gruyeresuisse

05/06/2019

Je ne vois que toit (XXXIX)

Divoy.jpgLe monde et le calendrier

Que nos enfants deviennent ce que nous n'avons jamais été : les adversaires déclarés du progrès absurde et de toute évidence dépassée. Et ce sans attendre le nettoyage politique et moral de la société. Qu'ils se constituent en fractions occultes et agissantes, et entament dès à présent une lutte sans merci face à l'état de contre-nature que leurs grands-pères ont entretenu.

Grostein 1.jpgQu'ils mobilisent pour cette mission civilisatrice ceux qu'on nommait jadis la canaille des bas-fonds, les chômeurs et tous les exilés. Je laisserai aux exécutants le soin de nuancer, de varier au gré des circonstances les moyens qui répondent le mieux à cet impératif : rendre toujours plus intolérable ce qui tue notre planète. Il conviendra donc d’étudier et de dresser les plans d’une stratégie générale.

Leiter 1.jpgVoilà de quoi occuper louablement la jeunesse qui ne saurait être assez délinquante. A ceux qui lui dirait vous avez tout à perdre elle répondra que non puisque les donneurs de leçon ont déjà tout confisqué.

Méprisant les conférences de presse et les cocktails littéraires, favorisés par leur taille menue, ils ne manqueront pas de remettre en honneur le morceau de sucre, plus maniable et non moins efficace que la dynamite. Des farces dites idiotes pourront également être expérimentées. L’assainissement se développant, les organisations occultes trouveront maintes occasions de recruter quelques alliés au sein même de ceux qui ont fomenté le pire. Que ne soit donc pas négligé de tirer de ceux qui retombent en enfance le meilleur parti.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

 

Image : Michele Divoy, Grostein, Leiter.

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04/06/2019

Je ne vois que toit (XXXVIII)

Cauda.jpgGuère il héros

Matelassier de l'histoire tu manques désormais de ressort, même si tu as fait ce qu'il faut et pris le deuil de la Mer morte. Désormais tu connais ta fin et dois retenir ton souffle, devenir exsangue comme l'immensité et te situer au degré zéro de l'ardeur.

La seule faculté requise est l'inaptitude à toute rhétorique à embellir l'almanach racorni du passé. L'émiettement devient ta gloriole. Il fait retourner le monde aux premières heures de son immobilité. Tout souffre de tout sauf d'un défaut de mémoire.

Cauda 3.jpgSa blessure est écœurante lorsque la pensée ne songe plus qu'à son corps. L'usage d'une seule métaphore serait d'ailleurs ignoble. Le vent passe entre les lignes jadis habitables. Un seul moment cristallin constitue l'histoire du jour. La détresse de l'esprit est superflue tant il fait froid. La conscience dans son givre propose l'énigme déplorable du réel et boude toute étincelle.

 

Cauda 2.jpgEncore un effort, Bordel ! L'être et le néant ont la même pointure. Le songe suit le rythme de tes ombres. Sa flamme chaste ne brille que pour ton cœur impassible qui braille dans la glace. Elle voudrait divulguer les secrets les plus chauds du charbon. Mais les légendes ne lui tiennent plus d'ogives ou de concept de brasero.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Œuvres de Jacques Cauda

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03/06/2019

La folie Keiichi Tanaami

Tana 3.jpg

Keiichi Tanaami – Tears of Dreams, Nieves, Zurich 2019.

L’animation, la sérigraphie, les illustrations de bande dessinée, les collages, les films expérimentaux, les peintures ou encore les sculptures, tout est bon à Keiichi Tanaami. Il  œuvre depuis plus de 50 ans dans le Pop Art pour créer une oeuvre polymorphe afin de faire comprendre la chaos du monde dans une puissance visuelle jubilatoire.

 

Tana 2.jpgCes dernières années, l’artiste de 82 ans s’est attelé à retranscrire des passages de sa vie, créant uniquement à partir de ses propres souvenirs, mais le propos est toujours le même : une critique jouissive du monde à travers ses décors que l'artiste déconstruit avec une intelligence rare.

 

 

Tana.pngOn y apprend à faire la soupe de  Blanches-neiges avec des restes de nains entre humour et diversité noire là où le Pop-Art est mâtiné de surréalisme. Il y a là du Wager et du cabaret des félicités. Cela fuse de tous les côtés et par tous les trous. La vie se concentre en face sociale et politique où l'imaginaire est à son zénith.

Jean-Paul Gavard-Perret