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11/06/2019

Photo Basel : du virtuel au réel

Basel 3.jpg"Photo Basel", Volkshaus Basel, du 11 au 16 juin 2019.

"Photo basel" reste le premier salon suisse consacré à la photographie. Cette cinquième édition est organisée par Daniel Blochwitz . Il réunit réunit 41 galeries émergentes du monde entier.Citons entre autres les galeries Baudoin Lebon (France), Fabian et Claude Walter (Suisse), Ira Stehmann (Allemagne), Bildhalle (Suisse), Carlos Carvalho (Portugal), Ravestijn. (Pays-Bas).

Basel 1.jpgElle accueille le prix Alpa du nom du fabricant suisse d’appareils photo ALPA® attribuée en 2018 à Yoko Ikeda (galerie Ibasho d'Anvers) et la deuxième édition du «Cabinet principal» présentant des tirages vintages. Sont visibles aussi des expositions spéciales : une sélection d’oeuvres du photographe italien Mario Giacomelli,  la "i. collection: Poses et passion" organisée par le galeriste Baudoin Lebon. "Photo basel" accueille aussi les prix photobook awards de la fondation "Aperture" qui récompensent l'importance du livre dans l’évolution du récit photographique.

Basel 2.jpgUn tel salon affirme l'importance de la photographie comme à la fois masque et révélation. Elle immortalise des sujets qui sans elle passerait aux oubliettes. Certaines prises font penser parfois à des natures mortes ou à un magasin de curiosité. Pour cela, la photographie intègre des artifices et des décors afin de renforcer le côté humain du monde dans sa beauté marmoréenne ou son inquiétante étrangeté.

Jean-Paul Gavard-Perret

Photos de Loretta Lux, Michel O'Brien, Olivier Richon.

10/06/2019

Harold Chlewicki : éclats de lune

Chewi 2.jpgPour son exposition estivale Eva Hober a décidé de célèbrer "la pulsion sensuelle, la chaleur suave, un baiser volé, un lever de soleil précoce.". Il y a là de multiples abandons lascifs, des voluptés au goût de fraise en sorbet, de l'eau de mer qui ruisselle encore sur des nuques.

Chewi 3.jpgTout un rituel sensuel suit son cours dans des cabines de bains, des plages ou des dance-floors. Les amant(e)s d'un jour ou d'une nuit se brûlent au feu du plaisir. La femme est désirée et désirante. Elle consent à la caresse, sa lenteur ou sa force. Chlewicki en dresse les flux, les échos, le partage. Ses prises des éprises glissent sur la peau. Les jambes se dénudent là où l’image montre l’ange et l’animal

Chewi.jpgExistent des empreintes de mains au bout des traces. Le corps supporte plus ou moins l'attente, des seuils se franchissent. Mais la question demeure : quel secret dedans ? Existe encore et en suspens le sens du moindre, de l'inachevé mais déjà des glissements, des vertiges. L’épaisseur de la chair est un bloc où vivre trouve parfois sa liberté dans un pubis gribouillé de gris.

Jean-Paul Gavard-Perret

Harold Chlewicki, "Caressez-moi fort", Galerie Eva Hober, Paris 8ème,  du juin au 26 juillet 2019.

09/06/2019

Jacques Boesch : horizons du bleu

Boesch bo,.jpg« 50 nuances de bleu - Jacques Boesch » avec Jacques Coulais et AMI, Maya Kaadan, Maro Michalakakos, Marin Raguz, Julien Serve, Éric Winarto, Analix Forever, 10 rue du Gothard, 1225 Chêne-Bourg, à partir du 7 juillet.

Le Genevois Jacques Bœsch connait parfaitement la couleur bleue : celle du Léman comme des Éditions du Scorpion bleu où il a publié tous ses livres. Responsable pendant des années des affaires culturelles des Hôpitaux Universitaires de Genève il a participé à l’organisation d’événements artistiques et culturels. Il a été en outre un parlementaire éclairé intervenant plus partculièrement dans les domaines de la création plastique.

Boesch.pngComme le prouve "50 nuances de bleu" il s’intéresse particulièrement à la photographie et aux arts. Il fut d'ailleurs directeur artistique du département Photographie et illustration de la Fondation Saint-Gervais Genève et a présidé l’Association suisse des institutions pour la photographie. D'où la qualité des oeuvres retenues pour cette exposition où le bleu qui ne représenterait presque rien devient une présence, un souffle, une tonalité, de l'énergie mise en mouvement 

Winarto.pngSe retrouve entre autre le travail d'Eric Winarto qui après avoir vécu en Indonésie et Turquie vit désormais à Genève et Montreux. Il travaille avec de la peinture fluorescente. Elle ne se dévoile que dans l'obscurité. Activé par la lumière noire ses peinture blanches créent une nuit marine de légende et de mystère optique. De Jacques Coulais , de son chemin si particulier de sa technique "obligée", Barbara Polla montre les dessins bleus, les dernières oeuvres qu’il a créées pour elle après une conversation de fin de vie autour du bleu. Et il a fait ces travaux sur papier, avec les roues de sa chaise roulante, malgré son épuisement. Comme des dessins japonais. "Une sorte de paradis de légèreté : les traces des roues semblent des plumes" écrit la galeriste. Et Jacques Boesch donne ainsi à voir les oeuvres qu'il aime et qu'il sait défendre. Il ne se contente jamais du tout venant mais opte pour des projets expérimentaux d'exigence.

 

Jean-Paul Gavard-Perret