gruyeresuisse

22/09/2016

Reto Pulfer : la carte et le cosmos

 

Pulfer.jpgReto Pulfer, Amas Anis Stellaire, (Les Halles), Porrentruy, du 25 septembre au 14 novembre 2016

Le Bâlois (désormais Berlinois) Reto Pulfer est un autodidacte. Il imagine des mondes étranges et complexes. Ceux-ci deviennent à la fois des fictions (macro ou micro) qu’il nomme « mnémoniques » et des aide-mémoires où se mélangent installation, sculpture, peinture, performance, musique et architecture. L’artiste utilise souvent des matériaux recyclés (draps ou chutes de tissu, papiers et objets de récupération). Pour « Dehydrierte Landschaft » (paysage déshydraté) présenté il y a deux ans à Genève il avait créé un chemin initiatique au milieu de tentes renfermant un grand filet de chanvre intitulé «MMMS Reticulum Dehydrierte Landschaft».

Pulfer 2.jpgChacun de ses travaux correspond à un état d’esprit et un cadre conceptuel. À l’espace d’art « ( les halles ) » de Porrentruy, Pulfer présente des travaux créés à partir d’atlas célestes en une installation qui inclue divers médias (dont une partition sonore liée à des expériences scientifiques et à la musique expérimentale) ). Des pièces murales en textiles déchirés, cousus et peints, représentant des « mnémoniques », des plans et autres systèmes reproduisent des instructions pour retrouver des constellations. Ils deviennent une variation des édifices des anciens orateurs.

Pulfer 3.jpgL’artiste y inclut des informations. Dans une pièce un poisson renvoie à l’océan. A l’époque romaine pour récupérer une donnée mémorisée, il suffisait de parcourir son espace intérieur pour en faire saillir un grand nombre de données. Le travail sur les cartes occupe donc un rôle central dans les recherches de Reto Pulfer et ses travaux sur les techniques de mémorisation trouvent à Porrentruy un nouvel essor.

Jean-Paul Gavard-Perret

11:59 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

21/09/2016

En revenant de l'expo : Ben à Maillol

 

Ben.png« Tout est art ? Ben au musée Maillol », du 14septembre 2016 au 15 janvier 2017.

 

 

 

Ben 2.pngBen a trouvé au Musée Maillol un lieu idéal même s’il a été privé du lot d’assiettes qu’il voulait laisser à la disposition des visiteurs afin qu’il puisse pratiquer de mini-performances à leur main. Si bien que l’exposition ne  contient « peut être pas le Ben libre que j’aurais voulu être » dit l’artiste. Mais qu’importe son « ego » trouve de quoi se repaître et l’artiste peut tenir son débat sur l’art et le pouvoir, l’argent et la gloire. Qu’importe si « les gens ne m’écoutent pas, ils veulent le pitre ». Mais celui-ci continue à faire bouger les lignes et les médias lui font écho : d’Europe 1 à France-Culture (que l’artiste n’hésite pas à fustiger sur l’antenne qui l’invite).

Ben 3.pngLe Franco-suisse prouve que tout reste possible à qui le veut et qu’importe si « trop de Ben tue Ben ». Preuve que Fluxus garde la vie dure. Dans l’exposition, Sixtine ressemble à la fée magique de Cendrillon. Elle tient à la main une baguette magique noire et un carrosse noir peut arriver pour emmener Ben où il doit aller. Et ce avant qu’il ne devienne un empereur ou le moine Citrouille qui s’angoisse toujours. Ben est là sous toutes ses formes : érotomane, ethnique, etc.. Et qu’importe si « personne ne mérite la gloire même pas Jésus ». Elle fait plaisir à l’artiste. Pour autant il n’en fait pas une choucroute. Il en profite pour se faire au passage non seulement « théoricien de l’égo, hâbleur, poète raté, chanteur de blues et pute » mais critique d’art. Pas n’importe lequel : « extra lucide » dit-il. Et il ne se trompe pas et montre qu’il a envie de vérité et rappelle qu’il s’agit toujours de trouver du nouveau. Suivons donc son conseil « Passez voir l’expo ».

Jean-Paul Gavard-Perret

Du déjà au pas encore vu : Didier Rittener

 rITTENER.pngDidier Rittener », Libres de droits », Musée de Moutier, di 19 juin au 28 aout 2016.

Le plasticien lausannois Didier Rittener transforme le dessin en modalité de disparition et d'apparition des choses et du monde. A partir d’images exogènes (fragment publicitaire, tableau de la Renaissance, ses propres photographies, etc.) il s’empare de certains éléments dans le sens à la fois d’un art conceptuel et de la trouvaille surréaliste. rITTENERé.jpg« Libre de droit » chaque œuvre repose la question du point de vue en jouant du jeu de la disparition et de la réapparition dans des œuvres parfois monumentales parfois au format A4 où la substitution suit son cours. Une poétique de l’effacement rejoint le lieu de la mentalisation. Le travail procède de la déconstruction et de la pression en des circonvolutions implicites de paysages au sein d’une assomption d’un sensible particulier et plutôt rare dans l’art du temps. Entre ressac, ombre et - bien sûr - lumière.

Jean-Paul Gavard-Perret

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