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13/09/2019

Jan Hofer et Severin Zaugg ; mises en scène de certaines volontés de puissance

Hofer 2.jpgJan Hofer et Severin Zaugg, "STUDY  - Livre Photo Suisse", et exposition A.B.C.D., Collectif RATS, Vevey, du 15 au 29 septembre 2019.

Jan Hofer et Severin Zaugg présentent trois projets récents. Chaque projet est un dérivé de processus pragmatiques mis en place par différentes institutions: une série de photo de référence de la Police de Zurich, un manuel de sondage alimentaire publié par le gouvernement Suisse, un slogan instructif d’une compagnie de construction.

Hofer.jpgLes artistes utilisent ces éléments, ils en retournent d'une certaine manière les "figures" à la fois pour leur valeur intrinsèque mais aussi pour ce qu'ils "disent" ou dénoncent sur le désir des hommes et sur la volonté de la société à  mesurer et ordonner le monde.

Hofer 3.jpgJan Hofer et Severin Zaugg dépassent les logiques visant à instaurer des ordres. Ils questionnent ces éléments, leurs origines, buts et finalités plus ou moins sinon tortueuses du moins ambiguës dans leur intentions. Il s'agit de discerner le vrai dans les vouloir vivre balisés qui restent autant une manière de dominer les existences.

Jean-Paul Gavard-Perret

12/09/2019

A sa botte - Sylvie Fleury

chanel-yeti-boots-pink-edition-sylvie-fleury-lithograph-jean-jrp-editions-600x600.jpgSylvie Fleury, "Chanel Yeti Boots", JRP Editions, Zurich, 13 septembre 2019.

 

Joignant l'utile à l'agréable, c'est sur toile Denim que Sylvie Fleury lithographie et décline ses "Chanel Yeti Boots", manière de glisser doucement vers la mode d'hiver même si le temps ne semble pas encore propice aux flocons.

 

SYeti 2.jpgylvie Feury prouve que la plus belle fille du monde peut donner ce qu’elle a simplement à travers de telles bottes. Quant à celui qui lui fait face (qu’il soit spectateur ou voyeur) il y mêle ses fantasmes, ses grilles de lecture, ses attentes. L'objet peut remplacer la chose. Et ce non sans ironie.

 

Yeti.gifCette interaction à la fois nie et renforce la force de l’imaginaire en prouvant qu’il ne possède pas une simple fonction d’irréel. L’image affirme sa présence mais comme «n’étant pas toute» dans ses déclinaisons de couleurs et jeux d'angles là où une certaine épiphanie reste neutralisée. Tout reste «en l’état», un état absurde dans l’interminable attente d'une femme possible mais non de sa certitude là où Sylvie Fleury ouvre de la beauté une version particulière.

Jean-Paul Gavard-Perret

Flora Mottini : odyssée de l'espace

Mottini.pngFlora Mottini, "Sortie astrale", Quark, Genève, du 12 septembre au 26 octobre 2019.

Par des sortes d'empreintes, du tachisme et différents types de reports et transferts Flora Mottini remplace le chaos en fêtes colorées. D’étranges mixions, structures et incidentes deviennent des sarabandes. Les formes y sont hallucinées et grouillantes. L'artiste en appelle au choc sensoriel mais pas seulement. L'oeuvre devient l’expédient ni des enfers ni des paradis mais d’un territoire où se desserre le carcan de la représentation au profit d’un langage enjoué et ludique - mais pas seulement. Existe une perspective particulière fruit d’une réflexion libératrice autant esthétique que philosophique.

Mottini 2.pngAtteindre le ciel ne passe pas par "du" paysage mais par la peinture elle-même. L’œuvre la développe dans l’idée que toute représentation du monde est une construction avec ses codes propres. Loin de tout effet miroir et contre l’illusion  réaliste l'artiste préfère un signifiant au signifié. Le premier est ici entretenu comme quelque chose de transcendant quoique "matériel" afin que la peinture fasse fonction de labyrinthe oculaire. C'est en ce sens qu'il faut considérer une telle traversée des apparences. Elles sont remplacées par torsions et assomptions dans la pentecôte des couleurs.

Jean-Paul Gavard-Perret