gruyeresuisse

01/03/2015

Slip, Slip, Slip, Hourra ! (Géographie de l’Eros)

 

Slip 3.jpg"La Fête du Slip" -  HumuS, du 6 au 21 mars 2015, Lausanne

 


Une fois de plus Lausanne prouve sa liberté et rappelle qu’il existe en art des opérations souterraines capable d’instruire une autre poésie des corps.  Viviane et Stéphane Morey préparent la troisième session de la « Fête du slip » dont ils sont les fondateurs. Qu’on ne s’y trompe pas : l’évènement est plus libertaire que pornographique. Plusieurs associations sont invitées afin de donner un autre visage de ou plutôt des sexualités. L’évènement est un festival joyeux et pluridisciplinaire. Il se double d’une exposition. de l’historien de l’art Claude-Hubert Tatot. Son  Cabinet de Curiosa contient dessins, photographies, sculptures, œuvres d’art, images d’amateurs, objets de l’industrie pornographique, etc.. Les œuvres sont tirées de sa propre collection, de prêts d’artistes et d’œuvres appartenant à la fondation F.I.N.A.L.E. (Fondation Internationale d'Arts et Littératures Erotique) centre de documentation et de conservation des comportements érotiques et amoureux.

 

Slip 2.jpgArpenteur de cheminements convulsifs le conservateur montre ce que l’idéologie officielle cache. Face à elle le génie du lieu de la galerie HumuS accorde un prix supplémentaire à la conquête amoureuse et sexuelle. L'âme dite tendre voyage dans la chair afin d'assouvir ses pulsions.  Et la « Carte de Tendre » chère à Mlle. de  Scudéry trouve là de nouveaux territoires. Exit la casuistique et le « poliçage » des mœurs. Le tout selon un réseau de circuits parallèles  initiatiques voire éducatifs... « L'invitation au voyage " de Baudelaire y mêle l'attrait des mythes, le goût de l'histoire de Vénus-Aphrodite aux explorations de l’art « underground ». Cythère n’est plus - pour revenir à Baudelaire -  un  " Eldorado banal de tous les vieux garçons. / Regardez, après tout, c'est une pauvre terre ".  Les Fêtes galantes y prennent tours et détours ou des « mains oisives dans les toisons aux gros midis » (Jules Laforgue) vont bon train. Vénus y côtoie Sapho - et Don Juan Toto.  

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

27/02/2015

Cyril Porchet : explorations

 

 

 

Porchet.jpgCyril Porchet, Glass, Galerie Christopher Gerber, Lausanne, du 15.2 au 19.3 2015 .

 

 

 

Cyril Porchet propose à la Galerie Gerber un fascinant travail de recherche. Voir un rien en retrait devient possible et cela de la manière la plus « esthétique » qui soit. A cela une raison majeure : l’artiste ne néglige jamais le beau et c’est tout à son honneur.  Pellicules et lumières, couches et sous-couches, structures et couleurs, créent des horizons subtils et poétiques au moment où l’artiste abandonne l’appareil photo afin de revenir à la base même de la photographie. L’étude de la diffraction sous la forme de photogrammes n’est pas toutefois purement spéculative. L’artiste interroge la puissance des images en explorant l’impact du verre sur la lumière et vice versa. Les surfaces sont plus troublantes que troubles. Le regardeur revient à la source de l’image dans ce travail de dérivation et de suspension. L’errance est programmée. Demeurent des formes et frottis éloignés de ce que l’accoutumance nous a appris à regarder non sans une certaine myopie. Surgit un « miroir » d’incipits visuels ou leur  labyrinthe. L’image à la fois, chante, vole, apprend à découvrir. Parfois un  diable semble remuer sa queue ou ses doigts. La langue plastique ne se reconnaît pas mais elle virevolte comme un printemps.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

09:53 Publié dans Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

26/02/2015

Marie Boucheteil : l’art au poil - Aperti 2015

 

 

 

 

 

Boucheteil.jpgMarie Boucheteil, Aperti 2015 - ouverture des ateliers d'artistes à Lausanne, 21 et 22 mars 2015

 

 

 

Dans ses dessins Marie Boucheteil met en scène des personnages diaboliques et des plantes monstrueuses et vénéneuses soigneusement  grimés sous des aspects drôles et (plus ou moins) inoffensifs. Influencée par toute une iconographie underground mais sachant aussi caresser parfois une touche de romantisme l’artiste cultive tout duvet dans le sens du poil. En violation des règles esthéticiennes actuelles du « bon » goût qui impose l’épilation, l’artiste reste dans le monde de « freaks » qui ne se rasent pas mais ne barbent jamais.

 

Boucheteil 2.jpgEn des images de cours des  miracles, des personnages et végétaux hybrides se baladent ou errent. L’atmosphère semble sortie d’un autre monde. Pourtant au sein de cette ménagerie hirsute rôdent  nos semblables, nos frères et sœurs. Charnels et poilus tout autant que mystiques la faune humaine et la flore ébouriffée permettent des transfuges de la Belle à la Bête et vice-versa. Faisant toujours l’impasse dans son expressionnisme - en rien abstrait -  sur ses propres  joies, peines, repères, Marie Boucheteil opte pour  un réservoir ironique, onirique et/ou cauchemardesque. Le tout pour le plus grand plaisir du regardeur. Pas question pour autant de se rincer l’œil. La plasticienne montre comment détrôner les images-clichées selon différentes chimères  où la pilosité devient le squelette de l’être et sa chair.

 

Jean- Paul Gavard-Perret

 

14:27 Publié dans Femmes, Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)