gruyeresuisse

31/05/2019

Je ne vois que toit (XXXIII)

Cauda 3.jpgDies irae

Flatuler en classe me rendit populaire auprès des écoliers. Côté instituteurs ce fut une autre affaire même si rentrés chez eux ils devaient bien rigoler en racontant aux leurs ce qui faisaient moins rire les miens. Ils se firent pour moi du mauvais sang. Mais à l'époque le chômage n'était pas une plaie si bien que pour couler dans le fleuve de la vie il y avait ses ruisselets.

Avant d'être KO et pour rester OK je me retenais aux cordes. Deux secondes plus tard je fuyais par la fenêtre sans demander du secours. Jusqu'au jour où ce ne fut pas la bonne. Pas question de se faire mener à l'hôtel-dieu : à l'époque il n'était pas fait pour les morts. "Patient me disais-je pendant la chute, la guérison sera pour demain". Et c'est ainsi que par inadvertance j'ai quitté la terre. Je n'ai même pas eu le temps de la regarder dans le rétroviseur. Pas plus que de connaître l'éveil par le sexe sinon en onagre. Il y avait personne sous la fenêtre juste l'asphalte. Il m'accueillit sans que je comprenne ce qui c'était passé. Mon regard fixe et fou ne chercha rien de personne finissant matière  ou foirade en forme de noyau.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

 

Œuvre de Jacques Cauda.

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30/05/2019

Je ne vois que toit (XXXII)

 

Cauda bon.jpgMaigres dits des cendres

 

Que j'eusse dans mes coutumes et us l'occasion de respirer je ne sais combien de fois par minutes suffit à justifier de mon existence. L'idéal serait que la somme soit divisible par deux - histoire de donner à chaque poumon ce qui lui appartient. D'autant qu'avec le tabac que j'inhale depuis plus de cinquante ans le ténébron s'entarte. Mon trou qui parle est devenu caverneux et mon cerveau fumeux. Je ne veux pas expressément mourir mais simplement me venger d'avoit été et d'être tel que je suis. J'ai passé le plus clair de mon temps à fait les sans pas et bien de mes actions sont coupables. Elles résonnent en moi-même si bien que j'ai mal à mes animaux.

 

N'en doutons pas je suis une bête divisée en plusieurs ectoplasmes. Et pris dans mes fractures mentales il m'arrive d'oublier jusqu'à mon nom. Parfois en m'introspectant je ne trouve plus personne qui soit. Ce qui me fait de moi une hypothèse vague, un homme douteux voire de trop que la fumée égare. Si j'étais vraiment moi j'aurais mille et une raison de me défaire de mes méfaits. Mes défaillances sont notoires. Et le réel ne me correspond pas. Tout pour moi est atone à Thônes et j'ai du mal à m'émouvoir devant les Saintes du type François d'assises les jambes écartées. J'ai pourtant vécu d'abord enfant puis plus homme que femme mais je me suis quitté passant ma vie avant ou après qu'elle soit. C'est vous dire combien j'ai rarement été à ma place.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Peinture de Jacques Cauda

 

 

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29/05/2019

Je ne vois que toit (XXXI)

Twist.jpgPippermint

En vieux pirates et grand-mères courages nous secouons nos tripes et sommes "mods" antiques dans nos Buffalo grill. S'y mange les boeufs à l'eau et en pépères Goriot nous retrouvons notre jeune S en nous tordant le dos.

Les sols mineurs du resto deviennent les piedestaux de nos fadaises. Sous gaines et Perfecto s'agitent popotintins et valseurs. Les Leatitia sont plus Castafiore que Casta et les Haddock n'ont rien d'aigles fins.

Bref il y a un hic : tout devient nostalgique. Au gel Cadoricin fait place des cadors rincés. Néanmoins il faut que vieillesse se passe avant qu'elle ne trépasse Allez vieil Hippocrate soigne ta fièvre de cheval par celle du samedi soir. Chubby Cheker secoue ta viande avant l'hypertension fatale.

Des gorges de plus en plus profondes mettent un peu de testicule dans nos pensées fatales. Solidifié par le sourire d'une veuve en noir le carapaçon se redurcit, prêt à serrer certains joints. Qu'importe si ça fuit un peu. Osons encore un tour de vice et de piste avec nos fées licites. Ne soyons pas austères : car si Oliver twiste, nous pouvons faire de même.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

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