gruyeresuisse

07/08/2019

Magdolna Rubin : placages et cavernes

Magdo.jpgArtiste suisse née en Hongrie, Magdolna Rubin a travaillé pendant une vingtaine d’années comme architecte dans divers bureaux d’architecture  avant de s’adonner exclusivement à ses créations artistiques. La recherche géométrique est au centre de sa création d'où sa proximité avec l'école de Zurich et son abstraction même si la plasticienne poursuit un travail solitaire et original.

Magdo 2.jpgEn particulier par son utilisation du carton ondulé, recyclé, écrasé ou non écrasé sur lequel l'ajout de pigments accentue les effets d'ombres et de de lumière.Toute la problématique tient dans un paradoxe à la fois de simplicité et de complexité : le regard est concentré dans ce jeu où il doit procéder à des repérages.

Magdo 3.jpgUne dimension extra-temporelle et extra spatiale apparaît à travers ces collages marqueurs de diverses zones de latence. L'art est à la fois minimalite et subtil. En ce sens Magdolna Rubin est à sa manière une néo-platonicienne. Ce qu’elle propose n’est pas de l’ordre de la représentation mais du générique. La disparition est donc insécable de la trace. A la figuration il faut alors préférer la figure. Quelque chose y perdure.

Jean-Paul Gavard-Perret

Ferrari Art Gallery, Vevey.

06/08/2019

Poétique "littorale" de la ville : Jean de Breyne

De Breyne.pngFondateur de la Galerie Librairie l’Ollave à Lyon, Jean de Breyne est poète et aussi photographe. Voyageur, un de ses lieux de prédilection est la Croatie. Et plus particulièrement Zagreb. Pour mettte en évidence la ville il échange les mots pour les images même si les 106 photographies sont accompagnées des "légendes" écrites par différents auteurs.

 

 

De Breyne 2.pngSe fomente une vision intérieure de l'espace citadin et de temps. Le photographe épouse les traces de la ville éventuellement par "le petit bout de la lorgnette" du matin au soir là où "la figure contient son genre" et où le parti-pris des choses n'empêche pas l'élévation voire une consonance romantique inattendue là où le plus commun "dénominateur" peut s'ouvrir à la célébration quasi mentale et où le corps pointe ça et là.

De Breyne 3.pngDe Breyne introduit juste ce qu'il faut de trouble apparemment sans rien déranger. Mais la photographie prend une dimension imprévisible. Il est vrai que le créateur connaît bien la ville : il l'a d’abord visitée avant d'y vivre. D'où ses visions qui demandent du temps et de l'attention. Les images brouillent toute structure du discours urbain par les enjambements et ruptures visuelles et selon une expérience du temps, de l'espace selon une théâtralisation d'un sens à peine formulable et pour aller, selon les mots de Claude Royet-Journoud, «jusqu'au bout du littéral».

Jean-Paul Gavard-Perret

Jean de Breyne, "Mon Zagreb", Edition de L'Ollave, Lyon, 148 p., 20 E., 2019.

04/08/2019

Julian Burkhard l'abraseur

Burkhard bon.jpgJulian Burkhard, Galerie Soon, Berne du 5 septembre au 5 octobre 2019

Julian Burkhard est né en 1991 à Berne. Après plusieurs expositions collectives (au Kunsthalle de Berne, à celui de Berlin ou encore au Kunsthaus Langenthal, au Centre PasquArt) et sa première exposition en solo au DieDiele de Zurich, il revient dans sa ville de naissance.

Il travaille principalement la peinture et l'encre sur papier en isolant certains éléments du quotidien non sans humour. C'est pour lui une manière d'approfondir et de questionner la perception. Burkhard.jpgAbraseur des quintessences il laisse l'objet vivre une vie provisoire Chaque image possède la capacité de devenir un lieu, une zone du vivant là où pourtant il disparaît jusqu’à devenir matière en métamorphose.

La visualité ne s’adresse pas seulement à la curiosité du visible, au plaisir de l’être mais à son désir, à sa passion de voir ce qui est la présence comme l'absence. Une figure épurée prend corps afin d'offrir à celui qui regarde une sorte d’immanence, un état de rêve éveillé.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

09:12 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)