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15/08/2015

Julie Safirstein l’enlumineuse

Safirsstein 2.pngJulie Safistein a exposé au Musée des Beaux Arts de Locle dans le cadre de « L’art se livre » (2015).

 

Julis Safirstein n’a pas d’autres ambitions que celle d’embellir le monde de taches de couleurs.  Fidèle à la « peinture-peinture » elle  lui permet de combler les fêlures de l’existence. L’espace se remplit par formes colorées à la frontière du réel et de l’imaginaire. Les fameux « champs magnétiques » chers à Breton  trouvent là une réalisation originale porteuse de paix plus que l’inquiétude. Elle assure la liberté au regard. C’est une stratégie imparable. Beaucoup d’artistes devraient la méditer - encore faudrait-il que contrairement à Julie Safirstein – ils ne fassent pas étalage de leur bagage. L’artiste ne les exhibent pas. Elle développe la simplicité de la langue plastique ce qui demeure le plus difficile. C’est un art sans illusion diront ceux qui ne savent pas regarder

Safirstein.pngLa  poésie occupe l’espace que l’artiste se choisit afin de créer de nouvelles pistes. C’est là le secret d’une oeuvre  qui avec son air d’aller nulle part  n’est jamais piégée par le détail des choses sans basculer pour autant  l’abstraction totale.  Ce travail est donc plus que nécessaire dans une société qui se laisse envahir d’un seul rêve consumérisme et stéréotypique. La mesure et la raison que cultive Julie Safirstein  ouvrent les territoires de l’imaginaire afin que la vie soit à réinvestir, à approfondir. L’avenir s’ose et qu’importe si personne ne sait vraiment ce qu’il sera. L’artiste lui accorde un supplément de couleurs et d’âme.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

14/08/2015

Gaël Duvert : Marylin n’est plus ici (de l’autre côté de la frontière)


 

Duvert 3.jpgGaël Duvert, Exposition, Galerie Mottet, Rue Croix d’Or, Chambéry,  du 17 septembre au 31 octobre 2015.


 

Avec Gaël Duvert les canettes de métal prennent une seconde vie bien moins éphémère que la première. Elles volent dans les plumes de l’art et glissent en eau trouble la mythologie du temps. La « Tête de mO, gloss et paillette »  de l’artiste transforme le visage de Marylin Monroe en une sorte de vanité (tête en partie de mort) mais construit aussi un autoportrait sublimé du créateur. Entre recup-art et pop-art l’artiste découpe puis déroule  les canettes afin de les laminer tout en conservant leur couleur distinctive avant de le strier et les coller selon une marqueterie très particulière.

 

 Duvert 2.png

 

Dénaturées, détournées les canettes deviennent des pièges à regard.   De leur chausse-trappe émane une poésie sans condescendance des mythes de la modernité. Marylin prend un goût de fraise sans fraise selon l’hallucination inventée par Duvert. Chaque portrait est comme une sorte de perle échouée  mais dans laquelle ne se distingue plus la matière dont elle est fabriquée. Duvert.pngLes corpuscules, les lamelles de matière sont métamorphosées afin de donner à la vanité (à la fois comme genre et comme symbole de celle accordée aux « stars ») une force de vie capable de signifier l’indicible. Il assure la prise sur les illusions des images fabriquées de toute pièce par les bandes qui les remplacent. Soudain la poésie visuelle offre une  variation en tierces et secondes plus « parlante » que l’harmonie première qui sert de base à de telles créations.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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12/08/2015

« D’un monde à l’autre » : le dessin comme authentification des vertiges

 

 

 

Dessin suisse 2.png« D’un monde à l’autre »,  Espace d’art contemporain (les halles) de Porrentruy, du 7 juin au 16 août 2015

 

 

 

Du fragment à une dimension quasi monumentale, les travaux de Neal Byren Josse, Mathilde Heu, Caroline von Gunten, Katrin Hotz, Meret Knobel, Sarah Mann et Lizza Trottet - tous étudiants actuels et ou anciens de l’Ecav (l’École cantonale d’art du Valais (ECAV) - donnent vie à l’espace. Cette exposition prolonge l’expérience réalisée en décembre 2014 à la « Galerie New Space Von Gunten » à Thun. Emane par la technique de base du dessin une expérience directe du processus créatif au moment où les artiste naviguent entre œuvre en cours et en pulsion et les contraintes de certaines normes à la fois techniques ou du support lui-même.

 

 

 

Dessin suisse.pngLe caractère « tactile » du dessin permet de comprendre ce qui fait résistance à l’élaboration d’une pensée en acte au sein de la confrontation entre l’expression de l’intériorité et sa réalisation. Les œuvres ne racontent pas : elles disent. D’après nature, d’après modèle ou selon un imaginaire qui bat la campagne. Parfois il faut l’accumulation des figures, parfois la solitude de quelques traits comme s’il s’agissait de retirer le paysage non par mais pour les biffures. Leurs ascensions semblent immobiles mais elles cassent le temps.  Les lignes grouillent sur la peau du support ou s’y diluent. Pour voir ce qui n'est pas, ce qui n'est pas encore mais qui n’est que vide pour la plupart. Or le vide n’est pas. Il s’agit de voir ce qu’on n'a jamais vu ou qu’on ne voit pas encore. Pas de quartier dans ces quartiers dont le noir est la lumière.  Ne pouvant résister elle se cambre.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

(Le dessin est de Lizza Trottet)

 

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