gruyeresuisse

09/03/2019

Ten Broek : repons

Ten Broek.jpgTen Broek crée un univers mélancolique particulier où nudité des femmes et nature (feuilles) crée un mariage particulier. Pas de lignes de démarcation entre elles mais pas d'assimilation : juste une juxtaposition avec mystère: au regardeur de reconstituer à travers les émulsions, des harmonies au milieu d’une intimité plus suggérée que dévoilée dans une synthèses aux frontières douteuses entre rêve et réalité comme autant de promesses et de résistances implicites au gabarit du royaume de l’apparence dite vériste.

 

Ten Boroek 2.jpgLe corps de la femme et les feuillages créent d’autres filets de sens mais toujours selon la même perspective : une solitude esquissée et dont l'émotion reste cachée. Chaque prise devient une trame de regard qui remonte à l’élémentaire de la nature. La peau devient un herbier là où une naturalité des photos ne bloque pas le vivant. Bien au contraire. Mais il est hors mouvement au sein de lumières pâles.

 

 

 

 

Ten Broek 3.jpgL'évanescence et l'euphémisme provoquent un prolongement à la thématique du nu comme à celle de la nature pour évoquer une double beauté sans effet de redondance. Il s’agit de se replonger dans un bain de jouvence par les déplacements à peine perceptibles et dans une physique ou une «science» du mystère au sein d'une phénoménologie particulière.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

www.tenbroek-fotografie.nl

08/03/2019

Stéphane Kropf : l'art et l'oignon

Kropf bon.jpgStéphane Kropf, "All Over / A lover", Galerie Joy de Rouvre, Genève, du 15 mars au 27 avril 2019.

L'art est pour Stephane Kropf un système d'illusion et d'impression. Au caractère "cimenté" d'un aspect « classique » de représentation le Lausannois préfère d'autres trames  de contact et de lecture. S'impose l'idée de l'oignon (que Léonard de Vinci lui-même n'avait pas hésité à convoquer) afin d'illustrer l'investigation et la métamorphose que propose l'art sur la " trivialité " positive.

 

Kropf.jpgStéphane Kropf la transforme non sans poésie. Il fend le réel comme un oignon pour en distinguer le maximum des tuniques ou pelures qui forment ses cercles concentriques face à d'autres - moins visibles - que la société en sa grammaire a superposées. Le plasticien montre de la sorte que le monde - comme l'oignon - n'est pas une boîte. Ce qu'il contient est multiple en son paradoxe pelliculaire. Chacune de ses " écorces " devient un centre et une périphérie. L'art  n'est pas ce qui enveloppe mais ce qui décale en une narration moins absurde que drôle et surprenante.

Jean-Paul Gavard-Perret

Juul Krajer : devenir femmes ?

Krajer 4.jpgLa galerie "Les filles du Calvaire" de Paris réunissent photographies, dessins, sculptures, et vidéos de l’artiste hollandais Juul Kraijer remarqué en Suisse depuis longtemps. Tous les médiums présentent diverses contorsions humaines et animales afin de  pénétrer l'alchimie des corps et de l'art.

Krajer 3.jpgLe vivant devient une structure drôle quoique parfois effrayante et dynamique. L'oeuvre intègre l’intériorisation du regard à l’extériorisation des formes corporelles. Tout est en mutation et symbiose dans ce qui offre des visions comiques ou ténébreuses et surréalistes. Il s'agit de repenser le corps humain en relation avec les espèces animales dans un trip vital généralisé.

 

 

Krajer 2.jpgL'artiste explore tout autant des états de solitude en évitant tout voyeurisme. Les situations restent impertinentes. La métamorphose du corps intime et social passe des visions corrosives où se mêlent l’inquiétude et l’apaisement provisoire. Les doutes sont perceptibles entre l'absence et une certaine détresse. Tout passe par des plans décalés et divers types d’interstices. Les corps demeurent en équilibre ou en danger mais  toujours prêts à plonger dans la vie pour tenter d’en jouir, même si une force opposée les retient.

Jean-Paul Gavard-Perret

Juul Kraijer, "Exposition personnelle", La galerie Les filles du calvaire, Paris, du 13 mars au 6 avril 2019