gruyeresuisse

18/08/2016

Au-delà de l’horizon et au plus profond du réel : Samuli Blatter


Blatter2.pngSamuli Blatter, Aargauer Kunsthaus, 24 Aout – 20 octobre 2016.

Samuli Blatter transforme la présence du monde comme forme selon un abstractionnisme qui le rapproche plus d’un Malevitch que de la tradition abstraite zurichoise. Dégageant les apparences surgit le contact avec le temps et l’espace. Au copier/coller immédiatement charnel avec le monde se substitue une autre volupté : par fragments noirs jaillit une extase décalée.

Blatter.pngL’image survient comme la capacité à transformer le monde par  ellipses et laps qui échappe au regard. N’existe qu’un seul point de vue pour voir le monde, c’est le point de vue d’une modélisation particulière. Blatter 3.png

 

Samuli Blatter transforme le paysage en labyrinthe par les stigmates du noir, ses zébrures, des éclairs. L’artiste parvient à bondir en dehors du monde tout en creusant plus profondément sa surface.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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16/08/2016

Morgane Som Ville : subtiles simplicités

 

Morgane Som Ville.jpgLes dessins de Morgane Som Ville parlent et mangent. Mangent des corps par le sexe, par la main et le sourire. Ils racontent le monde de l’intime avec humour et fantaisie. L’intimité recherche un tel du sucre. Et le réel a besoin de l’attention que la créatrice lui porte. Les personnages qu’elle dessine sont des fruits du silence.

Somville 3.jpgMorgane Som Ville couche aussi sur le papier la sidération la plus simple : celle du silence. Les dessins symbolisent le besoin de grâce. Aux esprits cannibales elle offre le chant du besoin et lui accorde une forme de volubilité. L’artiste sait créer juste l’ébauche de l’éblouissement plutôt que de le convulser.

Somville 5.jpgLe regard le savoure, en apprécie les confidences et les discrètes transgressions de tabous. Cela tient d’une aurore et parfois d’une sorte bonheur simple et étonné. Le tout dans la clandestinité et par instinct. Le dessin joue un recommencement, écarquille les êtres, lance un bonjour. Avec une simplicité subtile. Celle de la folie des jours par la saisie décalée de l’aujourd’hui.

Jean-Paul Gavard-Perret

(second dessin avec Paul Poule)

Etreintes à distance : Sara Laè

 

Sara Laè.jpgSara Laè est une irrégulière de l’art : en ce sens elle est fidèle à son pays – la Belgique. Illustratrice mais bien plus, déménageuse impénitente, elle considère chaque être ou animal soit comme une étoile soit comme une planète de jour. Le monde surgit en abîme coloré et en apparitions énigmatiques. L’humour est toujours présent et joue de l’exaltation et de la jubilation même si un côté nocturne demeure sous-jacent en dévers d’un soleil d’érotique lenteur.

Sara Laè2.jpg

 

 

La création des formes offre l’apparition de la lumière. En ce sens la créatrice plonge dans la nuit de l’être pour l’envisager comme une sidération. Ce qui éclaire ce n’est pas la forme elle-même : c’est sa décomposition. Rien pourtant ne touche à l’obscène L’artiste affirme une sorte de mystique et d’innocence érotique de l’immanence.

 

 

 

 

 

 

 

Sara Laè 3.jpgDessins et peintures ne sont pas là afin de proposer du fantasme par leurs formes. Et devant de telles œuvres le regardeur n’est plus simplement une de ces « patates du divan » propre à gober les images de la télévision. L’œuvre de Sara Laè zappe le zappeur, l’oblige à se lever car son travail n’est pas "une leçon de choses mais plutôt un essai de choses" (BorisWolowiec). Mais aussi d’êtres. Avec l’illimité de leur approche, de la démesure cette approche.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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