gruyeresuisse

18/05/2019

Vicky Martin: jambalaya

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Inspirée par la Dorothy de l’histoire du "Magicien d’Oz" Vicky Martin offre un voyage dans des espaces interlopes où la femme - dont ne sont vues que les jambes - va à la découverte d'elle-même, en tentant de surmonter ses doutes, sa peur, sa solitude. Nous passons de la fonction des gestes à leur fiction.

 

 

 

 

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Ce voyage ( en absurdie ?) entre réalité et fantasme est aussi sérieux que ludique. Une figuration vintage souligne l'obsolescence possible d'une telle dérive. Les poses ne renvoient qu'à elles-mêmes au sein  d'une plénitude en partie désimagée par le hors champ qui devient quasiment une réalité concrète dans un leurre du leurre.

 

 

 

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Rien n'a lieu sinon  les lieux de passage et de feinte là où tout voudrait s'ouvrir à un accomplissement qui tarde à voir le jour. La théâtralité est constante à travers des images compactes. Elles dissimulent une réalité qui est peut-être une absence d'être, un vide - peut-être plus  métaphysique qu'affectif.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Je ne vois que toit (XVIII)

godard.jpgDanse de naguère

Jouer avec les gestes comme avec les cartes. Faire des femmes les reines de la crapette quelle que soit leur couleur et rejeter les rois et les valets qui donnent le pouvoir. Préférer à leurs truquages la schizophrénie. Dès lors plus besoin de cartes pour jouer aux doctes heures.

Le théâtre du monde disparaît de ses projections officielles mondaines ou populaires. Pas plus de gilets jaunes que de festival de Cannes. Juste installer les morts fictifs sur les plus beaux coussins. Penser à leur offrir des cigarettes de condamnés au principe de réalité. Ils sont amateurs de ci-gîtanes.

 

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

 

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17/05/2019

Je ne vois que toit (XVII)

Abbou bon 2.jpgEden - Graal

 

Inversions des fiels des mots et des épines du chant des images. Dans chaque présence il y a une absence, dans chaque absence une présence. Tout homme - bois flotté prêt à sombrer- devrait dire à sa compagne : "tu as connu bien des choses que je ne pouvais savoir : la morsure de la pelle qui a creusé le puits, les raclements du maçon mélangeant son mortier, les femmes qui venaient avec des seaux de fer blanc comme des éclairs sur leurs ailes ébouriffées et au faible son métallique."

 

Chercher dès lors - par la substance des mots comme par celle des images, leurs couleuvres, leurs graines fragiles - l'énergie pour dire et montrer ce qui tente casse l'inhibition systématique des pulsions de bases entravées par un surmoi castrateur. Inventer la cosmogonie qui écarte l'espace du "je" et postule l'étreinte de l'autre. Emois, spasmes, appels. Tout vocable, toute image devraient pouvoir les dire pour créer demain. Devrait. Mais comment déserter le sens et faire douter des signes ? C'est dans leurs interstices que se cachent le réel absolu.

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

 

(photo de Jonathan Abbou)

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