gruyeresuisse

15/03/2019

Thomas Huber : l'espace en guise de bonnet d'âne

Huber.jpgLa force de l’œuvre de Thomas Huber n’est jamais éloignée de l’impressionnisme mais la dépasse en poussant plus loin les espaces que l'artiste investit. Il faut se laisser happer par une contemplation d’œuvres aux couleurs tranchées, tendues et détendues de manière imposante.

Le travail s’apparente à une sorte de «Visitation». Le fragment crée une belle autorité d’altération ironique ou voluptueuse et une puissance énigmatique en sortant des formes qui volent comme des «exceptions» et deviennent des lois sui generis. Elles suppriment les règles antérieures de la représentation. L'expérimentation ne tient pas seulement de la seule nouveauté technique mais d’une destruction / reconstruction. Elle demande un degré supplémentaire à celles ceux qui veulent mettre à jour la parcelle de réalité qui est la leur.

Huber 3.jpgThomas Huber crée en relief, en à-plat, en des «déformations»  ou profondeur, des espaces qui nourrissent l’imaginaire et désenclavent l’œuvre entière de tout risque d’impasse. Se découvre l’affirmation d’une exception à la règle commune. Tout s’efface au profit d’une symbolique d’un nouveau genre et d’une paradoxale «choséité» particulière et volatile.

Jean-Paul Gavard-Perret

Thomas Huber, "Nemi", Skopia, Genève, du 15 mars au 4 mai 2018.

14/03/2019

Pierre Gattoni : Avanti !

gattoni bon.jpgPierre Gattoni, "o p u s # 4 4 - 44 ans de peinture abstraite", Espace Nicolas Schilling et Galerie Faubourg de l'Hôpital, Neuchâtel, du 19 janvier au 10 mars 2019.

 

 

La peinture de Pierrre Gattoni navigue entre le radicalisme et le brutalisme sans pour autant cultiver la violence ou le provocation. L'artiste se "contente" d'extraire de l'art tout ce qui demeure en lui de supplétif.

 

Gattoni 3.png

Refusant la donnée d'inspiration  romantique ou farcesque , niant tout effet de style symboliste ou fait de contrastes, Gattoni crée un art des plus incisifs. Il cherche une corporalité de la matière et des formes mises en tensions ou en découpages pour créer un jaillissement lumineux.

 

 

Gattoni 2.pngPeu à peu dans l'oeuvre le jeu se complique mais les fondamentaux demeurent. Rien n'a lieu que des mises en rapports autant inédits qu'improbables parfois de manière subtilement insensibles. La technique possède chez lui des contraintes d'efficacité en créant des recherches de couleurs qui donnent à la peinture jeunesse, vigueur, intempérance (mesurée)  et une sorte de faux nihilisme comme suprême ironie.

Jean-Paul Gavard-Perret

20:14 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

13/03/2019

La religion de l'apparence : Giancarlo Botti

Botti.jpgGiancarlo Botti (1931 - 2008) a su photographier celles et ceux qu'on nomme désormais « people ». Il a saisi la vie privée (ou presque) des stars des années 60-70 : Romy Schneider, Bardot, Jeanne Moreau, Gainsbourg et bien d'autres. Maître des narrations photographiques léchées il remplaça le réel par un songe.

Chaque acteur et actrice deviennent des matières des rêves du regardeur. Chaque photo est un ex-votos capable d’édulcorer la crasse du réel.

 

 

Botti 2.jpgTrop vraie pour être prise comme argent comptant une féerie fait racine en des scénographies plus ou moins paradisiaques.

L'artiste cherchait moins une vérité qu'une manière de répondre, par l'apparence, à l'attente du voyeur qui se pollinise à de telles visions. Entre autres lorsque les Eve du star-système se dépouillent de leur "feuille". Elles deviennent des médaillons en fleurs ou des cierges d'un genre érotique qui nous sortaient pour un moment de la médiocrité du réel. Y prendre plaisir ne mangeait pas de pain. Ou si peu. Et apaisait des peines.

Jean-Paul Gavard-Perret