gruyeresuisse

29/05/2019

Je ne vois que toit (XXXI)

Twist.jpgPippermint

En vieux pirates et grand-mères courages nous secouons nos tripes et sommes "mods" antiques dans nos Buffalo grill. S'y mange les boeufs à l'eau et en pépères Goriot nous retrouvons notre jeune S en nous tordant le dos.

Les sols mineurs du resto deviennent les piedestaux de nos fadaises. Sous gaines et Perfecto s'agitent popotintins et valseurs. Les Leatitia sont plus Castafiore que Casta et les Haddock n'ont rien d'aigles fins.

Bref il y a un hic : tout devient nostalgique. Au gel Cadoricin fait place des cadors rincés. Néanmoins il faut que vieillesse se passe avant qu'elle ne trépasse Allez vieil Hippocrate soigne ta fièvre de cheval par celle du samedi soir. Chubby Cheker secoue ta viande avant l'hypertension fatale.

Des gorges de plus en plus profondes mettent un peu de testicule dans nos pensées fatales. Solidifié par le sourire d'une veuve en noir le carapaçon se redurcit, prêt à serrer certains joints. Qu'importe si ça fuit un peu. Osons encore un tour de vice et de piste avec nos fées licites. Ne soyons pas austères : car si Oliver twiste, nous pouvons faire de même.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

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28/05/2019

Je ne vois que toit (XXX)

Metzer 2.jpgShe mer (Sheila Metzner)

 

 

Elle a peur. Elle est remplie d’angoisse. Elle se tient comme ou contre une statue. Elle désire. Plus tard elle dira pourquoi ai-je photographié la femme sinon pour affronter ce mystère : le regard rend-il visible ce qu’il veut toucher ?

 

 

 

 

Metzer 3.jpgLe sexuel est là mais en impossible miroir. C’est l’appât qui hante. Sans dire qui, quoi. Ni comment. Jamais d’agitation tumultueuse : l’attente, juste l’attention. Sheila apprête ses modèles pour des cérémonies où relever un bras ne signifie pas forcément l’abandon de la jouissance ou la terreur de la pâmoison.

Metzer.jpgL’amour est voué au « suspens ». Comme s’il était inaccessible. C’est le secret de la photographe. Exit le pathos. La sensualité frissonne d’impeccabilité. C’est un carpe diem de la « nostalgia », une danse statique. Avec plus de luxe que de volupté . La femme est en noir. Allongée elle ne peut goûter les prunes de Cythère. Elle reste néanmoins l’élue qui échappe au plus fruste. Sens dire qui, quoi. Ni comment. Elle se tient comme ou contre une statue. Elle sait que l’amour comme l'art fascine sa proie de manière pétrifiante.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret).

Photos de Sheila Metzner.

27/05/2019

Je ne vois que toit (XXIX)

Divoy.jpgNimbes et vie commune

Esto memor. Les nénuphars en haillons blancs somnolaient sur le lac et sous des piles de nuages. Puissance sans doute délicate de leurs amarres dissimulées et grosses de rêve. Le monde était en cercles sombres de parade. Ils pomponnaient le bordel suranné des miasmes pour l'interpréter. Portant leurs barques l'eau était épaisse mélasse. Une soupe où ces yeux de bouillon surnageaient en diadèmes et couronnes.

Les ondes adolescentes les remuaient à peine. Le besoin d'un shoot s'avérait nécessaire devant tant d'étoiles déchues qui flottaient et s'atomisaient en couvre-pots. Sensation d'étain et d'étamine de rien. Il fallut redevenir indigène pour savourer ce plaisir. Les mots repartaient, leur fiction s'en lavait les tiges de ce qu'elle raclait au fond de l'eau. Nous nous faisions Jésus ou vestige en tendant de marcher sur ces plantes aquatiques. Preuve de ne jamais faire confiance aux flash-back : ce sont des parasites qui squattent le temps de leur style brisoti-brisoto.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Collage de Michèle Divoy.

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