gruyeresuisse

24/06/2016

Les armes parlantes de la peinture : Adrian Falkner.


FALKNER BON 4.jpgLe peintre suisse expose « Thinking Hand » à la galerie Le Feuvre, Paris VIIIème jusqu’au 26 juin 2016.


Héritier des abstracteurs zurichois comme Bill ou Lhose, Adrian Falkner par son « géométrisme » en folie ne procède aucunement d’une ascèse philosophique ou mathématique. L’abstraction devient lyrique, instinctive et d’une certaine manière « latine ». L’artiste est plus proche des Italiens du groupe de Côme que des Zurichois. L’intervention implicite du geste reste visible dans une architecture qui ne se contente pas de simples variations.

FALK.jpgLa mise en couleur et la mise en forme se répondent : l’une anime l’autre et vice-versa. Loin des teintes neutres et reposantes le chromatisme reste violent et renforce la perturbation des formes et volumes. Adrian Falkner utilise sans cesse les effets optiques des couleurs, leurs influences mutuelles et leurs qualités spatiales. L’œuvre est donc envoûtante par ses gonflements et ouvertures en écho autant d’un certain érotisme que d’un humour implicite.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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22/06/2016

Les Insolents Plonk et Replonk


Plonk 3.jpg« Plonk & Replonk + Andrea Barciela » Au LAC de Vevey jusqu'au 31 juillet 2016, en collaboration avec Swissachtung.ch.


Les éditeurs de la Chaux de Fonds Plonk & Replonk, sont déclarés d’ « inutilité publique » depuis 1997. Ils se posent provisoirement au LAC avec leur nouveau Bestiaire non surveillé. Décalés et impertinents, ils viennent néanmoins déclarer allégeance aux neuf muses monumentales du jeune artiste Andrea Barciela. L’humour particulier et absurde de leurs fameux photomontages d’inspiration rétro, leurs anciens livres, leurs cartes postales ou encore leurs Nains Bétonnés fait merveille.


Plonk.jpgLes deux compères proposent des visions qui échappent à toute logique. De fait l’imaginaire repose ici sur le réel par modification de point de vue et de prise. Spécialiste des détournements et autres vacations a priori farcesque leur travail ne peut que réjouir. L'impossible devient possible. Les « niches » des iconoclastes ne manquent jamais de chiens. Ils jouent les artilleurs afin de suggérer combien les bienfaits tournent à la férocité. Des raies alitées produisent des crimes et pas seulement pour ceux qui en des alcôves suaves savourent leur Darjeeling dans des tasses athées.


Jean-Paul Gavard-Perret

A la recherche de l’identité : Rita Lino

 

Rita Lino 3.jpgRita Lino crée l'acquiescement insolite à son propre corps. A la fois il se dérobe ou jaillit (mais pas en totalité). L'artiste en apprivoise la profondeur par effet de surfaces. « Entartete » (« dégénérée" en allemand) propose la suite de tels « égarements » expérimentaux d’autoreprésentation au fil du temps. La sexualité est à la fois désinhibée et cachée. L’artiste entretient toujours un écart avec sa propre psyché. Elle y demeure seule et isolée sauf à de rares exceptions.

Rita Lino.jpgL’identité est révélée selon une forme de « cloaque » où elle n’apparaît que par lambeaux. Parfois elle affronte la caméra, parfois elle regarde ailleurs ou cache ses yeux et son visage. La nudité est rarement « nature ». Le corps ressemble à un masque pour ramener à l’idée que même nu et ce qu’il montre n’est qu’une apparence. L’artiste joue avec. Mais sans tricher. Et ose se montrer parfois comme une amoureuse dont la caméra sait plus sur elle, qu’elle-même se connaît.

Jean-Paul Gavard-Perret

Rita Leno, « Entartete », Editions du LIC, 2015.