gruyeresuisse

02/05/2019

Je ne vois que toit (VI)

Bilan de compétence.

Nous saurons ainsi ce qui nous sépare et ce qui nous unit. L’obscénité et la pudeur. L’amazone et son huile. Les cris et les murmures, la langue et le clitoris. Flot, écume. Ravin, ravine lorsque deux jambes se décroisenDante 2.jpgt.

Gare aux phobies, haro aux tigres et aux tigresses. Muesli marin, prismes pagayant sur les crêtes comme un fer sous un cheval, un enfer sous Belacqua Velva. Qui sent la vie veut la prendre. Liquette au clou. Sable aux nœuds. Savates et serviettes. Passage à tabac sous ciel serein. Verge dans le maillot de bain en nylon. Trop mince pour être honnête. Cliquetis des boules. Cabines humides entre les dunes.

Avant que la viande soit cuite nous serons partis en gelée, fesses calées pour l'espérée trempette dans le désordre de nos pièces. Et dire que certains, certaines nommeraient ça loisirs...

Dante 3.pngEt ce, depuis un certain printemps. Il y a belle lurette. Au moment où s'écoutait Jeanne Sourza dans le rôle de la Hurlette dans ce qui ne s'appelait pas encore RTL. Forte en gueule elle dominait son compère comme une mère. Raymond Souplex s'y voulait l'égal de René Payot sur le Suisse Romande. Mais ni l'un ni l'autre avait tout leur bon sens.

Dante.jpgEtions têtards, étions enfants enfin presque. Devenions grenouilles mais sans savoir nager à l’étang du Grand Héron. Ce n’était qu’une mare grande comme une paume de main de nain.

Quand nous la revîmes la honte monta d'un cran. Dire que nous y trempions le cul comme dans une mer morte. Mais soyons fiers de nos bottes. Crampons nous sommes, continuons à nous sonner les cloches.

Ce n’est qu'en notre fange que nous nous envasons jusqu'au râble. Cela sent le bouillon d’algues et de poissons. Voilà pour le maelstrom d'émotions. Sirotons, sirotons comme sur vieux zinc de bar. Allah bordage. Embouche, broche et bave vieux zigomard.

 

Lhéo Tell (aka Jean-Paul Gavard Perret)

 

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01/05/2019

Je ne vois que toit (V)

Taylor.jpgJuke-Box et Scopitone

Avec les micro-sillons sur 45 tours la lumière sembla changer le monde, le monde changeait de lumière. Johnny Hallyday et ses "24 milles baisers" d'extraction italienne nous rendit plus légers. Ce n'était pas beaucoup mais pouvait nous suffire. J'oubliais le faubourg. Métamorphose illusoire mais métamorphose tout de même.

A nous le rêve sur les rives du Léman pour un Rock and Rolle grâce à Vince Taylor - c'était pas de Glück ni du glauqe contrairement à l'existence  du Rocker. Il ne dut sa survivance qu'à une vaudoise qu' il avait emmené jusqu'au 20 ème étage dans une reprise incroyable de Chuck Berry.

Il y eut dès lors  les Dolly Prane et Parton pour la fièvre du samedi soir sur la terre tandis qu'Evian au loin brillait de ses feux follets. Et lorsque le riz colla dans les montagnes helvètes une Vénus de mille hauts mettait le feu à nos membres. Les bras m'en tombèrent : je me voulais pianiste à la Jerry Lee Lewis et je devins  instrument triste.

Scopitone.jpgPorc peu épique du lac de Lausanne je me fis bouilleur de cruelles et d'alcool d'amantes amères. Et ce avant que le Scopitone nous achève : il y eut Les Pirates et les Chausettes Noires (sponsorisées par Stemm), Larry Greco de Genève, Danny Boy et ses pénitents. Il y eu aussi sur écran "Zizi la Twisteuse" d'un mystérieux Glenn  Jack. Ce n'était pas du Resnais mais du Lelouche tout de même. Il y faisait ses classes et nous apprîmes ainsi l'histoire des hommes et des femmes que le be bop hulula.

 

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

 

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30/04/2019

Je ne vois que toit (IV)

Bouc Bon.pngBouc à nier

Homme, dit la femme, je te sale la queue et le cul, je les attife de mes hardes. Ton démon je l’excrète par mes larmes. Homme - continue la femme - je te donne à voir l’obscénité de ton âme, je la greffe à ton abdomen couvert de poils afin que bouc tu reviennes à toi. Je caressais tes cornes dont je suçais le bout. A force elles ressemblaient au sexe statufié de Victor Noir au cimetière du Père Lachaise. La terre entre tes cuisses tu l’as cru miraculeuse. Tu montrais sans ambages ton membre vibratile pour le faire hameçon. Tu m’as incitée à le renifler et à y tordre ma laine. Ton suint dans mon pressoir a servi à la fabrication de tes huiles. Bouc.jpgJ’ai dû coucher huit jours avec toi pour fabriquer des hommes qui sortaient tout formés de mon ventre. J’ai copulé dents à dents, yeux dans les yeux. Tout ciel me fut étranger. Pour moitié je fus ta croupe osseuse et frugale, pour l'autre ton support de râle. Mais à ma décharge – et pourvu que tu sois bien axé - on pouvait apercevoir mon joli boudoir, mon lys et ma vallée. Tu y trempais l’index puis le sexe. Mais j’y ai précipité des cristaux de sel pour les brûler. C’est ainsi que les fillettes ne craignirent plus pour leur virginité.

Bouc 2.jpgJe me suis arrachée à tes baisers qui avaient emporté ma bouche. Désormais le bleu du ciel de Maurienne soulève la nuit. Je n’existe plus seulement sur la terre étoilée, les pattes repliées sous moi à la façon des bêtes au flanc qui allaitent. Je n’écoute plus les grâces de tes sornettes. Mon ventre est redevenu l’endroit le plus sûr de la terre et n’est plus chargé de tous tes péchés d’Israël. Tu ne me prendras plus. Par devant ou par derrière. Mes lamentos de tourterelle je les garde pour d'autres et leur brin de muguet.

Lheo Tell (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

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