (et de quelques) collage. L’ensemble crée un univers ludique, hors genre et ouaté. Bref, comme le résume l’artiste, « Une sorte de Monde où tout irait bien, tout serait en place, alors que tout n'est que force cosmique gigantesque millénaire ». Cette dernière n’écrase pas l’individu elle souligne ses joies de l’ "enfermement" en l’ailleurs par phénomènes d’hybridations où l’espace mélange terrain de jeu, asile de fou et Babel-Babylone.

 

 

 

 

 

Smith.jpgL’expérimentation de l’imaginaire est jubilante. Ceux qui pourrait faire penser d’abord à des victimes ou des bourreaux deviennent de fait les primitifs du futur, de petits hommes bleus (en rien schtroumpfs ou avatars à la James Cameron). Ils sont des angles d’attaque et de pensée afin d’envisager la sur-vivance. La fiction plastique quitte l’apocalypse pour l’Eden.

En proposant un monde qui n’existe pas, Smith Smith fait clignoter dans les cases et caves du cerveau des lumières intempestives. Par ses visions il détruit les cartes « Cumulus » des Migros de la pensée. Surgissent des considérations de derrière bien des fagots et de nombreux fourrées. Le jeu en vaut la chandelle s’y éprouve l’amour de la vie et l’intelligence de l’art. Celui-ci devient la manière de penser matériellement en habitant le bas-de-casse, en occupant le monde d’en bas, pour glisser jusqu’en haut, avec les mains qui doivent travailler et ne pas lâcher prise. Manière de prouver que face une philosophie qui pense toujours trop tard s’élève un genre bleu de l’humain. Au lecteur de voir si ce bleu est une couleur.

Jean-Paul Gavard-Perret


Smith Smith, Les Mondes Parallèles ; Edition LitteratureMineure, Rouen

14:23 Publié dans Fiction, Images | Lien permanent | Commentaires (0)