gruyeresuisse

09/11/2019

Yann Gross et Arguiñe Escandón : explorations

Gross.jpgYann Gross et Arguiñe Escandón, "Aya", Galerie Wilde, Genève, du 17 novembre 2019 au 9 janvier 2020.

A la suite de la découverte d’une carte postale de l'Amazonie imprimée en 1900  où figure Charles Kroehle, "mystérieux aventurier et photographe alsacien disparu dans la jungle péruvienne à la fin du XIXéme siècle", Yann Gross et Arguine Escandon ont commencé leur collaboration.

 

Gross 2.jpgDe la Suisse à l’Amazonie (et retour), ils ont procédé à des cérémonies chamaniques, des séances de photographie, des recherches et expérimentations sur les capacités photosensibles des plantes médicinales de l'Amazonie. Les deux artistes proposent une réflexion sur la notion de progrès sans tomber dans la mythologie de l’altérité, la quête de l’exotisme ou la croyance «engagée» qu’il existerait dans cette zone une société primitive à sauver.

Gross 3.pngL'exposition présente des photographies, des œuvres sur papier développées et une installation immersive inspirée par les usages en Amérique du Sud de plantes psychotropes. Ce "jungle show" offre ainsi un voyage très particulier propre à rectifier des idées reçues par  un travail où l'imaginaire est sans faux-fuyants et dénué de tout romantisme factice.

Jean-Paul Gavard-Perret

08/11/2019

Sarah Carp : les images nécessaires

Carp.jpgSarah Carp, "Renaissance", Galerie Focale, Nyon, du 16 novembre au 22 décembre 2019. Sarah Carp et Delphine Schacher, "En Résonnance", Galerie du Théatre du Crochetan jusqu'au 7 février 2020.

 

Il existe dans le travail de Sarah Carp une émotion à fleur de peau. Toutefois l'artiste - pour lui donner plus de force - sait trouver des biais qui sous l'effet d'un certain éloignement la rendent plus intense et duale. La solitude, l'abandon transparaissent mais sont épaulés par des flux opposés de tendresse et de douceur. La beauté de la nature supplée à la puissance vitale.

 

En un jeu de motifs la création produit le plus sobrement possible l'attente d'un espoir qui parle d'accueil et de persévérance. L'artiste donne une perspective autant poétique que symbolique à ses prises. S'y cache toujours un trait d'union.

 

Existe le rapport de l'image et du récit, de l'expérience personnelle et générale dans une telle recherche artistique. L'oeuvre reste puissamment métaphorique. Tout ce qui a priori semble anodin devient signifiant dès que l'observation devient attentive ou se laisse emporter par ce que chaque image propose de partage dont la créatrice varie les approches.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

07/11/2019

Marion Baruch l'attentive

Baruch.jpgMarion Baruch, "Résonances", Galerie Laurence Bernard, Genève, du 16 novembre 2019 au 11 janvier 2020.

Pour sa seconde exposition personnelle à la galerie Laurence Bernard, Marion Baruch ouvre toujours son travail de poésie et d'interrogation dans une forme d'appréhension du vide par effets de subtils rehauts.

Baruch 2.png

C'est une manière d'aborder l'inconnu de l'ici même et de l'ici bas et leurs rivages que l'artiste aborde comme une exploratrice qui aperçoit une terra incognita. Elle cerne des horizons mystérieux, des "côtes" farouches mais parfois avenantes et hospitalières.

 

 

Baruch 3.pngL'artiste les atteint par penchant et par inspiration en une forme de sympathie avec tout ce qui reste. La découverte est au rendez-vous. Preuve que Marion Baruch reste une curieuse qui attend quelque chose sans raison raisonnable voire qui se jette dans le vide vers des ondes profondes et leurs échos accueillants.

Jean-Paul Gavard-Perret