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12/01/2015

Bertold Stallmach : exposition-méthode

 

stallmach 3.jpgBertold Stallmach, « CARAVAN 1/2015 », Aargauer Kunsthaus, Aarau, février-avril 2015

Bertold Stallmach est un jeune créateur multimédia et multimatière capable d’inventer des constructions et des territoires impressionnants en réformes et reformations permanentes. Le réel se manifeste et  force l’attention visuelle en se chargeant de fragments inconscients de mémoire.  Par un geste d’étalement d’objets en mouvement (ou non) dans l’espace et au moyen de sculptures hybrides se créent divers types d’histoires. Elles sont tout autant des actions dans le visible. Le corps du regardeur est impliqué, engagé dans un monde de fissures. On dirait même que le vide en possède.

stallmach.jpgDans une telle approche l’ombre n’est plus créé par les éléments eux-mêmes mais les interrogations qu’ils suscitent entre abandon et tension, vol, chute, reprise. De facture « mécaniste » le travail de Stallmach est à la recherche d'une prise globale sur le lieu qu’il investit. Un corpus de définitions/méthodes décrit les modalités de réalisation des œuvres et de leurs mises en place. Cette stratégie fait que d'une série à l'autre l'œuvre semble parfois méconnaissable tout en étant parfaitement identifiable. Programmation et pratique y restent insécables. Il existe à la fois une forme d’interchangeable généralisé mais aussi une spécificité inhérente à chaque lieu. L’artiste en allant comme d’autres jeunes créateurs vers des « exposition/méthodes » en modifie la règle.

Stalmach.jpgChez lui  et contrairement à d’autres - Rutault par exemple - elle est toujours différente.   Dans des combinaisons variées l’artiste zurichois explore les enjeux de la diffusion d'un travail dont chaque partie s'attache à définir sa logique d’exposition. Ce déploiement d'activités s'oppose autant à l'idée d'autonomie de l'œuvre qu'aux attitudes contemplatives de celui qu’on nomme  parfois un "collectionneur légume".

 

Jean-Paul Gavard-Perret

15:31 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

Catherine Rebois et les hybrides : du réel à l’imaginaire.

 

 

 

rebois 3.jpgCatherine Rebois, Galerie Espace L, Genève.

 

 

 

Non sans un certain radicalisme de structures l’œuvre de la photographe Catherine Rebois  traverse des approches plurielles où la mort jouxte la vie, le réel l’imaginaire. Néanmoins l’artiste est avant tout à la recherche d’une photographie pure qui devrait tout à son langage et non à son sujet. Le montage devient un élément majeur de l’expérimentation plastique. S’y produisent les échanges entre les pressions venant de l'extérieur et les pulsions profondes. Symboliques à leur manière les photographient  offrent le passage d'une réalité présente à une réalité autre qui la dépasse et qui joue autant de l'expansion  que  de l'effacement. Diurnes ou nocturnes ces images même lorsque des corps y sont couchés instaurent des schèmes d'ascension, de verticalité.

 


rebois 2.jpgLa photographie fait surgir une théâtralité particulière où les ombres ne cessent de se mouvoir, de disparaître, de revenir. Elle acquiert un pouvoir physique non de survivance mais de surréalité. Elle est aussi l’interrogation constante des relations entre le réel et l’image, le corps et celui des autres. De telles photos ne cherchent ni la fascination, ni l’émerveillement. Elles sont des puits d’émergence d’une cohérence oubliée entre diverses oppositions de plaisir et d’angoisse, de vie et de mort. Le monde et le rêve sont donc soumis à une emprise subtile en des processus autant d’empreintes que de retraits. Apparaît une remise en question fondamentale  des notions d’image, de réel et de lieu.  La photographie est l’empreinte d’un inconnu alors que trop souvent elle n’est que le porte-empreinte de la mémoire. Bref elle a soudain le pouvoir de devenir lieu de son propre lieu.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

11/01/2015

Thomas Hauri : biffures, sutures et actualité

 

Hauri.jpgThomas Hauri, Galerie Forma, Lausanne à parir du 15 janvier 2015.

 

L’œuvre de Thomas Hauri possède le mérite entier de retourner le texte contre l’image et l’image contre le texte. S’inscrit un jeu « d’écriture » dans le théâtre renversé de tous les systèmes de représentation et de lecture. Leur pouvoir est remis en cause par le plaisir et l’outrage accomplis et répétés par l’artiste. Le caviardage régente ironiquement une nouvelle évidence en des éléments d’architecture de l’image. Ils deviennent des prélèvements reconstitués sous forme de bondage et  les constituants fondamentaux qui font prendre conscience à la fois des limites de tout discours et de la richesse de l’image. Les caviardages du créateur créent la lumière par leurs  ombres portées selon des architectures moins austères et « vides » qu’il n’y paraît. Thomas Hauri prouve une fois de plus que l’image vaut des milliers de mots. Actualité aidant, ceux qui sont morts pour elle le rappellent aussi.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

10:03 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)