gruyeresuisse

12/01/2021

Les hantises de l'air de Sylvain Granon

Granon.jpgSylvain Granon, "Résonances", galerie ligneTREIZE, Carouge, Genève, du 16 janvier au 12février 2021.
 
 
 
Sylvain Granon  évoque le mystère qui prélude aux germes de la présence du réel. La vision est remodelée à l’épreuve d’une rupture entre le sens idéal de la figuration et la présence d'espaces qui évoluent au gré de la lumière  dans la singularité divers moments.
 
Granon 2.jpgCette hantise de l'air  reste néanmoins la  nourriture terrestre et impalpable de la création. Durée et simultanéité ne font qu’un dans la genèse de l’espace. Restent des volutes sourdes et mouvantes gouvernées selon des modulations de vagues. Elles s’élèvent ou s’abaissent par poussées et strates en divers courants  si bien que chaque œuvre recèle en elle un étrange kaléidoscope.
 
Granon 3.jpgExiste dans chaque peinture une immobilité vibrante et agissante qu’exaspèrent des couleurs absorbées sourdement ou la violence de la matière.  L’artiste semble s’absenter mais il est terriblement présent pour laisser tout le champ à ce qu’il ouvre et projette à la lumière sombre répercutée d’étape en étape en un roulement silencieux.
 

Jean-Paul Gavard-Perret

11/01/2021

Solange Kowalewski : l'instantané et l'intemporel

Kowalevski.jpgLe travail photographique de Solange Kowalewski est constitué de séquences documentaires qui deviennent des sortes de fictions. En découle une poussée poétique gage d’un imprévisible tout en créant un resserrement du sens. Le tout selon une mécanique qui crée tout un jeu de bascule dans l’esprit et le regard.

Kowalewski 2.jpgSur une base commune, la plasticienne exprime de qu'elle ressent face aux "paysages" dans ce qui devient possiblement étrange. L'oeuvre met donc en abîme autant l'image que le réel selon des "notules" visuelles » qui pourraient ressembler à celles d’un journal intime mental tissé visant non à recopier du réel mais le réinventer en un ordre d’autonomisation, de suspension, de résistance. Plutôt que de se figer devant l'immuable le plus souvent Solange Kowalewski s'oppose à l'inexorable déni du temps.. 

Kowalewski  3.jpgEn mettant la notion de littéralité au premier plan, de manière certaine mais pas uniquement, la saisie brute du réel, le témoignage concret se transforment. La distance fait partie de ce travail qui se refuse autant à l'auto-représentation qu'à la présence de l'humain. Et si ce royaume reste sans reines ni rois, l'artiste est bien présente là où out est affaire à la fois de proximité et de distance. Et cette double postulation accentue le plaisir l’attention et la surprise. 

Jean-Paul Gavard-Perret

https://www.solangekowalewski.com/

09/01/2021

Caroline Smyrliadis et Sébastien Brideau : quelque chose de Hennesy

Brideau.jpgCaroline Smyrliadis et Sébastien Brideau, "Spectral", Lausanne.

 
Avec leurs mises en scène descriptives, décalées et poétiques, Caroline Smyrliadis et Sébastien Brideau font moutonner le monde de personnages mais aussi d'objets qu'ils ont pour but de promouvoir. S'agrandissent parfois des interstices entre des parois creusées d'alvéoles. De cette forêt des sens s'éveillent des objets. Mais tout se tient. Le visible vise un certain art de vivre selon différents axes.
 
Brideau 2.jpgAdeptes de gageures figurales les deux créateurs animent des carrelages d'images. Ils obligent à accepter de franchir une limite en créant le saut vers ce qui échappera toujours au cerclage de la  raison. En joignant l'abstrait et le concret ils ne se contentent pas de l’exploitation anecdotique des matériaux. Leur écriture plastique redouble l’histoire des apparences par des inventions formelles  saisissantes.
 
Brideau 3.jpgPar le montage des pièces, des hypothèses abondent en divers types d'émulsions  pour discerner des détails selon une géologie et une généalogie de traces et des signes par éclairages du trou noir des choses  pour des panoramas d'étoiles, des ombres projetées et des pics de volupté au moment où les objets retrouvent une âme et les êtres un coeur. Le tout en  diverses surfaces de réparation qui  s'abstraient parfois d'un unique  cadrage.
 

Jean-Paul Gavard-Perret