gruyeresuisse

03/06/2019

Je ne vois que toit (XXXVII)

pent.pngPentathomme

L'homme est opaque et obscur. C'est une fois vidé qu'il devient blanc et translucide. En cela il n'est pas sans rappeler le pentatome des baies avec ses fossettes et ses barillets ovés. Bref il est du genre punaise sinon des quartiers du moins des fossés. Je peux l'assurer faisant partie de l'espèce. Au commencement nous nous éloignons rarement de nos mères mais dès que l'on commence à marcher tout pousse à nous en éloigner.Pent 2.jpg Toutefois ne nous y trompons pas chacun s'arrête là où sa mère veut qu'il fasse halte. Elle fait bonne garde surtout lorsqu'il s'agit d'un de ses mâles. Et lorsqu'il est unique sa tendresse doit moins rassurer qu'inquiéter. Même s'il s'agit a priori de le protéger des orages. Cela mériterait un examen sévère. Mais l'insensé ne se croit pas capable de la prouesse clairvoyante de s'en séparer. Une telle singularité ne peut inspirer que de la méfiance envers le pentatome qui se nomme homme mais n'est que punaise. A force d'enculer des mouches on se contente de peu.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Dessin de Pierre Zabzucchi pour "Nouveaux portraits d'insectes" de Jean-Henri Fabre, Le Castor Astral, 2019.

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02/06/2019

Je ne vois que toit (XXXVI)

Lalique.jpgZone subversive

Poux devenu sans abri sur la tête d'un chauve. Tout ça pour prendre l'air à perte de murailles, branchages, gel. Et bronzer au grand jour dans sa petite culotte à dentelles mentales afin d"éviter les casses burneries qui rongent sous la chenue calotte une masse grise et blanche de matière cervicale.

chauve.jpgTête devenue pouls pour le poux sans besoin de notaire afin de s'annexer une terre désolée. Ne craignant ni le soleil, ni l' immense tempête sous le crâne, son dernier éclair silencieux et la parole qui ne se brise osant encore un hugolâtre "donne lui à boire dit mon père".

Reste sur la surface polie une petite goutte de brillantine cristalline en guise d'écho Lalique au triangle absolu de celle dont le poux fut l'époux. Son noeud gordien lui caressa jadis le ventre, les seins et le pubis.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Image 1 : verrerie Lalique.

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Je ne vois que toit (XXXV)

Cauda.jpgLe bûcher des vanités

Chérir l'inconscient ne suffit pas à renoncer à la conscience. L'obsession de sa borne empêche la révolte et dissout ce qui reste dans ce qui fut. En conséquence, le couvercle cher à Baudelaire ne cesse de peser sur la tête en un dispositif qui actionne sa fermeture.

Dès lors, perché à l'envers sur notre cheval boiteux nous ressassons les effluves d'un futur "hantérieur". Il sent le crottin aux fil de nos foirades. Nous nous croyons redevenir juvéniles bien que ne l'ayant jamais été. Ne fûmes tout compte fait que simples potes au feu trébuchant dans nos abîmes pour prouver la loi des crépuscules ou renouveler les longitudes qui prouvent l'existence de l'Obscur.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Œuvre de Jacques Cauda

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