gruyeresuisse

07/10/2015

Cadastres de Mitch Dobrowner

 

 

 

Dobrower 3.jpgMitch Dobrowner est un extraordinaire photographe du paysage. Ses clichés sont réalisés en lumières naturelles. On retient souvent ses photos « atmosphérique »s - effectuées avec Roger Hill chasseur de tempêtes - de divers tempêtes et phénomènes imprévisibles. Mais le créateur est encore plus fascinant lorsqu’il photographie des paysages urbains ou naturels surcodés. Los Angeles et les déserts de l’Ouest américain sortent des visions stéréotypées. Le noir et blanc n’y sont pas pour rien. Et c’est un euphémisme.

 

Dobrower 4.jpgPour Dobrowner la couleur  paraît trop réelle et  quotidienne. A l’inverse  le noir et blanc permet de réinterpréter la réalité et de donner au créateur le possibilité d'offrir sa vision à travers des lumières et des ombres qui ne sont jamais les mêmes. Celui-ci ne cesse de réfléchir sur les changements de tensions perceptives. Il montre le monde afin que nous le regardions mieux et avec un certain frisson.  L’image devient velours plus que crépi râpeux. Sa  douceur embarque avec une part de mystère là où le monde quelle qu’en soit la nature s’impose de tout son poids sur des plaines ou des escarpements enfiévrés et parfois inquiétants. Tout tourne autour de leur labyrinthe dans le rectangle des photographies. Un plaisir particulier prend naissance aux seuils des sables des déserts et du pâté des villes.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

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04/10/2015

Harmonies et disharmonies de Roger Eberhard

 

 

 

 Eberhard bon 2.jpgRoger Eberhard crée un univers grotesque ou fantasmagorique  où le paysage demeure une énigme là où pourtant le réel semble saisi de manière brute. La lumière coule sur le paysage dans un brouillement intense en des prises aussi précises qu’impeccable. Les édifices - quel qu’en soit la qualité ou le genre - sont rendus « glorieux » jusque dans leur vétusté. La prise du Zurichois est franche mais semble située en lisière de la représentation « effective » afin de créer divers types d'interrogations proches des recherches d’un Martin Parr.  Eberhard multiplie des trous dans l’écorce du réel  et invente un concept d’espace-temps élastique. 

 

Eberhard bon.jpgLa transcription visuelle des lieux donne une idée concrète de la façon dont l’artiste le relie à la densité du contexte en ses agencements plus ou moins hirsutes.  Le regardeur ne peut qu’être rivé à ce type de paysages parfois  inquiétants. Leur plasticité porte vers les profondeurs de l'être bien au delà de toute propension psychologisante.   Chaque prise devient une manière d'appréhender une partie du réel entre la destruction et la pérennité,  le transi et le magnifié par une poussée immense d’une photographie attirante et qui prouve que « la beauté peut sauver le monde » (Dostoïevski) même lorsqu’il s’agit de ce qu’il en reste dans sa misère ou sa ruine

 

 Jean-Paul Gavard-Perret

 

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03/10/2015

Belles de nuits : André Gelpke

 

Gelpke.jpgAndré Gelpke, “Sex Theater”, Cpress, Spector Books, 2015.

 

 

La série "Sex-Theater" le Zurichois André Gelpke fut créée dans les années 70 et montre différentes performances dans les cabarets douteux du quartier St Pauli de Hambourg :  the Alcazar, Regina, Salambo, etc.. Le photographe était fasciné moins par le spectacle des artistes que leur préparation. De tels performers osaient révéler les fantaisies sexuelles d’une société luthérienne inhibée. Tous ces artistes relégués au rayon le plus bas du spectacle performatif, selon le créateur, rêvaient d’un monde idéal. Beaucoup pensaient ouvrir une conjonction nouvelle à l’être ente la terre et le ciel.

 

 

 

Gelpke  2.jpgElle n’apparaît pas forcément dans les photos nimbées de tristesse de l’artiste. Si bien qu’il n’est pas toujours donné à une forme de liberté de naître. Celles et ceux qui se voulaient porteurs d'alliances et de souffles discordants restaient les réprouvés d'une époque que le temps égara. Ils jouèrent dans le sordide même si cela s'appelait Eden au sein de  nuits des marins en goguettes. Gelpke ne les montrent pas. Il se concentre sur les belles de nuit et leur fatigue dans le backstage sordide d'une scène qui restait pour le voyeur  le pays espéré. Il se perdait dans les signe d’une traversée remisée en une expérience du visible que la plupart des spectateurs étaient inaptes à saisir. Ils ne venaient pas là pour embrasser les arcanes diaphanes mais se « rincer l’œil » de la manière la plus basique qui soit.

 

 

 

J-P Gavard-Perret

 

09:57 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)