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16/03/2019

Paradis bleu de Reine Paradis

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Après Los Angeles, Reine Paradis présente  en Europe ses paysages urbains et désertiques décontextualisés de "Midnight". Dessinant une maquette pour chaque prise, elle l'utilise comme référence afin de fabriquer accessoires et costumes nécessaires aux clichés dont elle est l'actrice. Le bleu est une constante dans ce travail : il est autant celui de "la nuit américaine" cher aucinéma que celui du ciel ou de la mer.

 

 

 

Reine Paradis.jpgAu dessus, des arpents de vert ou de jaune donnent un caractère féerique à ses poses là où réel et imaginaire "conceptuels" créent une drôlerie poétique. Reine Paradis invente une notion  d’espace-temps élastique. Le contexte l’est tout autant. La plasticité est dégagée de toute volonté psychologisante afin de laisser le champ libre à la fantaisie et à la séduction.

Reine Paradis 2.jpgLa femme demeure une énigme. Le corps devient aussi glorieux que ludique. La sensualité demeure certes présente mais elle n'est qu'un outil pour accentuer la fantaisie de farce à la beauté étrange. Reine Paradis devient une poupée ludique. Elle se joue du regardeur voyeur comme d'elle-même.

Jean-Paul Gavard-Perret

Reine Paradis,"Midnight", Hôtel Jules et Jim,  Paris, du 14 mars au 14 mai 2019.

15/03/2019

Thomas Huber : l'espace en guise de bonnet d'âne

Huber.jpgLa force de l’œuvre de Thomas Huber n’est jamais éloignée de l’impressionnisme mais la dépasse en poussant plus loin les espaces que l'artiste investit. Il faut se laisser happer par une contemplation d’œuvres aux couleurs tranchées, tendues et détendues de manière imposante.

Le travail s’apparente à une sorte de «Visitation». Le fragment crée une belle autorité d’altération ironique ou voluptueuse et une puissance énigmatique en sortant des formes qui volent comme des «exceptions» et deviennent des lois sui generis. Elles suppriment les règles antérieures de la représentation. L'expérimentation ne tient pas seulement de la seule nouveauté technique mais d’une destruction / reconstruction. Elle demande un degré supplémentaire à celles ceux qui veulent mettre à jour la parcelle de réalité qui est la leur.

Huber 3.jpgThomas Huber crée en relief, en à-plat, en des «déformations»  ou profondeur, des espaces qui nourrissent l’imaginaire et désenclavent l’œuvre entière de tout risque d’impasse. Se découvre l’affirmation d’une exception à la règle commune. Tout s’efface au profit d’une symbolique d’un nouveau genre et d’une paradoxale «choséité» particulière et volatile.

Jean-Paul Gavard-Perret

Thomas Huber, "Nemi", Skopia, Genève, du 15 mars au 4 mai 2018.

14/03/2019

Pierre Gattoni : Avanti !

gattoni bon.jpgPierre Gattoni, "o p u s # 4 4 - 44 ans de peinture abstraite", Espace Nicolas Schilling et Galerie Faubourg de l'Hôpital, Neuchâtel, du 19 janvier au 10 mars 2019.

 

 

La peinture de Pierrre Gattoni navigue entre le radicalisme et le brutalisme sans pour autant cultiver la violence ou le provocation. L'artiste se "contente" d'extraire de l'art tout ce qui demeure en lui de supplétif.

 

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Refusant la donnée d'inspiration  romantique ou farcesque , niant tout effet de style symboliste ou fait de contrastes, Gattoni crée un art des plus incisifs. Il cherche une corporalité de la matière et des formes mises en tensions ou en découpages pour créer un jaillissement lumineux.

 

 

Gattoni 2.pngPeu à peu dans l'oeuvre le jeu se complique mais les fondamentaux demeurent. Rien n'a lieu que des mises en rapports autant inédits qu'improbables parfois de manière subtilement insensibles. La technique possède chez lui des contraintes d'efficacité en créant des recherches de couleurs qui donnent à la peinture jeunesse, vigueur, intempérance (mesurée)  et une sorte de faux nihilisme comme suprême ironie.

Jean-Paul Gavard-Perret

20:14 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)