gruyeresuisse

27/06/2018

Claude Nori : Capri c'est pas fini

Nori Bon.jpg"Contrejour" réédite l'album de délice et de sensualité "Vacances en Italie » (épuisé depuis 30 ans mais enrichi d’inédits) de Claude Nori enrichi. L’artiste a photographié depuis 19882 Capri, Naples, Portofino, San Remo, Stromboli, Viareggio qui furent autant de décors de films que de vacances. Là comme ailleurs les Italiens ont su créer une dolce vita où les jeunes femmes font assauts de leurs charmes et les jeunes hommes montent à l’abordage.

Nori.jpgPlusieurs photographies rappellent des films de Dino Risi ("Le fanfaron"), d’Antonioni "(L’Avventura)", Zurlini ou encore des « Vacances romaines » plus américaines. Certes celles que Nori photographie ne sont pas toutes des Monica Vitti ou Claudia Cardinale. Et les hommes rarement des Vittorio Gassman ou des Marcello Mastroianni .La beauté est plus approximative et canaille.

Nori 2.jpgMais c’est ce qui fait le charme de couples provisoires pris devant des arrières plans jamais anodins. En noir et blanc ou en couleur, le photographe offre son propre cinéma néoréalisme ou en cinémascope. Il joue les observateurs amusés (mais pas que) à une époque où il était possible de photographier la rue à la volée et où les selfies n’étaient pas de mise au sein d’un auto-contentement organisé.

Jean-Paul Gavard-Perret

26/06/2018

Foutsing

Fouts.jpgNancy Fouts - Américaine d’origine britannique - reste dans le registre parfait des irréguliers belges de l’art type Jan Fabre. Elle ne cesse de proposer des photographies et des sculptures humoristiques voire désopilantes. Elle combine à la fois des situations et des matières disparates plus pour le plaisir d’amuser que d’offrir un contenu strictement politique ou anti-clérical.

 

 

 

Foots 3.jpgL’interprétation du monde passe par la fabulation comique de diverses imageries culturelles ou religieuses. Et au moment où la fake news devient vérité pourquoi ne pas croire aux plaisanteries de l’iconoclaste ?

Face à divers processus d’embrigadement et de manipulation de masse en milieu démocratique, Nancy Fouts sait combien une image vaut mille mots. Et elle ne s’en prive pas en ses processus de déprogrammation. Des images officielles il ne reste que leurs détournements. La médiasphère retient son souffle.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

24/06/2018

Les impromptus de Jean-Luc Manz

Manz.jpgJean-Luc Manz, « Cosmos », Palais de Rumine, Lausanne, du 2 mai 2018 au 6 janvier 2019.

Entre monumentalité et immersion Jean-Luc Manz, ancien élève de Gerhard Richter, perd le regardeur dans des « grilles » de lectures. Il le met au pied du « mur » dans un Cosmos qui prend un sens particulier. Fidèle à une dureté et une abstraction, l’«élastogénèse » chère à Richard Texier suit cependant son cours là où la volonté ornementale est détruite dans ce qui tient d’une forme de sévérité et d’humour.

Manz 3.jpgL’agencement des formes et de couleurs rappellent autant Ellworth Kelly que Barnett Newman, voire Matisse et l’art de la mosaïque islamique. Sous couvert d’unité de façade les peintures luttent contre une manière de voir sans se soucier de l’exquis. Il fait néanmoins retour de manière impromptue. L’œuvre par ses blocs et échafaudages reconstruit un cosmos selon une voie qui n’a rien de narrative ou symbolique.

Manz 2.jpgLe Lausannois ramène l’art à ses « vivants piliers » par ce retour à un essentialisme pictural et graphique et un alphabet plastique premier et crypté. S’y retrouvent des archétypes minimalistes mais colorés et où les cadres insérés dans le cadre créent des panneaux aussi percutants, incisifs que drôles et insolents. Une telle pratique tient d’un principe et de la variation au moment même où l’image elle-même est traitée en découpage et démembrement afin de circonscrire des “ visibles ” perdus ou enfouis.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

14:05 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)