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16/06/2015

Samuel Rousseau : Vidéos pour temps de crise (près de la frontière)

 

 

 

 

Rousseau.jpgSamuel Rousseau, exposition, du 2 juillet au 27 septembre 2015, Fondation Salomon, Manège du Haras, Annecy.

 

Artiste des temps  de crise Rousseau propose au Manège du haras d’Annecy  un monde-machine qui met en abîme l’être lambda  tout autant que l’artiste. Les deux subissent leur époque mais l’œuvre en devient un symptôme non passif. Les images jusque dans leurs profusions contrastées et leur délire urbain proposent des scansions et une impression musicale par effet de façades, de graphisme virtuel et de montage.

 

 

 

Rousseau 2.jpgLes vidéos, les installations créées in situ pour l’exposition deviennent des « fermetures de proximité » : à savoir la  transcription littérale et poétique  de la réalité. A ce titre l’œuvre devient un acte politique comme l’œuvre de Beckett l’était :  un acte  plus métaphorique que conceptuel - même s’il ne faut pas opposer forcément ces deux aspects. D’autant que Samuel Rousseau met par la bande en jeu les idées de Rem Koolhass sur la ville-monde.  L’artiste montre comment les villes  se vident et se remplissent. Il permet de toucher-voir la manière dont  la vie  de l’être humain se trouve reléguée au profit d’une mécanique de sous-vivance dont les structures des vidéos donnent non seulement des reflets mais  le tempo.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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Les étoiles filées d’Yves Juillerat

 

 

 

Juillerat.jpgYves Juillerat, Exposition. Du 20 juin au 27 septembre, Musée Jurassien des Arts de Moutier.

 

Avec Yves Juillerat l’érotisme classique se rompt, vole en éclat. Sans pour autant tomber dans l'idéalisme. Le monde est là : les femmes s’y répandent parfois dans un contexte paysager urbain (« femme au mobile » 2013 par exemple). Il ne s'agit donc pas de substituer à la réalité de l' « idée » en vue d’un quelconque apaisement platonicien. Et si l'artiste assume  que l’idée transforme la réalité, celle-là n’est pas au service de l’idéalité mais d’une métamorphose des données physiques et des représentations.

 

juillerat 2.pngA Moutier le Zurichois poursuit un travail de sape contre l’imposture de productions qui clôturent le voyeur en une position d’attente et de rêverie. L’apparente « naïveté » de la représentation casse les vulgates du  pareil et du même en créant des« reprises » ironisées de maîtres tels que Balthus, Hopper, etc.. Effaçant par la présence sur le nu d’un soutien-gorge ou d’un maillot de bain, l’artiste cache  mais suggère tout autant ce qui est attendu et qui devient parfois traumatisant (le corps est « entravé »), parfois simplement drôle. Il s’agit  de franchir la frontière des fantasmes (ils enferment) en un espace poétique à la séduction particulière où la femme reste bétonnée en sa solitude. Celle-ci  tend à transformer en masque social l’identité. D’où l’importance de cette reprise en « mains » du « nu » féminin.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

08:54 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

15/06/2015

Fragments de cérémonies secrètes : John Wesley

 

 

 

 

Wesley 2.pngNé en 1928 l'artiste new-yorkais John Wesley peut être classé sous le registre du pop-art. Le sien arpente l'Eros  en conformité avec le mouvement : formes simples et couleurs primaires gardent toute leur importance. La femme s'y fait pieuvre : elle capte le poisson du mâle pour l'engloutir dans sa caverne selon une thématique qui n'est pas sans rappeler l’art nippon de l’estampe. Mais il est traité de manière plus radicale et minimaliste. Nul ne sait si dans de telles scènes il existe des vainqueurs ou des vaincus.

 

Wesley.pngRestent seulement les participants d'un rituel dont John Wesley souligne les ressacs de jouissance cérémoniale. Demeurent des fragments de mêlées reptiliennes et de plaisirs dont l'artiste efface toute psychologisation. Les personnages semblent affranchis de toute convenance là où l'artiste reprend des archétypes visuels "à sa main". L'empreinte d'un sacré n'est pas absent d'escapades qui semblent intemporelles mais dont les syntaxes ne possèdent rien d'évanescentes au moment où les corps s'unissent en pénétrantes asymptotes.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

John Wesley, Œuvres sur papier, Galerie Marc Jancou, Zurich.

 

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