gruyeresuisse

01/03/2021

Sylvain Granon noctambule du mystère

Granon.jpgDe la réserve de l'imaginaire surgissent des ombres, lieux d'accords ou de désaccords parfaits.  La poésie picturale respire dans l'ombre, traverse des limites dans des horizons mystérieux de gouffres du dehors et du dedans selon divers mouvements et étendues aux versants ardus.

 
Granon 2.jpgIl existe là une façon inimitable de faire sourdre de l'invisible du paysage au moment où se noue splendeur sombres et mélancolie quasi cosmique dans ce qui tient d'une éclosion de songes ou de sortilèges en un espace de haute lucidité où louvoie une prégnance bouleversante.
 
Il faut sans doute beaucoup d'effort à Sylvain Granon  pour atteindre cette force profonde. Elle prend, traverse, parcourt chaque oeuvre dans la ténacité d'un parcours initiatique au sein d'un chaos ordonné là où la nuit révèle une immensité intime.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
 

Sylvain Granon, "Résonances", Réouverture de l'exposition, galerie ligneTREIZE, Carouge, Genève, du 3 aui 31 mars.

Yannick Bonvin Rey :  extension du paysage

Bonvin bon.jpgYannick Bonvin Rey, "Bruissements", Galerie Marianne Brand, Genève, du 6 mars au 26 mars 2021
 
Bonvin 3.jpgYannick Bonvin Rey s’intéresse à la notion de lieu et de territoire. Mais selon un axe particulier :  le lieu réel est transformé en  un lieu rêvé. Il est ainsi décentré de son socle et il se découpe selon un autre espace. On pourrait penser d'abord que des oeuvres ne demeurent que des éléments ou pièces. Mais ces dernières ne sont rapportées mais situées dans une perspective plus générale en figures mégalithiques ou tables mouvantes.

Bonvin 2.jpgTout une mise en abîme met le paysage "à l’autre bout des yeux" et lui donne une   essence ineffable. L'artiste le tire des sépulcres du réel pour le retrouver et le réviser afin qu'il avance en toute pureté sans béquille ou carapace. La peinture mord les apparences pour ouvrir à un traitement où une forme d'abstraction crée une traction particulière.

Bnvin 5.jpgLa surface crée une écume particulière là où l'art n'a plus pour but  la distraction mais la confrontation. Il faut l’affronter dans le blanc de la toile où se trame une survivance qui vient  se porter en faux contre la dévastation. Bonvin-Rey propose en quelque sorte un contre-territoire. Et si pour le créateur toutes les ombres attirent dans leurs bras, l’art ne se contente pas de constater ses dégâts.  La couleur  - s'estompant quelque peu - laisse en présence d'une trame.  Il y a là une errance et une expérience : celles de rester non devant l’œuvre mais dedans.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

28/02/2021

D'ombres et de lumières : Blanca Blarer

Blarer.pngBlanca Blarer, "Quiet Noise",  Galerie Mark Muller, Zurich, Février-mars 2021.
 
Blanca Blarer est née en 1963 à Glarus et vit et travaille à Zurich. Formée à la Hochschule für Angewandte Kunst de Vienna elle a suivi une  master class en théorie du design et design expérimental auprès deMaria Lessing.
 
Blarer 2.jpgLa Suissesse poursuit une recherche plastique sur le rapport entre l'art et l'architecture à travers ses acrylic sur MDF et aluminium. Les oeuvres se rapprochent de l'abstraction, de l'art conceptuel en des innovations  là où la peinture, le dessin et la sculpture sont transformés par diverses techniques. L’art et l’architecture trouvent un hymen particulier complété ici par des textes, esquisses, photographies, projets, et publications où sont présentées ses innovations
 
Blarer3.jpgPour elles, Blanca Blarer utilise une variété d'instruments et matériaux comme ses installations de mur de grande dimension sur lesquels "travaille" un astre d'aluminium et d'autres métaux comme des couleurs acryliques. L'exposition présente une série de ces oeuvres dont les "Ammonite", ses compositions les plus complexes de panneaux d'aluminium. Ils créent des jeux de lumière et d'ombre qui accompagnent le regardeur pendant sa visite.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

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