gruyeresuisse

29/04/2021

Odyssée de l'espace : "Comment quitter la terre?"

Espace.jpgJill Gasparina et Christophe Kihm, "Comment quitter la terre?", Live in Your Head, Genève, du 1er avril au 8 mai 2021
 
 
Sous le commissariat de Jill Gasparina et Christophe Kihm  et à partir d’une LabZone menée au cours de l’année 2019-2020 dans le work.master, l'exposition gravite autour de deux ensembles liés à l’extraterrestre. D'une part  l’habitat spatial, ses formes matérielles et ses formes de vies. De l'autre la circulation des images : celles du spatial dans la culture pop (scientifiques ou non) et celles de la culture pop dans l’espace (images embarquées lors de vols ou de séjours extraterrestres).
 
Espace 2.jpgL’exposition réunit des productions des étudiant(e)s, réalisées à partir de réflexions collectives avec Julie Bellard, Grégory Bourrilly, William Fernandes, Roger Gaillard, Eliott Waldis et ayant émergé avant, pendant et après la période de confinement, ainsi que des œuvres d’artistes.  Celles de Julie Bellard, Grégory Bourrilly, Bertrand Dezoteux, William Fernandes, Roger Gaillard, Charlie Malgat, Eliott Waldis.
 
Espace 3.jpgSe découvrent des analogies entre espaces et habitats terrestres et extraterrestres, des modèles réduits et répliques, ainsi que des parallèles entre la vie confinée sur terre et dans l’espace,  de même que discours scientifique et discours marchand. cette exposition constitue également un espace de jeu avec les méthodes et les objets mobilisés au sein du programme de recherche « Habiter l’espace extraterrestre » (projet FNS), mené à la HEAD-Genève en partenariat avec l’Observatoire de l’Espace (CNES, Paris).
 
Jean-Paul Gavard-Perret

Carbonara - Philippe Favier

Favier.jpgPhilippe Favier, "Carbones", Wilde, Genève, du 6 mai au 26 juin 2021.

Cette exposition fait suite à celle chez Bernard Chauveau de Paris où Philippe Favier  présenta en 2019  un ensemble de dessins inédits réalisés au papier carbone. Cette série marque un tournant important dans sa pratique avec un retour à la ligne et au dessin. 

Favier 2.jpgL'ensemble permet à l’artiste une remise à plat de son style et de sa pratique afin de créer des formes épurées. Le papier carbone permet – plus que tout autre procédé - de travailler en aveugle, de dessiner sans savoir ce qui est produit.  Seul le poids de la main, son geste laconique ou ample proposent des dérives que l’artiste doit intégrer en jouant avec à la fois pour mieux réapprendre son art tout en se laissant surprendre par ce qui advient.

Favier 3.jpgChaque intervention, chaque "épreuve" deviennent à la fois une aventure et une reprise en main non seulement du  travail de l'artiste mais de lui-même. Par exemple "La ligne d’horizon de 315 Route de Peyrus" réalisée au carbone fut tirée à 8 exemplaires sur un papier Canson 310 g est augmentée par la suite sur chaque exemplaire de dessins ou de fils.  Cela constitue une suite d'interventions uniques de l’artiste sur l’endroit  même d’un travail en occultation. Par un tel processus  iconographique loin de toute rhétorique  les oeuvres deviennent de surprenantes "épiphanies" noires. Elles visent à casser les schèmes de la perception et non à satisfaire une quelconque satisfaction pulsionnelle. Et ce pour la gestation d'un trouble austère et fascinant.

Jean-Paul Gavard-Perret

28/04/2021

Alain Daussin : portraits de femmes

Daussin.jpgAlain Daussin, Galerie Krisal, Carouge-Genève.
 
 
Si le corps féminin ne prend part qu'au déséquilibre, le photographe accorde à sa façon de le saisir une belle harmonie. Si bien que ses photos gardent un charme particulier. Les formes s’envolent sous feulements qu'indiquent le jeu des courbes et des lumières.
 
Daussin 3.jpg
 
Chaque égérie avance avec un port de reine et cultive sinon une indifférence du moins une certaine froideur. Adossées en divers lieux, connues et inconnues deviennent plus stars italiennes qu'hollywoodiennes.
 
 
Ces égéries deviennent des icônes.  Et qu'importe ceux qui parlent dans leur dos : lorsqu'elles se retournent leurs yeux les assassinent.  
 
 
 
 
Daussin 2.jpgLe corps en représentation devient le sujet sublimé moins de la tentation que de la reconnaissance. C’est pourquoi de telles prises sont des appels avant que d’être des pièges à fantasmes. Le tout en un jeu de vérité et de leurre. Existent une langue iconographique de feu piégée jusque dans ses angles morts pour un nouveau messidor maquillé d'induites connivences. 
 
Jean-Paul Gavard-Perret