gruyeresuisse

26/07/2020

Jacques Saugy et Gérard Genoud : ce qui arrive

Saugy 3.pngLe photographe Jacques Saugy et l'auteur Gérard Genoud proposent  - après "dis-voir" où l'oeuvre à quatre mains et sa gestation étaient l'objet de mots "croisés" - une manière d'évaluer dans leur dialectique le passage de la Covid sur la ville de Genève. A l’artère du vide et de la déchirure ils opposent un double déroulé.

Saugy 2.pngGérard Genoud se met dans la peau d'une petite fille au prise avec un évènement qui la dépasse :  elle mais aussi ses parents et les autres. Elle est comme arrachée à son cours "naturel". Et tente d'y répondre. Sans comprendre de quelle peste il s'agit, elle tente de tenir seule tandis que ses parents doivent assurer le quotidien. D'une certaine façon la vie s'arrête. Les mots de la fillette l'expliquent comment tandis que Jacques Saugy montre ce qui se passe par le noir et le blanc dont le beau papier souligne la grisaille d'un moment où pourtant le soleil était au rendez-vous.

Saugy.pngMais tous les printemps ne se ressemblent pas. Et les mots qui soulignent à chaque page les clichés entrent en interaction pour marier l'émotion de l'enfant et ce que deviennent la ville et ses passants. Le cursus n'est plus une invitation au rêve pour le regardeur/lecteur. Une telle communauté souligne la solitude. Si on excepte les premières pages : elle est partout. Reste à attendre que cela finisse. Que le danger s'éloigne et que l'école reprenne avec ses sauts et gambades.

Jean-Paul Gavard-Perret

Jacques Saugy, Gérard Genoud, "Hop hop hop", Les Sales Editions, Genève, 2020.

24/07/2020

Jocelyn Lee et les baigneuses

Jocelyn Lee.jpgAvec "Night Swimming at Quansoo", Jocelyn Lee  explore comment les corps sont enchevêtrés dans un monde éphémère en constante évolution. Les compositions photographiques évoquent un renouveau avec la nature et le monde extérieur. Mais celle qui travaille dans le Maine suggère un nouveau sentiment d’isolement et de malaise dans la société.

Plutôt que de s'en ouvrir directement elle passe par des instances idylliques. L'apaisement semble règner. Mais il ne faut pas s'y tromper. Les femmes errent. Aucun de leurs pieds sait. Et les corps nus peuvent se couvrir au froid non du cosmos mais de la terre sacrifiée. C'est un retour au début, à l'histoire d'eau dans l’acharnement des muscles au défi de la surfaces où le ciel soliloque.

Jean-Paul Gavard-Perret

Jocelyn Lee, "Night Swimming at Quansoo", Huxley-Parlour, londres, été 2020.

20:31 Publié dans Femmes, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

Francesco Mercadante : Venise n'est presque plus ici

Merca 1.jpgEn abîme sinon de lieux ou du moins d'avérées présences le paysage vénitien s'éloigne de tout poncif en une féerie d'un monde proche et lointain dont les sillages - sous lumière nocturne ou solaire en dérive - libèrent de la présence par la vibration de couleurs. Elles saisissent au plus profond des sens.

MercaBON.jpgPar son impressionnisme Francesco Mercadante ignore en effet les lignes pour ne retenir que les tonalités de teintes.  Et soudain nous somme pris dans un festival de bleu, de rose qui évoque moins le carnaval que la présence de Casanova.

Merca2.jpgLa photographie emporte vers le rêve en des déclinaisons. Elles font du paysage moins un éclaireur qu'un funambule. Tout semble à la fois en liberté et équilibre instable là où l'évènement de l'imaginaire remplace un certaine niaiserie du réel - si beau soit-il.

Jean-Paul Gavard-Perret

Francesco Mercadante, "Lumières sur Venise", http://www.francescomercadante.com